L'Insee ajoutera le trafic de drogue dans la richesse nationale, mais pas toute la prostitution

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Il y a aussi une prostitution de rue qui est plutôt le fait de réseaux de mafieux et relève plutôt de la traite de personnes en situation irrégulière etc. Pour le coup, le critère de consentement mutuel n'est probablement pas vérifié, considère l'Insee. (Photo: Reuters)
"Il y a aussi une prostitution de rue qui est plutôt le fait de réseaux de mafieux et relève plutôt de la traite de personnes en situation irrégulière etc. Pour le coup, le critère de consentement mutuel n'est probablement pas vérifié", considère l'Insee. (Photo: Reuters) (Crédits : reuters.com)
Eurostat demande aux États membres de l'Union européenne d'intégrer certaines activités illégales dans les statistiques nationales. L'Insee a annoncé qu'elle prendra désormais en compte le trafic de drogue dans le calcul du revenu national brut, différent du PIB. Seule la prostitution "discrète" continuera en revanche d'être comptabilisée.

L'Insee ne suivra qu'en partie les règles européennes. L'Institut européen de la statistique, Eurostat, avait demandé l'an dernier aux États membres de l'UE d'intégrer les activités illégales créatrices de richesses (trafic de drogue et prostitution) dans les statistiques nationales, estimant qu'il s'agissait de transactions commerciales menées d'un commun accord. Mais en France, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a décidé de prendre en compte le trafic de drogue seulement pour déterminer le revenu national brut (RNB, qui sert à établir la contribution de la France au budget de l'Union européenne) et de ne pas revoir son mode de calcul au sujet de la prostitution.

La drogue dans le RNB, mais pas dans le PIB

Le directeur des études et synthèses économiques à l'Insee, Éric Dubois, a déclaré mardi:

"Nous intègrerons (le trafic de drogue) pour les besoins de la politique européenne, notamment pour l'établissement du Revenu national brut en septembre prochain."

En revanche, l'Insee ne comptabilisera pas la drogue dans le produit intérieur brut (PIB), mesure comptable qui fait référence dans le débat public.

"Dans le trafic de drogue, ce qu'on a longtemps défendu est l'argument selon lequel il y a une dépendance et donc la personne qui se drogue ne consent pas librement à l'échange", a rappelé Éric Dubois.

Une distinction entre prostitution "discrète" et "de rue"

Quant à la prostitution une partie est déjà prise en compte dans le PIB. Éric Dubois a souligné:

"Tout ce qui est de la prostitution discrète, c'est-à-dire de la prostitution qui se cache derrière d'autres activités, on considère qu'on le prend déjà en compte" de même que la fraude fiscale et le travail au noir, qui représentent "autour de 4 points de PIB".

Il a toutefois précisé:

"Il y a aussi une prostitution de rue qui est plutôt le fait de réseaux de mafieux et relève plutôt de la traite de personnes en situation irrégulière etc. Pour le coup, le critère de consentement mutuel n'est probablement pas vérifié", ce qui conduit l'Insee à ne pas l'intégrer dans ses mesures.

La ministre française des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, et la ministre belge de l'Intérieur Joëlle Milquet, avaient d'ailleurs déjà insisté sur ce point dans un courrier adressé à la Commission européenne:

"La prostitution n'est pas une activité commerciale librement consentie. Croire qu'elle puisse l'être est un parti pris idéologique, c'est un mirage et une offense aux millions de victimes de l'exploitation sexuelle à travers le monde", estimaient-elles.

D'autres États se sont déjà conformés

Les États ont jusqu'en septembre pour se conformer à la demande d'Eurostat.

L'Italie a déjà annoncé le 22 mai qu'elle intégrerait dans le PIB l'argent de la drogue, de la prostitution ainsi que de la contrebande de tabac et d'alcool. En 2012, la Banque d'Italie avait évalué la valeur de ce qu'elle appelait "l'économie criminelle" à 10,9% du PIB.

Le Royaume-Uni a lui estimé que les revenus générés par le trafic de drogue et la prostitution pourraient augmenter le PIB nominal de 12,3 milliards d'euros, un peu moins de 1%.

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Commentaires
a écrit le 12/07/2014 à 10:31 :
Le calcul de la production de richesses dans les secteurs illégaux est une curieuse façon de mesurer la prospérité d'un pays. A mon sens la prise en compte de ces données qui représentent une réalité dont pour le moins que l'on puisse dire les données sont difficiles à cerner donne une curieuse visoin de la gestion de la Commission Européenne. Pour être représentative de la réalité de la création de richesse ces éléments devaient comme les autres domaines qui procède d'activité réprimées par la loi n'être comptabilisée que sous déduction des coûts induit et notammment tous les coûts compensatoire ou préventif liés à ces dommages comme la police la justice, et les indemnité d'assurance ou la couverture maladie des traumatismes subits.
a écrit le 19/06/2014 à 0:12 :
Difficile de porter des chiffres fiables sur des activités non déclarées puisqu'illégales, précisément.
a écrit le 18/06/2014 à 21:24 :
Les mafieux sont des gens qui ne respectent pas les lois... Les libéraux sont de gens qui veulent supprimer les lois...
a écrit le 18/06/2014 à 20:13 :
Vive la légalisation... au moins cela crééra des emplois et des recettes pour l'état..! meme de "petits" pays en amérique centrale ont légalisé///
Réponse de le 18/06/2014 à 21:20 :
Accessoirement, cela assèchera également l'économie criminelle des banlieues...
a écrit le 18/06/2014 à 17:13 :
La lutte contre la criminalité ne va surement soritir renforcée de ces decisions criminelles.En luttant contre le traffic d'héroine , on fera baisser la richesse nationale donc ... autant ne pas le faire !
a écrit le 18/06/2014 à 15:11 :
Bonne réponse de l'insee. Bonne réponse de ses deux ministres. Ce qui est un peu génant, c'est que l'insee semble être la seule à avoir cette position ; alors que c'est celle du son gouvernement suite à un projet de loi particulièrement mis en évidence. Espérons que c'est fortuit.
a écrit le 18/06/2014 à 14:17 :
Quand je pense qu'on se moquait de l'Italie quand il l'ont annoncé, et que nous, on nous explique que la prostitution étai déjà comptées dans le PIB ^^
a écrit le 18/06/2014 à 13:52 :
Si on commence à inclure dans le PIB des calculs aussi pernicieux, c'est pas bon signe. Le mensonge économique passant par les chiffres, on ne fera que renforcer ce postulat.
a écrit le 18/06/2014 à 13:34 :
Belkacem encore cette idéologue à deux balles, ce qu'il faut interdire Madame, et lutter contre, c'est les proxénètes, les trafiqueurs de tous genres et les escrocs. Quand à ce qu'on appelle la prostitution discrète, eh bien sachez que ça dépanne probablement pas mal de gens d'un côté comme de l'autre...et que avec votre loi de doctrinaire vous allez avantager les mafieux et les salopards en France et dans les autres pays. Par ailleurs, il est clair que tous ce business ne sera pas déclaré, donc ce sont des pertes pour l'Etat et l'URSSAF...Je suis outré de tant d'imbécilité.
a écrit le 18/06/2014 à 13:12 :
dans un sens c'est bien, ça obligera au gouvernement de lutter encore plus contre le traffic de drogue.
Réponse de le 18/06/2014 à 13:30 :
Il se pourrait que ce soit le contraire... Il faut "sauver" le "pib"...
a écrit le 18/06/2014 à 12:24 :
C'est une honte ! Cette Europe me dégoûte profondément, ainsi que les gens qui cautionnent cela. Nous sommes dans une dictature du fric à tout prix, sans regarder son origine. Nous assistons à une destruction de la société, avec l'aval de nos pouvoirs publics. Je saurai m'en souvenir aux prochaines élections
Réponse de le 18/06/2014 à 12:51 :
Ca permet de gonfler les chiffres et de prétendre que la croissance est repartie.
Réponse de le 18/06/2014 à 13:29 :
Sauf que les partis d'extrême-gauche sont laminés par des campagnes de propagande qui coûtent très cher. Quant à l' "origine du fric", ce sont maintenant les banques centrales qui le "crée". Les banques privées sont en panne de rotatives...
Réponse de le 18/06/2014 à 17:00 :
D'accord avec Arthur, on n'a plus la moindre morale pour critiquer les "paradis fiscaux", les "républiques bananières", le blanchissement d'argent ou quoi que ce soit, on en est revenu au même niveau.
a écrit le 18/06/2014 à 12:19 :
"Dans le trafic de drogue, ce qu'on a longtemps défendu est l'argument selon lequel il y a une dépendance et donc la personne qui se drogue ne consent pas librement à l'échange" Ah, la belle hypocrisie. Et je suppose aussi que les cigarettiers sont exclus du calcul du PIB... hum ?
a écrit le 18/06/2014 à 11:05 :
Le RNB sert de base de calcul à la contribution des Etats au budget européen.
Autrement dit, la France va être taxée par l'Europe sur des ressources dont elle ne voit pas la couleur!
Et l'air qu'on respire?? Lui aussi génère de l'activité, de la vie et donc de la richesse! A quand sa taxation?
L'UE, pour bien se goinfrer, veut voir le RNB le plus gros possible, quitte à y mettre tout et n'importe quoi! Tueur à gage, c'est aussi une activité lucrative! A quand un forfait par cadavre??
Réponse de le 18/06/2014 à 11:15 :
Hhmm.. ça, c'est une conséquence. Le gros problème est que ce style de pensée vient des US.
a écrit le 18/06/2014 à 10:45 :
La Farce: et comment vont ils estimer cela ? en extrapolant les quantitiees saisies ? Decidement ces Euro-fonctionnaires font vraiment n importe quoi
Réponse de le 18/06/2014 à 16:56 :
Ah mon grand, soyez sans crainte, il y en aura des voyeurs partout, sur les trottoirs, dans les voitures, sous les lits dans les chambres...
a écrit le 18/06/2014 à 10:35 :
....Que c'est pour des raisons savantes qui dépassent la raison des gens ordinaires. Ne trichons pas, c'est une nouvelle conception de la liberté d'entreprendre qui émerge. Bravo la mondialisation.
a écrit le 18/06/2014 à 9:53 :
Comment fait-on pour évaluer une économie parallèle vous 2 h00.
a écrit le 18/06/2014 à 9:33 :
.... la culture du cannabis ... tant qu'on est !!!!!!!!!!
a écrit le 18/06/2014 à 9:08 :
Nous sommes réellement en plein délire, bientôt un marché produits toxiques pour coter les différentes cames...
Réponse de le 18/06/2014 à 11:10 :
Il faut sauver le soldat croissance...

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