Prévisions budgétaires : le gouvernement a-t-il fait les mêmes erreurs en 2014 ?

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La Cour des comptes estime que les recettes fiscales ont été surestimées en 2013 mais aussi en 2014
La Cour des comptes estime que les recettes fiscales ont été surestimées en 2013 mais aussi en 2014 (Crédits : Reuters)
Selon la Cour des comptes, le gouvernement a surestimé le montant des recettes fiscales en 2013. En 2014, il aurait répété cette erreur.

En 2013, le gouvernement avait tablé sur une augmentation de 30,2 milliards d'euros des recettes fiscales. Elles se sont finalement élevées à … 15,6 milliards d'euros, soit près de deux fois moins.

" Des moins-values importantes par rapport aux prévisions ont été constatées sur le produit des trois principales recettes fiscales de l'Etat : impôt sur les sociétés, impôt sur le revenu et TVA ", précise la Cour dans son rapport sur le budget de l'Etat en 2013 publié ce mercredi, avançant que cette surestimation des recettes expliquait en partie le niveau toujours élevé du déficit de l'Etat. Il s'est élevé à 74,87 milliards d'euros l'année dernière, en baisse de 12,28 milliards par rapport à 2012, mais supérieur de 12,56 milliards par rapport à ce qui avait été prévu par la loi de finances initiale (LFI). " Le gouvernement a fait montre d'imprudence, voire de cécité ", estime Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes.

 "Trop d'impôt tue l'impôt"  ?

Concrètement, les partisans de la théorie de l'économiste américain Arthur Laffer selon laquelle " trop d'impôt tue l'impôt " ont donc, semble-t-il, eu raison. Contrairement à ce que prévoyait le gouvernement, l'élasticité des recettes fiscales au PIB n'a pas été égale à 1, mais à -1,3 en 2013 selon la Cour. En clair, le gouvernement n'a pas su prévoir les comportements des ménages et des entreprises, engendrés par la baisse de l'activité mais aussi par le relèvement des impôts décidés en 2012 et 2013.

Bercy relativise

A Bercy, on minimise cette erreur. " Lors que la croissance est faible ou forte, les erreurs de prévisions sont monnaie courante. en revanche, sur le long terme et en moyenne, nos prévisions sont justes ", explique-t-on dans l'entourage de Michel Sapin, le ministre des Finances.    

Le gouvernement a-t-il été plus clairvoyant lors de l'élaboration de la loi de finances 2014 ? Sur ce point, Didier Migaud se montre catégorique. Comme il l'avait déjà précisé dans le rapport public annuel publié en février, les prévisions de recettes fiscales contenues dans la loi de finances 2014 lui semblent une nouvelle fois optimistes. il ne faudrait pas que les objectifs de croissance ne soient pas tenus. Le projet de budget repose sur une prévision de croissance de 1% cette année.

Les dépenses ont été maîtrisées

En revanche, du côté des dépenses, la feuille de route a été globalement respectée même si, précise Didier Migaud, "l'exercice est fragile ". En effet, une remontée des taux d'intérêts aurait pu provoquer une augmentation de la charge de la dette, qui a reculé de 1,4 milliard d'euros en 2013.

La technique du coup de rabot appliqué aux 460 dépenses ou « niches » fiscales, dont le coût pour les finances publiques s'est élevé à 72 milliards d'euros en 2013, est-elle efficace ? " Cette méthode a trouvé ses limites. D'une part, à cause de leur évolution spontanée, le gouvernement n'a pu économiser que 500 millions d'euros sur ces niches sur les 3,6 milliards qui étaient programmées. D'autre part, ce coup de rabot global a des effets pervers puisqu'il ruine l'efficacité de certaines missions de service public, tout en retardant le coup d'envoi de véritables réformes structurelles. Si le gouvernement veut réellement améliorer son action dans le domaine de l'enseignement, de la formation professionnelle et du logement, qui, entre autres, engloutissent des milliards chaque année pour une efficacité relative, il vaudrait mieux qu'il supprime les doublons existant dans les administrations ", avance Didier Migaud.

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Commentaires
a écrit le 29/05/2014 à 8:11 :
Ce gouvernement avec ce Président ont l'habitude de compter les œufs dans le cul de la poule, alors des erreurs... . Surement volontaires par incompétence et inconsciene et betise pour faire apparaitre des comtes presque JUSTES
a écrit le 28/05/2014 à 21:14 :
l'incompétence est à son paroxysme!
a écrit le 28/05/2014 à 18:19 :
J'espère que les français ne feront pas la même erreur qu'en 2012 !
Réponse de le 29/05/2014 à 8:24 :
mémoire de poisson rouge
a écrit le 28/05/2014 à 15:47 :
Sommes-nous entourés d'incapables qui occupent les postes les plus importants- Le gouvernement s'est trompé dans ses prévisions de rentrées de recettes fiscales.il manque 15,6 milliards d'euros ! Que d'erreurs qui ont des répercussions sur les contribuables . La question que l'on peut se poser est la suivante : les baisses d'impôts promises par Manuel Valls seront t'elle avec cette erreur de pronostic toujours à l'ordre du jour.
a écrit le 28/05/2014 à 14:51 :
En d'autres termes on sera toujours à plus de 4% de déficit en 2014 , et toujours sans réforme structurelle ...
a écrit le 28/05/2014 à 14:42 :
Toutes les mesures soi disant prisent par le gouvernement ne sont que gesticulations et poudre aux yeux, absolument rien ne change.
a écrit le 28/05/2014 à 14:21 :
Le niveau dans les écoles baissent, mais chez nos politiques c' est un véritable séisme d' incompétences !! !
a écrit le 28/05/2014 à 12:31 :
Bercy relativise une erreur d'une dizaine de milliards ... Il est vrai que l'on est plus à 10 milliards pret. Ils vont trouver où le manque à gagner ? Il ferait des économies pourquoi pas mais ça n'est pas le cas. On va vers une explosion de notre système d'ici 10 ans s'il ne trouve pas les financements.
Réponse de le 28/05/2014 à 12:36 :
Peut être 8 ans. Mais c'est clair que les choses vont changer.
Et pourtant, le changement, c'est maintenant dans notre république irréprochable et réenchantée ?
a écrit le 28/05/2014 à 11:56 :
C'est François. Elle a été trop vilaine. Les français ont dégrafé le pantalon et bam, la fessée déculottée.
Mais il aime ça François. D'ailleurs, les François, puisque Jean Francois aussi a été vilaine. Lui aussi a reçu sa déculottée hier.
a écrit le 28/05/2014 à 11:30 :
boff , tous les gouvernements depuis 2002 se sont trompés en matière de budget ( d'ou les déficits de 1000 milliards depuis cette époque ) une croissance prévue a 3% l'an qui est en realitée a 1,5 .. ce repeté tout les ans , un cout du pétrole estimé par bercy a 65 dollars en réalité a 80 .. tout cela sonne donc faux , que ce gouvernement repete les erreurs comptables de ces prédécesseurs n'est nullement surprenant ..
Réponse de le 28/05/2014 à 12:02 :
Pas entièrement d'accord avec vous, en l'occurrence il s'agit simplement d'intégrer le fait, observé l'année dernière, que quand on augmente les impôts les agents économiques adaptent leur comportements et que in fine l'impôt rapporte moins que prévu.
Réponse de le 30/05/2014 à 8:00 :
a FT , malheureusement les gouvernements sont tous trop optimistes et ils tablent sur des croissances virtuelles et l'ajustement ce sera pour plus tard et c'est toujours plus douloureux , le temps d'adaptation a la situation a été a son paroxysme en 2009 quand les élites disaient ' ce n'est pas une crise comme en 1929 ' , il faudra attendre 2012 pour que les langues se délient et qu'ils se la mordent profondément , tous ont sous-estimés la crise , ils ont d'abord fait de la com , le président actuel a des prévisions de croissance donc de budget erroné avant et après son élection et l'impact lui est cinglant car il persiste dans la virtualisation optimiste
a écrit le 28/05/2014 à 10:56 :
"en 2014, (le gouvernement) aurait reproduit la même erreur" !
Une fois, ca peut être une erreur ... 2 fois, c'est du mensonge !
a écrit le 28/05/2014 à 10:37 :
Je préconise que notre Cour des Comptes exporte son haut niveau de savoir faire...et qu'elle aille en lieu et place de la Troika et de ses sbires...inspecter et auditer les comptes de certains pays voisins, et pas de moindre, où le niveau de dette est alarmant et où les comptes sont étonnamment proches de l'équilibre...
Réponse de le 28/05/2014 à 11:15 :
mais pourquoi donc n'est-il pas premier ministre ?????????????
Réponse de le 28/05/2014 à 11:20 :
Et filer en Allemagne pour évaluer le stock de dette planqué sous le tapis.
Ce serait très intéressant, éducatif et ludique pour les autres pays.
a écrit le 28/05/2014 à 10:27 :
Les recettes fiscales en 2014 seront en baisse significative. Croissance faible et baisse du pouvoir d'achat. Les 50 milliards n'auront aucune efficacité et la dette va continuer d'augmenter. Des artistes ces politiciens.
a écrit le 28/05/2014 à 10:19 :
ce n'est pas chez moi que la base fiscale a diminué: en 2013; je me suis fait littéralement massacrer, pas tant pas les impôts que par les taxes. résultat: je consomme beaucoup moins donc je rapporte moins de TVA et de TIPP et j'ai moins envie de travailler.....gagné!
en 2014, je deviendrai un mauvais con-tribuable....
Réponse de le 29/05/2014 à 8:29 :
moi, je suis en éxile fiscal interne depuis 2011
a écrit le 28/05/2014 à 10:10 :
Il y a un principe simple et vérifié en matière de fiscalité : plus vous augmenter les taux (d'imposition) plus vous réduisez la base (fiscale taxable ). Dans le document du projet de loi de finances 2014, le terme employé pour expliquer ce manque a gagner de recettes fiscales sur 2013 était "élasticité fiscale négative"! Comme c'est joliment dit!

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