Les 5 points à retenir de l'intervention de Manuel Valls sur France 2

Manuel Valls a justifié mardi soir l'éviction d'Arnaud Montebourg du gouvernement, un "acte d'autorité", et vanté son remplaçant comme ministre de l'Economie et de l'Industrie, le banquier Emmanuel Macron, une nomination décriée par la gauche du PS. La Tribune récapitule les 5 points qu'il fallait retenir de cette intervention.
Manuel Valls a réaffirmé avoir la conviction que la politique menée "est la bonne". Il a d'ailleurs fermement récusé mener une "politique d'austérité". "Nous ne menons pas une politique d'austérité", a dit le Premier ministre, mais "je suis pour le sérieux budgétaire, je sais que nous ne pouvons pas vivre au-dessus de nos moyens".

Manuel Valls s'est exprimé mardi soir sur France 2, après l'annonce du nouveau gouvernement qui se réunira ce mercredi pour son premier conseil des ministres. La Tribune fait le point sur les phrases les plus marquantes de son intervention.

  • Valls a défendu la nomination de Macron

"J'entends des critiques, des étiquettes, qui à mon avis sont dépassées, surannées", a-t-il estimé, alors que la nomination à l'Economie d'Emmanuel Macron, l'ancien conseiller économique de François Hollande, l'un des artisans du Pacte de responsabilité, marque une rupture idéologique avec son prédécesseur Arnaud Montebourg.

Interrogé encore pour savoir si l'arrivée d'Emmanuel Macron au gouvernement n'était pas le symbole d'un tournant libéral, le Premier ministre a jugé qu'"au lieu de se diviser", il était "temps de se rassembler" afin de "faire les réformes nécessaires" et "débloquer le pays".

"Et alors, on ne peut pas dans ce pays être entrepreneur, banquier, commerçant, artisan?", s'est étonné aussi le Premier ministre devant le journaliste qui rappelait le parcours professionnel d'Emmanuel Macron, passé par la banque Rothschild.

  • Valls a défendu sa politique "équilibrée"

Manuel Valls a réaffirmé avoir la conviction que la politique menée "est la bonne". Il a d'ailleurs fermement récusé mener une "politique d'austérité".

"Nous ne menons pas une politique d'austérité", a dit le Premier ministre, mais "je suis pour le sérieux budgétaire, je sais que nous ne pouvons pas vivre au-dessus de nos moyens".

La politique suivie est "une politique équilibrée qui va produire des résultats mais il faut du temps (...) Il n'y a pas d'autre politique", a encore déclaré Manuel Valls.

  • Ce sont les propos d'Arnaud Montebourg qui ont déclenché le remaniement

"Ce sont les faits, les déclarations qui ont été rappelées qui ont déclenché, oui, cet acte d'autorité du gouvernement", a affirmé le Premier ministre, faisant allusion aux propos tenus le week-end dernier par le ministre de l'Économie sortant, qui avait critiqué la politique économique menée.

"Le débat, il doit être mené notamment au sein du gouvernement (...) Depuis cinq mois, je privilégie le débat collectif au sein du gouvernement, au sein du Conseil des ministres et à l'occasion des réunions de ministres", a-t-il fait valoir.

"Mais quand une décision est prise, quand la ligne est définie, quand le parlement donne la confiance au gouvernement sur l'orientation que j'ai présentée il y a quelques mois à l'occasion de mon discours de politique générale, quand nous votons le pacte de responsabilité, quand l'Assemblée nationale vote des mesures importantes notamment la baisse des impôts pour les revenus les plus modestes et les classes moyennes, (...) quand l'Assemblée nationale vote la réforme territoriale, (...) nous agissons", a dit Manuel Valls.

"Donc, a souligné le Premier ministre, il y a une seule ligne, et les membres du gouvernement ne peuvent pas se donner en spectacle".

  • Un vote de confiance sur un programme de travail

Manuel Valls a également indiqué qu'il soumettrait son nouveau gouvernement à un vote de confiance "sur un programme de travail" en septembre ou en octobre.

Le Premier ministre a aussi réfuté tout risque d'isolement du gouvernement, alors que des voix au PS contestent ouvertement l'orientation de l'action gouvernementale de ces derniers mois:

"Il y a, a-t-il dit, beaucoup de parlementaires écologistes qui nous soutiennent, les radicaux de gauche sont toujours engagés avec nous et puis surtout il y a l'immense majorité des députés socialistes qui nous soutiennent".

"La majorité, elle sera là [lors du vote de confiance], il ne peut pas en être autrement", a-t-il affirmé. "Si la majorité n'était pas au rendez-vous, ce serait fini, nous ne pourrions pas poursuivre notre oeuvre". Une dissolution ? "Je ne l'imagine pas", a-t-il tranché.

  • Des annonces sur le logement "dans 48h"

"Il faut faire les réformes nécessaires pour le logement parce qu'il y a un vrai problème. Je ferai des annonces dans 48 heures", a assuré Manuel Valls. Le président François Hollande a promis la semaine dernière un nouveau "plan de relance" pour le secteur, alors que les efforts du gouvernement n'ont pas permis jusqu'ici d'enrayer l'effondrement de la construction.

L'attente d'un nouveau train de mesures pour relancer la construction, érigée en priorité de la rentrée par l'exécutif, s'est encore renforcée mardi, avec l'annonce d'une poursuite de la chute des mises en chantier de logements neufs entre mai et juillet.

Les mises en chantier ont continué à se détériorer sur cette période, avec un recul de 13,3% sur un an, pour s'établir à 73.468, et ont même dégringolé de 16% pour les logements classiques (hors résidences), selon les statistiques du ministère du Logement publiées mardi.