"Taxe rose" : Bercy se charge de vérifier si les prix ont un genre

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A l'appui de son argumentaire, Georgette Sand exhibe par exemple des rasoirs jetables.
A l'appui de son argumentaire, Georgette Sand exhibe par exemple des rasoirs jetables. (Crédits : Capture d'écran change.org)
Afin d'en vérifier l'étendue, l'écart de prix constaté par le collectif Georgette Sand entre certains produits "destinés" aux femmes et ceux plutôt conçus pour des hommes, ou neutres, sera évalué par un service du ministère de l'Economie.

Réel ou pas, le phénomène a désormais un nom français: "taxe rose". Traduction approximative de la "woman tax", cet écart de prix supposé entre des produits conçus pour les femmes et ceux pour les hommes est dénoncé depuis plusieurs années outre-Atlantique. Afin d'en affirmer ou d'en infirmer l'existence, le ministère de l'Economie a lancé ce lundi 3 novembre une enquête étendue fondée sur des relevés de prix.

Un rapport mené par la DGCCRF, compétent pour ces sujets précise-t-on au cabinet d'Emmanuel Macron, devra permettre d'éclaircir la situation. Pour l'instant celle-ci est constatée de façon empirique en France par le tout jeune collectif féministe Georgette Sand et que nous exposions dans un article mis en ligne samedi 1er novembre.

>> Consommer, est-ce plus cher au rayon "femmes" ?

Des embouts différents sur les tubes de gel

Depuis vendredi, un millier de personnes supplémentaires (soit près de 20.000 en tout désormais) ont signé sur le site change.org la pétition visant à demander à Monoprix d'égaliser les prix au rayon "homme" et au rayon "femme" pour des produits identiques ou quasi-identiques.

C'est d'ailleurs en pointant de légères différences, comme par exemple des embouts dissemblables selon les modèles pour des tubes de gel à raser, que l'enseigne réfute toute pratique indue. Elle assure en outre que, si des rasoirs vendus dans les rayons masculins sont moins chers, c'est parce qu'ils sont davantage vendus que les autres. En outre, à l'inverse, certains prix sont plus élevés côté hommes.

D'un ministère à l'autre

Monoprix n'était pas le seul visé par cette dénonciation. D'autres distributeurs, enseignes et marques - Auchan, Casino, mais aussi Nature et découvertes ou Nivéa - sont également pointés du doigt pour des pratiques de segmentation marketing "genrée". La secrétaire d'Etat au Droit des Femmes, Pascale Boistard avait promis de se pencher sur la question. Ce sera donc chose faite, mais à Bercy plutôt qu'au ministère des Affaires sociales et de la Santé, dont elle dépend.

(article créé à 14h20, mis à jour à 16h29)

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Commentaires
a écrit le 04/11/2014 à 22:42 :
soyons hermaphrodites, comme les escargots! Tout ira bien et les genres disparaitront!!!!!
la bêtise est vraiment sans bornes.
Réponse de le 06/11/2014 à 18:33 :
Revoilà le Messie apocalyptique avec l’escargot géant qui mangent les petits n'enfants qui veulent pas des stéréotypes de genre Ce qui permet d'associer hermaphrodisme et «théorie du genre» (on n’a en revanche toujours pas bien compris ce qui faisait tant peur à la «Manif pour tous» dans le fait de combattre le sexisme et de promouvoir l’égalité des sexes)…..Vous vous en êtes pas rendus compte mais hier soir j’ai faillis faire disparaitre l’univers dans un Big Crunch . J’ai défié les lois divines en mangeant des cornichons pour HOMME, oui des cornichons genrés puisque la marque Kühne a lancé des cornichons « Madl » (mademoiselle) « croquants et adorables » et des cornichons « Bub » pour hommes « croquants et puissants ». Le genre va décidément se nicher dans de drôles d’endroits. Enfin, pas de fin du monde le Grand Ordonnateur a dû me pardonner tant il sait que j’aime trop la compagnie des hommes et surtout sucer leurs cornichons
a écrit le 04/11/2014 à 11:55 :
Curieux Messieurs de décréter que ce qui n'est pas compté ne compte pas !!!
En 2012 la Californie votait une loi interdisant les « prix genrés » dans les services – salons de coiffures, blanchisseries, garages... Diverses enquêtes, les années précédentes, avaient établi une discrimination. Qui selon, ce qu'elle appelait déjà la « gender tax », soit « le montant additionnel que les femmes paient pour des biens et services similaires en raison d'une discrimination de genre sur les prix », coûtait à une Californienne environ $1,351 chaque année. Alors les françaises seraient t elles plus bêtes que d’accepter ces écarts Nous avons parfois le choix c’est vrai,mais d’autre nous sont imposés Est-ce trop demander que de se voir respectées en tant que consommatrices. Nous pouvons toujours essayer d’esquiver les problèmes mais le mieux c’est de les résoudre. Le collectif précise que si majoritairement ce sont les femmes qui sont discriminées, les hommes le sont parfois aussi. On peut aussi faire du marketing intelligent
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a écrit le 04/11/2014 à 10:26 :
Je fais confiance à nos penseurs socialistes pour résoudre le problème par ...une taxe sur les produits masculins !
a écrit le 04/11/2014 à 8:35 :
Ils n'ont rien à faire à Bercy !
a écrit le 04/11/2014 à 7:16 :
Ce n'est pas une taxe imposée par l'état mais bien une marge supérieure liée à un marketing commercial, le slogan "taxe rose" est volontairement accrocheur mais induit en erreur
Pourtant les prix sont libres, ont est dans un marché libre....
je ne vois pas en quoi et comment l'état pourrait imposer des prix identiques. sollliciter BERCY pour engager des relevés de prix, pour quoi faire ?

Il appartient donc aux consommateurs et consommatrices d'acheter en bonne intelligence en faisant jouer la concurrence, sans forcément regarder uniquement l'emballage, mais c'est peut-être trop leur demander de réfléchir avant d'acheter.
Ce besoin systématique de lois, d’assistance, d'intervention de l'état fini par lasser, d'autant que l'état n'a pas les moyens juridiques pour sanctionner alors à quoi bon engager des relevés de prix d'ailleurs déjà effectués par des associations ou d'autres organismes ?
a écrit le 03/11/2014 à 23:13 :
Et qui va s'en charger? Les fonctionnaires qui ont été lourdé?
Réponse de le 04/11/2014 à 8:37 :
Non, on va embaucher quelques dizaines de fonctionnaires que l'on formera à relever des prix .....
a écrit le 03/11/2014 à 22:55 :
J'espère que Bercy a d'autres idées pour redonner du pouvoir d'achats au français...
a écrit le 03/11/2014 à 22:53 :
Sérieux, Bercy n'a que ça à faire? 1) Si c'est un pb, les hommes n'ont qu'à acheter les produits des femmes et les femmes les produits des hommes. 2) En imaginant qu'on fasse une loi là dessus : qui va définir quels produits féminins et masculins sont similiaires : les rasoirs, les gels douches, les chemises/chemisiers, les pantalons, les parfums, les valises...What else ? 3) Le marketing fait des packaging ciblés en fonction du genre : tu parles d'une nouvelle! Et au fait: on va étudier ce qui est plus chers entres les kits de légos et les barbies avec les accessoires et demander de faire les mêmes prix ?
Réponse de le 03/11/2014 à 23:16 :
On a pas attendu pour le faire. Vous avez déjà chercher des limes etapareil de manucure pour les hommes? Certes on a pas d'ongles long mais on a envi qu'ils ressemble a quelque chose... Et la il n'y a qu'au rayon femme qu'on trouve ce qu'il nous faut. Donc si les rasoir sont effectivement moins cher au rayon homme, que les femmes y aille...
a écrit le 03/11/2014 à 18:18 :
Nous voulons avoir les moyens, consommatrices et consommateurs, de faire des choix éclairés et de ne pas nous voir imposer des tarifs qui n’ont plus rien à voir avec le calcul de marges commerciales mais tout à voir avec des présupposés sur le prix moyen que femmes et hommes sont prêts à débourser pour tel ou tel produit. Le marketing sexiste ne doit pas être une entrave à la possibilité de consommer de manière avisée Le concept de la ménagère de moins de 50 ans s’est épuisé, il est essentiel pour les professionnels, de mener une analyse fine des attentes et des préoccupations des femmes. En allant bien au-delà des marchés exclusivement réservés aux produits féminins, le marketing to women désigne l’ensemble des actions marketing ciblant les femmes, non seulement en tant que consommatrices finales mais aussi comme acheteuses et prescriptrices pour leur entourage. Le but est de séduire les futurs acheteurs du produit sans négliger qui est prescripteur. Le principe n’est pas de codifier les produits avec des couleurs ou une utilisation précise dédiée aux hommes ou aux femmes mais bien d’adapter le discours et l’univers de communication pour séduire des hommes ET des femmes. L’indépendance professionnelle et financière des femmes depuis quelques décennies entraine l’ouverture à l’égalité et la parité ce qui est un atout marketing majeur pour les marques qui doivent impérativement le prendre en compte si elles ne veulent pas se faire dépasser. L’objectif pour les marques est de savoir communiquer plus largement en intégrant des codes plus féminins alliant fonctionnel, esthétique et émotionnel.
Réponse de le 03/11/2014 à 21:30 :
@Taranis: on attrape pas les mouches avec du viniagre et c'est aux consommateurs à être suffisamment vigilants et intelligents pour ne pas se faire piéger :-)
Réponse de le 03/11/2014 à 21:35 :
c'est quoi ce blabla ? le choix tu l'as, personne ne te force à acheter.
Réponse de le 03/11/2014 à 23:21 :
Et la prochaine étape c'est de taxer duracell et energiser pour être plus cher? Si le consommateur est trop con pour acheter pourquoi ils ne peuvent plus vendre? Il ferait bien de plutôt s'occuper de la qualité de la viande et des légumes plutôt que de savoir si on achète un rasoir bleu ou rose!!!
a écrit le 03/11/2014 à 17:14 :
Le sort de la France dépend du prix des rasoirs....
a écrit le 03/11/2014 à 17:10 :
au lieu d'utiliser un rasoir, un bon chalumeau ferait l'affaire.
a écrit le 03/11/2014 à 16:45 :
un homme ne peut pas acheter les rasoirs roses et les femmes les bleus ?
a écrit le 03/11/2014 à 16:38 :
Encore une perte de temps de gens éloignés de la réalité commerciale.

Le coût d'un produit dépend de la quantité vendue, des frais de commercialisation, des frais de publicité etc.

Le prix magasin est alors une décision commerciale séparée.

Si un produit destiné à un sexe se vend dans des quantités bien différentes, un prix différent peut être tout a fait justifié.
a écrit le 03/11/2014 à 16:35 :
Voilà enfin la grande réforme du quinquennat, celle que tout le monde attendait! Terminé les petites réformettes genre fiscalité, chômage, industrialisation , tout cela est secondaire! Enfin le changement de société arrive avec le prix des rasoirs !
Réponse de le 03/11/2014 à 17:59 :
merci pour ce morceau d'humour...bravo pour cette remarque pertinente ou la parité gouvernementale dicte des réformes à faire, bannir le rose et le bleu.
a écrit le 03/11/2014 à 16:08 :
pedant des dizaines d années elle n a rien dit Georgette quand les femmes payaient moins cher leur assurance.
Les prix sont libres en France donc Georgette brasse du vent. Au pire elle achète les rasoirs pour homme et voilà....
a écrit le 03/11/2014 à 16:02 :
Pas de soucis, si c'est le cas ils mettrons tout au tarif des femmes....et ils seront gagnants.
a écrit le 03/11/2014 à 15:57 :
naïvement il me semblait qu'en terme de prix il existait outre le coté marketing , une loi de l'offre et de la demande.
cette dernière ne pouvant pas être équivalente en fonction du genre pour tous produits.
a écrit le 03/11/2014 à 15:46 :
Ben oui, les mecs ça ne les dérangerait pas d'acheter des rasoirs roses s'ils étaient moins chers que les autres. Question de configuration de logiciel.
a écrit le 03/11/2014 à 15:25 :
Ils n'ont rien d'autre a faire??
Le commerce c'est un équilibre
Décidément ils ne comprennent rien à tien
Encore la nouvelle petite taxe de la semaine !!
a écrit le 03/11/2014 à 15:03 :
Bien sûr que les prix ont un genre, cela s'appelle le marketing .... qui permet de vendre de la lessive qui lave plus blanc que blanc aux gogos :-)

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