Alexander Koch : "une récession en Allemagne possible à 75%"

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Après la publication hier de l'indice du climat des affaires IFO qui est à son plus bas depuis trois ans, le risque de récession est devenu plus palpable en Allemagne. Plusieurs économistes l'ont évoqué et le ministre des Finances, Peer Steinbrück, s'il se refuse toujours à prononcer le mot, a reconnu ce matin que l'économie réelle "serait touchée par la crise financière". Alexander Koch, chef économiste chez Unicredit à Munich, a commenté pour La Tribune la situation de la première économie européenne.

La Tribune: Pensez-vous que le risque de récession est aujourd'hui plus important en Allemagne ?

Alexander Koch: La situation économique de l'Allemagne s'est détériorée ces dernières semaines. L'évolution de l'indice IFO nous amène d'ailleurs à évaluer la possibilité d'une récession à 75%.

Quels sont les principaux facteurs d'une telle évaluation ?

Un facteur essentiel est évidemment le recul de la demande extérieure, en particulier celle de la zone euro. Mais l'inflation élevée a touché les ménages et la consommation devrait rester très faible.

L'amélioration de l'indice de confiance des ménages GFK n'est donc selon vous que temporaire ?

Oui et cette amélioration est très faible. Avec 1,8 point contre 1,6 en août, on est encore très loin de la moyenne historique qui se situe aux alentours de 10. Le niveau actuel est clairement celui d'une récession.

L'Allemagne est-elle menacée par un "credit crunch" ?

Non. Les entreprises ont encore des lignes de crédits et les banques disposent de liquidités. Et comme la demande de crédit va reculer, le risque de voir l'offre de crédit s'effondrer est faible.

Que peut faire aujourd'hui le gouvernement face à cette situation ?

Puisqu'il n'y a pas de risque de "crédit crunch" en Allemagne, il n'y a aucun besoin de plan d'action comme aux Etats-Unis. En revanche, une poursuite de la baisse des charges sur les revenus du travail s'impose. Une baisse des contributions sociales peut être utile et est possible. Pour la financer, il existe encore des subventions qui peuvent être supprimées ou réduites.

La BCE doit-elle envisager une baisse des taux ?

La BCE y vient lentement du fait des données conjoncturelles qui paraissent chaque jour. Mais elle doit encore être attentive à la pression des prix et avec les exigences de hausse des salaires du syndicat allemand IG Metall (8% pour 2009, ndlr), elle doit rester prudente. La BCE voudra donc attendre un vrai recul de l'inflation pour être certain que les effets de second tour sont évités. C'est pourquoi je n'attends pas de baisse des taux en 2008.

Dans un tel environnement, reste-t-il un espoir pour l'économie allemande ?

Le seul espoir est celui d'une stabilisation. La crise financière et la situation de l'économie mondiale vont peser sur l'Allemagne. Et je ne vois aucun signe d'amélioration rapide. En 2009, la croissance ne devrait pas dépasser 0,6 %.

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