Comment augmenter le taux de marge des entreprises ?

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Une politique salariale rigoureuse peut-elle  relever le taux de marge des entreprises ?
Une politique salariale rigoureuse peut-elle relever le taux de marge des entreprises ?
Selon l'Insee, les cours des matières premières industrielles devraient progresser au second semestre et ceux du baril de brut devraient se maintenir à un niveau élevé, comprimant un taux de marge déjà faible. Le rapport du Commissariat général à la stratégie et à la prospective avance plusieurs solutions.

Selon l'Insee, le taux de marge des entreprises non financières augmenterait de 29,8% à 30,5% cette année. Or, parce que l'Institut anticipe une remontée des cours des matières premières au second semestre, cette progression tant espérée par les chefs d'entreprises est menacée. " Marqués par une faible croissance mondiale et une production excédentaire qui a généré une augmentation des stocks, les cours sur le marché des métaux industriels ont baissé au premier trimestre 2014. C'est notamment le cas du prix du cuivre, en raison d'une moindre activité industrielle en Chine. Les cours se redressent au deuxième trimestre sous l'effet d'une demande mondiale solide. De même, les cours de l'aluminium augmenteraient nettement au deuxième trimestre, en raison de l'embargo sur les exportations de minerai brut en Indonésie et des très longs délais d'approvisionnement " anticipe l'Insee qui n'exclut pas une nouvelle augmentation des prix agricoles si les tensions géopolitiques en Europe centrale s'accentuent.

Tensions envisageables sur le marché du baril de brut

Quand au prix du baril de brut, il devrait se maintenir à un niveau élevé. " Au total, les hausses de l'offre et de la demande étant de même ampleur, le prix du baril de Brent se stabiliserait d'ici la fin de l'année. Il est ainsi fixé conventionnellement proche de son dernier cours observé, soit 108 dollars en moyenne en avril 2014. Les difficultés internes de l'Opep pourraient peser sur la production du cartel. En outre, toute aggravation de la crise ukrainienne provoquerait probablement de nouvelles hausses du prix du pétrole. À l'inverse, l'amélioration des relations entre l'Iran et les pays occidentaux pourrait favoriser une détente des prix ", avance l'Institut.

Si elles se concrétisaient, ces anticipations sont peu rassurantes pour les entreprises tricolores, déjà pénalisées par un taux de marge trop peu élevé pour investir, innover, embaucher et mettre au point une stratégie de développement à l'international ambitieuse pour profiter des gisements de croissance dans les économies les plus dynamiques.

Un taux de marge déjà rogné par la détérioration de la compétitivité-coût de la France en
comparaison de l'Allemagne au cours de la dernière décennie et de l'Europe du Sud au
cours des années récentes. " En réponse, beaucoup d'entreprises exposées à la concurrence internationale ont comprimé leurs marges, ce qui a réduit leur rentabilité, handicapé leur capacité d'investissement et d'innovation et les a enfermées dans un dangereux cercle vicieux de dégradation du positionnement de gamme de leurs produits ", explique Jean- Pisani-Ferry, le Commissaire général à la stratégie et à la prospective (France Stratégie) dans son rapport sur la France dans dix ans dévoilé mercredi 27 juin qui évalue l'efficacité des mesures gouvernementales permettant de réduite le coût du travail

Briser le cercle vicieux

" Le but des mesures prises ou programmées, en particulier le Crédit d'impôt pour la
compétitivité et l'emploi (CICE) et le Pacte de responsabilité qui le prolonge, est de briser ce cercle vicieux et de créer les conditions d'un redressement auto-entretenu de la compétitivité qui conduise les entreprises à investir, à embaucher et à innover davantage, afin de remonter en gamme et de rejoindre un sentier de progression plus soutenue de la productivité. À court terme, ces mesures devraient se traduire par une baisse de plus de 5 % du coût salarial dans l'industrie, sans perte de pouvoir d'achat pour les salariés ", estime le Commissariat.

Un effet à court terme

Mais les effets de ces mesures devraient être limités si les salaires français continuent de progresser à un rythme supérieur aux gains de productivité, et si parallèlement, dans nombre de pays européens, ils connaissent une croissance nulle ou sont orientés à la baisse. " Il est évidemment inimaginable qu'un écart persistant dans le rythme d'évolution des coûts salariaux par unité produite soit comblé année après année par de nouveaux allègements de cotisations sociales, dont le coût pour les finances publiques est déjà considérable ", poursuit le rapport

Des hausses de salaires pour certains, des salaires gelés pour d'autres

Quelle est la solution ? Il faudrait que les pays de l'Europe du Nord qui sont au plein
emploi, à commencer par l'Allemagne, " admettent une progression des salaires nominaux
sensiblement supérieure à celle de la productivité, cohérente avec une inflation moyenne
voisine de 2 % l'an dans l'ensemble de la zone euro ; et que les entreprises et salariés
français acceptent de contenir pendant quelques années la progression des salaires réels
en-deçà du rythme des gains de productivité, afin de contribuer au redressement d'une
compétitivité dont notre position extérieure nette indique bien qu'elle reste dégradée.
À terme, cette dynamique de redressement doit permettre aux entreprises exposées à la
concurrence internationale de mieux rémunérer le travail qu'elles emploient. Ce qu'il s'agit
d'enclencher, c'est un cercle vertueux qui les conduise à sortir de la logique de concurrence par les prix pour se repositionner dans une concurrence par la qualité et l'innovation ", avance le rapport.

Reste maintenant à convaincre nos voisins de la nécessité de relancer l'économie européenne par une politique salariale ambitieuse et les salariés français de se serrer la ceinture.

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Commentaires
a écrit le 27/06/2014 à 16:39 :
ce n'est pas aux actionnaires de réduire les dividendes alors une baisse des salaires serait la voie royale ou une forte augmentation des robots.
a écrit le 27/06/2014 à 7:14 :
En France la marge des entreprises c'est l’état qui la prends pour alimenter une administration totalement inefficiente.
C'est la qu'il faut travailler réduire le nombre de fonctionnaires il y a a 2 fois trop!
Réponse de le 28/06/2014 à 22:27 :
100% d'accord, il faut baisser le simpôts et donc baisser les dépenses publiques ! facile, tous les rapports montrent qu'on gaspille aux alentours de 200 milliards de trop par rapport aux autres pays et en identifiant trés bien ces dépenses inutiles te inefficaces
a écrit le 26/06/2014 à 17:01 :
pour augmenter les marges il faut réduire le cout du travail...ceux qui disent autres choses ne sont pas dans le monde réel. cout heure moyen France dans le bâtiment en second œuvre entre 40 e/60 e , au Portugal, Espagne, Pologne de 10 à 20 e...la compréhension de ces données doit être de niveau cm2.
Réponse de le 26/06/2014 à 18:07 :
Alors pourquoi l'Afrique n'est pas le continent le plus riche du monde? Ils ont la main d'oeuvre la moins chère pourtant!
Réponse de le 27/06/2014 à 0:26 :
Bien vu !
Réponse de le 27/06/2014 à 3:15 :
L'Afrique n'a ni les infrastructure, ni le niveau de qualification, ni meme la stabilite juridique d'un pays developpe. Donc la remarque est absurde. Le probleme de la France est d'etre beaucoup plus chere que des pays comparables en terme de niveau technologique ou de developpement.
a écrit le 26/06/2014 à 16:13 :
faut leur donner des sous. elles le méritent. :-)
Un magazine éco nous apprend ce mois-ci qu'en 1914, le Journal des Chambres de Commerce écrivait "si la hardiesse et l'esprit d'entreprise paraissent être les qualités dominantes du commerce allemand, la prudence et le souci de sa sécurité paraissent être celles du commerçant français",
et que Louis Renault s'efforçait de convaincre le gouvernement de lutter contre les importations américaines.
Les entrepreneurs français n'ont pas attendu le développement de l'étatisme pour être freinés et frileux.
On disait depuis longtemps que les français sont inventifs mais qu'ils ne savent pas valoriser et exploiter leurs idées.
Une étude de l'INSEE datée de février 2008 allait dans ce sens : nos PME sont rentables mais peu dynamiques. Elles thésaurisent et/ou distribuent des dividendes. Elles se vendent, au lieu de chercher à grandir.
Nous avons vu de même que les français n'ont pas voulu apprendre l'anglais et aller à l'international chercher de la croissance et de la marge.

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