"Beau", "rouge", "éloquent", "dissident"... Montebourg croqué par la presse étrangère

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Difficile de passer sous silence un départ aussi fracassant. Le remaniement français, décidé lundi par le président de la République et le Premier ministre après les sorties tapageuses du ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, sans prendre la première place des informations à l'étranger a bien entendu été largement couvert. Avec un accent particulier sur la personnalité de ce ministre "frondeur" qui, en fustigeant violemment la politique de redressement uniquement axée sur la rigueur en Europe, confirmerait avec éclat que ces problématiques sont loin d'être franco-françaises, selon plusieurs observateurs. Voici comment, dans les grandes lignes, les principaux médias européens et extra-européens dressent son portrait.
Plusieurs journaux d'outre-Rhin ont dressé le portrait de ce ministre français de l'Economie qui a ouvertement critiqué les choix d'Angela Merkel dans le règlement de la crise que traverse la zone euro. La "Faz" égrène d'abord des adjectifs plutôt laudateurs à propos d'un Arnaud Montebourg qualifié de "grand, beau, éloquent et jamais à court d'un slogan provocateur". Moins positif, le journal ajoute:
Die Welt de son côté, le qualifie "d'enfant terrible" du gouvernement (en Français dans le texte). Et de rappeler l'époque où, en pleine campagne présidentielle, l'ancien candidat socialiste accusait Angela Merkel de "mener une politique à la Bismarck".
En Italie, La Stampa résume la ligne d'Arnaud Montebourg et des autres socialistes "dissidents" sous le vocable de "gauche anti-Merkel". Pour le quotidien, l'ancien ministre "controversé" est un "rouge".
Dans un article rapportant l'événement et intitulé "François Hollande purge le gouvernement après une révolte à gauche", Arnaud Montebourg est qualifié par le "FT" de "haut en couleurs" et particulièrement "spontané".
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Par ailleurs, le Financial Times publiait un éditorial soulignant que la "crise française reflète les infortunes européennes". Il raille:
Mais l'argumentaire de l'ancien ministre reflèterait des "inquiétudes ressenties en dehors des confins de la gauche française", sur le plan européen et qui portent sur l'absence de croissance et les risques de déflation. Aussi, si "'Mr Montebourg" a pu se révéler un "collègue dérangeant", estime le FT, il a "eu raison de souligner le problème".
Le Guardian consacre également un portrait à l'ex-occupant de Bercy dans lequel il énumère ses précédents coups d'éclat comme par exemple son affrontement avec Lakhsmi Mittal en novembre 2012, lorsque celui qui était alors chargé du Redressement productif avait lancé au patron d'ArcelorMittal qu'il n'était "plus le bienvenu en France". De son côté le Time, juge qu'Arnaud Montebourg serait "plus dangereux" hors du gouvernement que dedans.
Pour le quotidien espagnol El Pais, Arnaud Montebourg a approfondi la fracture qu'il existe au sein du PS français et donné des "ailes" à l'opposition interne au parti, représentée notamment par les députés "frondeurs" qui avaient rechigné à voter la loi rectificative de budget pour 2014. Il Mundo, très réactif, traduit ce mardi des extraits d'un ouvrage à paraître en France le 10 septembre sur Arnaud Montebourg et dans lequel l'ancien ministre est cité pour avoir affirmé que "François Hollande ment tout le temps".
Ailleurs dans le monde, compte tenu du décalage horaire, les articles étaient relativement moins divers, se contentant surtout de répercuter l'information. Parmi les rares portraits parus, celui du New York Times s'arrête sans surprise sur le dossier Alstom-General Electric. Il écrit:
Une "performance caractéristique" de l'ex-ministre, consistant à "s'emparer des gros titres et de toute la lumière à un moment où l'économie tentait de se remettre", juge le quotidien américain.
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Ce dernier cite un peu plus loin le directeur des études économiques pour l'Europe au sein de Deutsche Bank, Gilles Moec, qui estime, qu'au début, Arnaud Montebourg jouait le rôle du "méchant flic" quand François Hollande faisait plutôt figure de "gentil".
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