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Joe Biden esquisse la nouvelle diplomatie américaine

latribune.fr

Publié le 08 février 2009 à 08:58 - Mis à jour le 08 février 2009 à 09:02

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L'administration Obama entend privilégier la diplomatie plutôt que la puissance militaire dans sa politique étrangère mais attend de ses alliés davantage de soutien dans la gestion des crises internationales, a déclaré ce samedi à Munich le vice-président américain Joe Biden. Ce dimanche, la Russie a accueilli favorablement la proposition de Joe Biden d'"appuyer sur le bouton de redémarrage" des relations russo-américaines, signe d'un possible réchauffement entre les deux anciens rivaux de la Guerre froide.

"Je viens en Europe au nom d'une nouvelle administration déterminée à adopter un nouveau ton à Washington et dans les relations entre les Etats-Unis et le monde", a insisté samedi le vice-président américain, lors de la conférence sur la sécurité de Munich. "Nous nous engagerons. Nous écouterons. Nous consulterons. Les Etats-Unis ont besoin du monde, tout comme je crois que le monde a besoin de l'Amérique", a-t-il ajouté.

A l'occasion de ce premier grand discours de politique étrangère de la nouvelle administration américaine, Joe Biden s'est fortement démarqué des années George Bush, symbolisées par l'intervention en Irak, le scepticisme sur le changement climatique ou l'idéologie du "avec nous ou contre nous". Mais il a aussi réaffirmé que Washington n'hésiterait pas à employer la force pour assurer sa sécurité nationale.

"Il n'y a aucun conflit entre notre sécurité et nos idéaux. Ils se renforcent mutuellement. La force armée nous a offert notre indépendance et à travers notre histoire, la force armée a protégé notre liberté. Cela ne changera pas", a-t-il affirmé.

Affichant la volonté d'écouter et consulter davantage, Joe Biden a aussi prévenu que les Etats-Unis demanderaient plus à leurs alliés. "Les menaces que nous affrontons ne respectent pas les frontières. Aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut y faire face seul de la meilleure manière", a-t-il insisté.

Si Joe Biden n'a pas fait de grandes annonces, sa présence à cette conférence, où se rend traditionnellement le secrétaire à la Défense, est considérée par les analystes comme un signal fort adressé à l'Europe, avec qui Barack Obama entend renouer des liens distendus sous la présidence Bush.

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Avant son discours, beaucoup s'attendaient à voir Joe Biden annoncer la révision du projet de bouclier antimissile américain en Europe de l'Est, source de vives tensions avec Moscou. "Nous continuerons de développer des défenses antimissile pour contrer une capacité de frappe croissante de l'Iran, à condition que la technologie s'avère fonctionnelle et efficace en termes de coût", a-t-il insisté. Il a toutefois ajouté que ce projet initié par Bush serait mené "en consultation avec nos alliés dans l'Otan et la Russie".

Il a en outre demandé un renouveau de l'Otan pour qu'elle soit plus à même de se mesurer aux menaces du XXIème siècle. "Notre Alliance doit être mieux équipée pour participer à interrompre la prolifération des armes les plus dangereuses au monde, pour combattre le terrorisme, pour étendre son action à la sécurité énergétique et agir efficacement dans sa zone comme en dehors", a-t-il fait valoir.

Joe Biden a enfin répété l'engagement de Barack Obama à faire de la relance des pourparlers de paix au Proche-Orient une priorité et la volonté de la Maison blanche de dialoguer avec l'Iran, à condition qu'il renonce à son programme nucléaire. "Nous avons la volonté de discuter avec l'Iran et de lui offrir un choix très clair: poursuivre dans la même voie et faire face à la pression et à l'isolement; abandonner votre programme nucléaire illicite et le soutien au terrorisme et (obtenir) des mesures d'encouragement significatives", a-t-il détaillé.

Tout en tendant la main à la Russie dans l'espoir d'en finir avec les tensions russo-américaines qui ont marqué la fin de la présidence Bush, Joe Biden a souligné que Washington ne reconnaîtrait jamais l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, pas plus que l'existence d'une quelconque "sphère d'influence" russe dans le Caucase.

Ce dimanche, Moscou a accueilli favorablement la proposition de Joe Biden d'"appuyer sur le bouton de redémarrage" des relations russo-américaines, signe d'un possible réchauffement entre les deux anciens rivaux de la Guerre froide. "L'administration américaine a envoyé un signal très fort en déclarant vouloir reprendre le dialogue russo-américain sur toutes les questions d'intérêt commun, et ce signal a été entendu", a dit le vice-Premier ministre russe, Sergueï Ivanov, à l'issue de son entretien à Munich avec le vice-président des Etats-Unis. Qualifiée de "très intéressante" par Ivanov, cette rencontre était la première entrevue au sommet entre les deux pays depuis l'investiture de Barack Obama, le 20 janvier.

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