Alstom : les trois points sur lesquels le gouvernement se veut "vigilant"

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L'opération d'acquisition est estimée à plus de 9 milliards d'euros. (Photo : Reuters)
L'opération d'acquisition est estimée à plus de 9 milliards d'euros. (Photo : Reuters) (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le Premier ministre et le ministre de l'Economie devraient rencontrer dimanche le PDG de General Electric. Il s'agit de discuter de l'éventuelle acquisition par le groupe américain des actifs du fleuron industriel français liés à l'énergie.

"L'emploi, la localisation des activités et l'indépendance énergétique" : ce sont les trois aspects sur lesquels l'entourage de François Hollande a assuré samedi que le gouvernement serait "vigilant", concernant l'acquisition par General Electric (GE) d'une partie des activités d'Alstom, fuitée mercredi dans la presse.

Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, "reçoit et recevra toutes les parties concernées", a indiqué la même source à l'AFP.

Rencontre au sommet

Le PDG de GE, Jeffrey Immelt, est attendu dimanche à Paris pour une discussion au sommet sur l'acquisition éventuelle de la division énergie de l'industriel français par le groupe américain. Il devrait rencontrer le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Economie, selon des sources concordantes citées par l'AFP, qui se sont toutefois refusées de préciser le lieu et l'heure de l'entrevue.

"GE est dans une position très amicale", assurait samedi à l'AFP une source proche du dossier. "Si GE souhaite faire cette opération, c'est parce qu'ils sont sensibles aux arguments d'Alstom et de son principal actionnaire Bouygues", qui détient 29,4% du capital, sur la complémentarités entre les deux groupes.

Bouygues ne cache pas son souhait de se désengager du capital d'Alstom pour des raisons stratégiques. Alstom souhaite se recentrer sur le ferroviaire, a précisé la même source.

Un Conseil d'administration d'Alstom dimanche ?

De son côté, le PDG d'Alstom, Patrick Kron, a simplement confirmé aux organisations syndicales que le groupe était en discussions "pour une opération industrielle".

Le groupe français devrait tenir dimanche un conseil d'administration. Le temps presse : le cours de son titre a été suspendu vendredi à la Bourse de Paris et la cotation ne pourra reprendre lundi que si le groupe publie un communiqué pour éclaircir la situation et éviter les spéculations boursières.

Projet industriel et non pas politique

L'opération, estimée à plus de 9 milliards d'euros, vise l'achat des actifs du groupe français liés à l'énergie (équipements pour centrales thermiques, lignes à haute tension, énergies renouvelables, soit les divisions "Power" et "Grid"), qui représentent plus de 70% de l'activité d'Alstom et un chiffre d'affaires de 14 milliards d'euros. La branche transport, qui fabrique les TGV, ne serait, elle, pas concernée par l'acquisition.

"On a une belle histoire à construire en terme d'offres à travers le monde. On veut écouter le gouvernement, sachant que l'on veut construire un projet industriel et non un projet politique", a-t-on souligné dans l'entourage de GE, rapporte l'AFP.

"Les discussions avancent à grands pas, la structure du 'deal' est définie et tout est presque prêt", déclarait vendredi une source industrielle à Reuters.

Le groupe américain est déjà présent en France

L'Etat n'est plus actionnaire d'Alstom depuis 2006. Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, s'est toutefois invité dans le dossier, justifiant son interventionnisme par la nécessité de prémunir la France du risque de perdre un centre de décision et d'éventuels emplois. Dès vendredi, il a reçu la dirigeante de GE en France, Clara Gaymard, pour s'assurer qu'a minima l'emploi serait préservé, selon des sources citées par l'AFP.

GE n'est toutefois pas complètement étranger en France. Le groupe est déjà présent dans une vingtaine de villes : GE France compte notamment 11.000 employés et un siège européen à Belfort. L'industriel américain dispose en outre depuis plus de 35 ans d'une filiale commune avec Snecma (Safran) qui fabrique le CFM56, le moteur d'avion le plus vendu de l'histoire.

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Commentaires
a écrit le 28/04/2014 à 14:08 :
Cette décision est un révélateur de l’incompétence crasse de bons nombres de dirigeants français qui sous couvert de leur prestigieux diplômes s’arrogent les plus grands postes alors que leurs bilans respectifs montrent qu’ils ne sont pas meilleurs que d’autres. Toujours est-il qu’on est en droit de se demander ce que les hauts stratèges d’Alstom ont fait depuis plus de 8 ans ainsi que la nature de la stratégie qu’ils ont entreprise pour faire rentrer Alstom dans le 21ème siècle. Pour ma part et en l’absence d’éléments factuels, je ne peux qu’exprimer un fort ressentiment en ce que cette décision révèle bien le mal de notre pays. D’un côté une politique fiscale qui asphyxie nos PME et TPE, de l’autre des grands groupes séculaires qui bénéficient de l’attention de l’Etat Français en toute occasion. Grands groupes qui pactisent avec le libéralisme à outrance, qui bénéficient de toute une batterie d’avantages fiscaux, qui détruisent des milliers d’emplois via des décisions bien souvent dictées par l’appât du gain et plus précisément des bonus qui seront attribués aux décideurs par le conseil d’administration. Ces décisions pèsent sur l’ensemble du tissu économique pris dans son ensemble. On peut notamment se demander ce qu’il adviendra des prestataires du groupe Alstom. Toutes ces petites sociétés qui vivent dans le sillage du groupe risquent de perdre gros dans les deux années à venir. Le bilan de Kron est catastrophique n’en déplaise à l’intéressé, c’est surement pour lui la meilleure façon de sortir la tête haute mais certainement pas pour les salariés. Mais eux on s’en fout comme toujours.
a écrit le 28/04/2014 à 8:15 :
Vous vous trompez le problème c'est notre état, régions , départements, qui engloutissent toutes nos ressource, 57% du PIB c'est le record mondial. C'est la que part touts nos investissements pour entretenir une caste totalement incompétente puisque en place uniquement par piston.C'est pour cela que c'est foutu pour ce Pays.
Réponse de le 28/04/2014 à 18:59 :
Lisez le livre de Zoé Shepard " Absolument débordée - ou comment faire 35 heures en 1 mois" , fonctionnaire territoriale recrutée sur concours elle décrit ce qu'il se passe dans le conseil régional d'Aquitaine ( majorité de gauche) . Elle a été sanctionnée à cause de son livre qui disait la vérité.
Jamais la France n'a compté autant de fonctionnaires surtout territoriaux: communes, départements, intercommunalités, régions. Recruté en général par piston ( famille d'élus, copain ou copine de fonctionnaires ou d'élus, membre du parti ou d'association discrète, épouses des pompiers afin d'assurer la paix sociale, etc...) sur contrat de 3 ans renouvelé 1 fois puis passage en CDI ! Des bac moins 5 à des postes de catégories A avec la rémunération qu'il faut. C'est le peuple qui paye jusqu'à qu'il en crève et que la France en crève.
a écrit le 27/04/2014 à 18:03 :
N'en déplaisent aux économistes et industriels du fond de leur canapé qui n'ont jamais rien créés les salariés de Rio Tinto en Maurienne remercient encore Montebourg d'avoir sauvé l'usine et la filière aluminium en France. Alstom est prive depuis 2006 et le ´sauvetage ´ de Sarko ( qui avait fait entrer son pote Bouygues au capital sui se casse aujourd'hui vu que Sarko n'est plus la), beau travail... C'est vrai qu'avant a l'industrie Estrosie c'était mieux, guignolesque !
a écrit le 27/04/2014 à 16:23 :
Tant que l'on favorisera l'investissement dans la pierre, notre industrie passera sous d'autres drapeaux.Il est urgent de changer les mentalités et de diminuer les impôts sur les plus values boursiers des particuliers.
a écrit le 27/04/2014 à 11:44 :
Que l'état se sépare d'une partie du capital en 2006 et que 8 ans après, l'état a une minorité de blocage de 0%.
S'ils étaient moins occupés à rédiger leurs propagandes électorales et fructifier leurs comptes en banque, les politiciens français auraient une vision industriel.
a écrit le 27/04/2014 à 11:28 :
J'ai davantage confiance dans les projets de GE que dans les projets d'un état PS ou d'un état UMP.
Très drôle la rencontre au sommet en Arnaud Montebourg et le président.
a écrit le 27/04/2014 à 9:18 :
On va se séparer au bien mauvais moment d'une activité en pleine croissance et GE l'a bien compris ou les demandes dans les pays émergents comme l'Afrique de centrales à gaz ou thermique et en infrastructure d'interconnexion des réseaux explosent. Que fait la BPI et le fond d'investissement créé par Sarko ? Comme toujours nos politiques ont un train de retard dans l'analyse
a écrit le 27/04/2014 à 9:10 :
Tout fout le camp...!
Réponse de le 27/04/2014 à 14:27 :
Esprit entrepreneurial français: "mieux vaut fermer en respectant les procédures internes, que d'innover et d'avancer".
a écrit le 27/04/2014 à 8:51 :
Rassurez-vous, Montebourg va s'en mêler.....Alstom est perdu !
Réponse de le 27/04/2014 à 9:19 :
Complètement d'accord! Gouvernement d'amateurs!
Réponse de le 29/04/2014 à 12:41 :
son vrai nom est "Arnaud Compte-à-Rebours" car il nous mène vers le néant
a écrit le 27/04/2014 à 6:50 :
Bouygues a mal compris les telecoms et la il sépare un groupe qui marche bien pour gagner un peu de cash.

laisser Alstom avec juste une activité de transport va les fragiliser au moindre retournement de marcher il disparaîtront
C est la stratégie Serge sturuck qui a coulé alacatel
Mr Francis Bouygues était un aigle son fils est un ...
Réponse de le 27/04/2014 à 9:00 :
...son fils est le gardien du nid de coucou...! ;o)
a écrit le 27/04/2014 à 4:47 :
Nos groupes se font racheter parce que l'épargne des Français va dans l'immobilier au lieu d'être investi dans des fonds actions qui permettraient de financer les entreprises.... Cela parce que nous restons un pays de paysans attachés à la terre et à la pierre, une nation toujours un peu en retard. Nous n'avons jamais été un peu de commerçants aventureux ou de banquiers à la différence des Anglo saxons ou des Allemands. En cela nous sommes clairement un pays latin du Sud de l'Europe.
Réponse de le 27/04/2014 à 14:02 :
aurait il fallu avoir des dirigeants patriotes et responsables, dignes de ce nom.
a écrit le 27/04/2014 à 0:22 :
GE (USA) ? comme remettre les clés de sa maison à un voleur ... les russes me seraient plus sympathiques..
a écrit le 26/04/2014 à 22:35 :
L'état devrait s'occuper de son domaine dans lequel il n'a que peu de résultats ni de leçons à donner et laisser les entreprises privées gérer leur affaire comme elles l'entendent
Public / Privé - 2 mondes et 2 destins
Est ce que l'état demande notre avis lorsqu'il taxe ?
Non alors circuler ou = URSS mais c'était bon il y a 50ans
Réponse de le 27/04/2014 à 9:08 :
Sauf que lorsque les usines ferment c'est bien l'état qu'on va chercher pour protéger les futurs chômeurs et organiser leur reclassement
Réponse de le 11/05/2014 à 10:12 :
c est vrai camarade ont demande a l etat beaucoup de chosse? mais IL n a pas le pouvoir sur les licenciment C EST TRES CONTRADICTOIRE ,,???
a écrit le 26/04/2014 à 22:34 :
Pourquoi GE veut la partie énergie d'Alstom?
C'est juste un holdup des américains sur les énergies mondiales, par la guerre ou l'argent de la planche à billets. Ils n'ont pas d'amis mais juste des intérêts.
Faut lire sur Google "cout méfaits et danger du dollar" pour comprendre ce qui se passe et comment ce rachat est grave pour la France.
Que va faire Alstom avec ce qui reste. A qui va t il vendre son TGV? Rien qu'au US, il va falloir indemniser au préalable les descendants de juifs victime de la ...SNCF. C'est mal parti.
Vendre en Asie? Les chinois, japonais, coréen occupent la place.
En Europe? Siemens occupe la sienne.
En France? l'état n'a plus d'argent.

En tout cas, là où ce Mr Patrick Kron passe, les entreprises trépassent. Pechiney, il y était je crois?
a écrit le 26/04/2014 à 21:57 :
Alst(h)om héritier de la CGE (... Elec...) banque d'affaire nationalisée en '81 puis ... dépecée, devenue Alcatel (avec le succès que l'on sait ...) De merveilleux gestionnaires nos Enarques ... Brel eût dit : "Au suivant !"
Réponse de le 27/04/2014 à 11:48 :
@Pipiou: Mr Kron n'a jamais fait l'ENA.
a écrit le 26/04/2014 à 21:28 :
Après: Arcelor ex Creusot Loire il y a 40 ans; Péchiney fondateur de l'industrie de l'alu. , Alcatelel fleuron éleconique: jmaintenant c'est Alstom! HALTE AUX DEPECEURS DE NOTRE INDUSTRIE! Combien touchent ces merdes qui bradent?
a écrit le 26/04/2014 à 19:54 :
Je me suis arrêté au moment où je lis "seront reçus par Arnaud Montebourg".
Ce n'était pas la peine de continuer.
Dans un même article, on oppose industrie/projet industriel et théâtre/guignol.
Arrivera ce qui doit arriver et bon courage pour les salariés.
a écrit le 26/04/2014 à 19:30 :
la stratégie de la bourse: arcelor, ....
que va t il rester en France ?
a écrit le 26/04/2014 à 19:01 :
"sachant que l'on veut construire un projet industriel et non un projet politique"

Quoiqu'ils en disent, priver la France d'un de ses champions industriel a un impact politique, donc l'Etat est légitime à s'en occuper.

Ce que manifestement les gens du PS ne feront pas. Trop occupés à brader notre souveraineté à l'Europe et à faire consommer à crédit leurs ribambelles d'électeurs.
a écrit le 26/04/2014 à 18:30 :
Bouygues veut sortir pour des raisons ...stratégiques !!! Mais ils y sont rentrés il y a deux ans pour les mêmes raisons !!! Après le fiasco SFR, on se demande qui mène la stratégie de ce groupe familial (qui devrait donc avoir une vision long terme de ses investissements ). Peut être faudrait il se focaliser sur le béton et le bitume, ça le groupe Bouygues sait faire !!!
a écrit le 26/04/2014 à 18:05 :
les éoliennes Alstom plus les batteries de harvard
= grosse affaire

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