Loi Santé : Marisol Touraine renoue le dialogue avec les syndicats

 |   |  586  mots
Les médecins maintiennent leur mouvement de grève pour la période des fêtes
Les médecins maintiennent leur mouvement de grève pour la période des fêtes (Crédits : reuters.com)
Ce mercredi, la ministre de la Santé a annoncé la réouverture "d'ici la mi-décembre" des discussions sur son projet de loi Santé. Cette annonce a été saluée par les syndicats de généralistes. Ils maintiennent toutefois leur appel à la grève à Noël.

En menaçant de fermer leurs portes pendant la période de Noël, les syndicats ont semble-t-il réussi à mettre un pied dans la porte de Marisol Touraine.

Ce mercredi, la ministre de la Santé a annoncé la réouverture "d'ici la mi-décembre" des discussions sur son projet de loi Santé. Une annonce saluée par les syndicats de généralistes, qui maintiennent toutefois leur appel à la grève à Noël.

"Je vais rencontrer à nouveau l'ensemble des acteurs concernés d'ici la mi-décembre et poursuivre la concertation déjà engagée ", a déclaré la ministre de la Santé dans un entretien au Figaro, répondant ainsi favorablement au souhait du Conseil de l'Ordre des médecins (Cnom).

Un projet "inacceptable en l'état"

La semaine dernière, l'organisme professionnel avait réclamé une nouvelle concertation sur le projet de loi, présenté en Conseil des ministres à la mi-octobre, le jugeant "inacceptable en l'état".

Dans un communiqué publié mercredi, le Cnom s'est "félicité" de la décision de la ministre, attendant une concertation "la plus large et la plus ouverte possible".

"Sans dialogue, sans prendre en compte les inquiétudes des médecins (...) la loi santé passerait à côté de son ambition et les changements qu'elle induirait se feraient au détriment de la relation médecin-patient", a déclaré le Patrick Bouet, président du Cnom.

Une médecine gratuite ?

En revanche, Marisol Touraine n'entend pas céder sur la généralisation à tous les assurés d'ici 2017 du tiers payant, c'est-à-dire la dispense d'avance de frais lors d'une consultation dans un cabinet.

Cette mesure phare du projet de loi Santé a provoqué la grogne des syndicats de médecins, qui estiment que la gratuité apparente de l'acte "déresponsabilisera" le patient et le poussera vers une surconsommation.

"J'introduirai dans la loi des garanties aux médecins sur le tiers payant. (...) Les coûts de gestion seront totalement maîtrisés et les délais de paiement des médecins par l'Assurance maladie n'excèderont pas quelques jours; "S'il faut ajuster, préciser, améliorer les aspects de cette loi, je le ferai", explique la ministre.

 Mais les généralistes réclament aussi une revalorisation de leur consultation à 25 euros, contre 23 euros actuellement. La ministre fait valoir que ce sujet n'a "rien à voir avec la loi" Santé, les tarifs médicaux étant négociés entre les médecins et l'Assurance-maladie.

Des tarifs en hausse ?

Marisol Touraine explique également qu'avec la "mise en place du forfait de 5 euros pour le suivi des patients de plus de 80 ans, de la rémunération du travail en équipe ou encore de la rémunération sur objectif de santé publique", le tarif de la consultation des généralistes atteint selon elle "31,40 euros, contre 28,70 euros" avant son arrivée au gouvernement en 2012.

Pour Claude Leicher, président du principal syndicat de généralistes MG France, ce montant n'est "qu'un artifice" cachant l'absence de revalorisation de certains forfaits depuis 2002, alors que tous les médecins spécialistes "ont des revalorisations régulières".

Dénonçant la "maltraitance institutionnelle" de la profession, il maintient son appel à la grève le 23 décembre, mais se dit prêt à participer à la nouvelle concertation sur la loi Santé.

De même, si la Confédération des syndicats de médecins français (CSMF) se réjouit de la reprise des discussions, elle continue d'appeler à la fermeture des cabinets du 24 au 31 décembre.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/11/2014 à 20:49 :
Qu'elle supprime les 1 euro / docteur et 0.5 euro par boite de médicament. Au moins on retrouvera une médecine gratuite parce que là ce sont les assurés qui payent et ceux qui n'ont pas de couverture qui en profitent...
a écrit le 20/11/2014 à 0:08 :
Ce qui est gratuit ne vaut rien
Réponse de le 23/11/2014 à 17:25 :
La gratuité c'est ce qui coûte le plus cher
a écrit le 19/11/2014 à 18:36 :
j' comprends plus rien à tout leurs trucs.. il n' y a pas la complémentaire salariale obligatoire et fiscalisé qui va déboulé bientôt ? un truc trés démocratique.. une honte infinie qui va finir d' appauvrir complétement les bas et moyen salaire.
Réponse de le 20/11/2014 à 8:06 :
Oui, mais comme elle est fortement taxée, sa création obligatoire va beaucoup rapporter à l'état! Tout bénéfice, cela ne coûte rien, c'est l'entreprise qui paye !
Réponse de le 20/11/2014 à 9:23 :
50 % pour l' entreprise qui la passe en charge ( si elle fait des profits c' est bonnard, si elle ne gagne pas un flêche ce sont des licenciements en masse à prévoir )... 50 % à la charge du salarié .. ce qui représente une ponction de 10 % environ de son salaire ( une paille pour un truc qui ne rembourse rien et n' engraisse que axa, agf alliaanz etc.. ) qui de plus sera imputé sur son revenu à déclaré ( donc impôts en plus ) ... une véritable honte.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :