Les entreprises françaises sont-elles sur la route de l'innovation ?

 |   |  523  mots
2014 représente la plus forte hausse de dépôts de brevets depuis 2008 pour l'Hexagone.
2014 représente la plus forte hausse de dépôts de brevets depuis 2008 pour l'Hexagone. (Crédits : Boegh via Flickr. CC License by.)
Les demandes de brevets auprès de l'Office européen en 2014 ont augmenté de 3,1% en un an, atteignant le "record absolu de 274.000 demandes", selon l'institution. Les dépôts des entreprises françaises, particulièrement dynamiques en 2014, représentent 5% du total des demandes.

12.873. C'est le nombre de demandes de brevets déposées par les entreprises françaises auprès de l'Office européen des brevets (OEB) en 2014, soit une augmentation de 4% par rapport à l'année précédente. Si, au niveau européen, la hausse des dépôts s'établit en moyenne à 1,2% seulement, il s'agit d'une "croissance constante", les demandes de brevet ayant "augmenté pour la cinquième année consécutive", explique Benoît Battistelli, président de l'OEB.

Pour l'Hexagone, toujours classé 2e innovateur du Vieux-Continent derrière l'Allemagne et 6e à l'échelle mondiale - après les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, la Chine et la Corée - l'année 2014 représente la plus forte hausse de dépôts de brevets depuis 2008.

A record Year for inventions OEB 2014 INNOVATION

 
"Une année record pour l'innovation" titre l'OEB pour son rapport 2014 sur les dépôts de brevets. Cliquez sur l'image pour agrandir. Crédits : OEB

Alcatel-Lucent, premier déposant français

Cette croissance a été portée par les secteurs de la communication numérique et des transports, deux domaines où les demandes ont augmenté de 9% par rapport à 2013. Alcatel-Lucent apparaît ainsi 5e innovateur mondial de la première catégorie avec 761 demandes de brevets et premier innovateur français. L'équipementier téléphonique est suivi par Technicolor, le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA), Valeo et Safran.

En dépit du dynamisme des entreprises françaises, aucune ne figure dans le top 10 des innovateurs mondiaux, dominé par Samsung, Philips et Siemens. Alcatel-Lucent et Technicolor n'apparaissent qu'à la 19e et 20e place du classement.

Plus de dépôts mais moins de brevets

Le dynamisme des dépôts de brevet en France s'expliquerait en particulier par le dispositif du crédit d'impôt recherche. Les entreprises françaises déposent donc de plus en plus de demandes, mais la croissance des dépôts est encore largement inférieure à celles des entreprises néerlandaises.

Au Pays-Bas, l'augmentation a été de 9,1% entre 2013 et 2014, loin devant le Royaume-Uni (+4,1%) et la France (+4%). Hors de l'Europe, c'est la Chine qui enregistre la croissance la plus spectaculaire du dépôt de brevet : +18% en un an.

Le nombre total de demandes déposées auprès de l'OEB en 2014 a donc augmenté. En revanche, le nombre de délivrance de brevets (obtenue après un délai de 3,5 ans en moyenne) s'inscrit en baisse de 3,1% par rapport à 2013. Après trois années consécutives d'augmentation de délivrance de brevets, l'institution en a accordé 64.613 en 2014, contre 66.712 en 2013.

Breveter n'est pas forcément innover

De fait entre dépôt de brevet et innovation, l'écart est grand. Ainsi Alcatel-Lucent, Safran et le CEA étaient les seules entreprises française à faire partie des cent premiers innovateurs mondiaux sélectionnés en 2014 par Thomson Reuters (le Global Innovators 100) sur les critères du nombre de brevets déposés et surtout de l'influence et de la portée internationale de leur portefeuille.

S'ils figurent respectivement parmi les leaders de l'innovation dans les catégories transport et chimie, d'après l'OEB,  Valeo, Airbus et L'Oréal sont absents du Global Innovators 100 de Thomson Reuters.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 28/02/2015 à 15:15 :
Les brevets ne sont pas tout. Il y a brevet et brevet. Du point de vue du palmarès de l'innovation, la France est effectivement très bien placé et même n°3, voire n°2 après les USA, si l'on se réfère à Thomson Reuters, le spécialiste de la matière. Mais qui le sait ?
a écrit le 28/02/2015 à 0:12 :
Petit exercice fallacieux : Schumpeter nous a dit que l'innovation était destructrice d'emploi. Suivant ce postulat, et compte-tenu que nous détruisons chaque un peu plus d'emplois, nos entrepruses semblent bien sur la route de l'innvoation ;-)
a écrit le 27/02/2015 à 14:12 :
il y a 7 représentants français dans le Thomson Reuters.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :