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ÉconomieInternational

Obama, le président qui redonne confiance

Lysiane Baudu

Publié le 29 avril 2009 à 05:03 - Mis à jour le 29 avril 2009 à 05:08

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Depuis son élection, le nouveau président américain a ouvert de très nombreux chantiers. Et imprimé un nouveau style à la Maison-Blanche. En avril, l'indice de confiance des consommateurs a bondi de 12 points.

"Je crois que les Américains ne sont pas idéologiques?: ils sont pragmatiques", avait dit Barack Obama pendant sa campagne. Alors pourquoi s'embarrasser de décorum?? À la Maison-Blanche, le nouveau président arrive en bras de chemise pour certaines réunions. Un changement par rapport à George W. Bush, qui refusa un samedi de laisser entrer dans le bureau ovale un membre de son équipe habillé "casual "?! En cent jours, Barack Obama a certes déjà réussi à faire adopter un plan de sauvetage de l'économie, ainsi que des programmes pour venir au secours des banques, de l'industrie automobile, des propriétaires immobiliers pris au piège de la crise et des emprunts trop chers.
Surtout, il a imposé son style. "Il se veut un président "transformationnel", croit deviner Denis Goldford, professeur de sciences politiques à l'université de l'Iowa. Il considère de toute façon que, compte tenu de l'état de l'économie, il n'a pas d'autres choix." C'est dans les deux premières années d'un mandat que la capacité de changement est la plus grande, puisque le président peut surfer sur la vague de sa victoire, sans se préoccuper déjà de sa réélection. Barack Obama l'a lui aussi compris. Mais personne avant lui n'avait songé à inviter les élus républicains à regarder un match de football à la Maison-Blanche?! Le but?? Convaincre l'opposition de la nécessité d'adopter son plan de relance.

Il sait déléguer
Sa part du travail faite, il a ensuite laissé les cadors démocrates agir au Congrès. Déléguer fait également partie de sa méthode de travail. "Quand il identifie quelqu'un de capable et digne de confiance, il lui donne la liberté d'agir", explique ainsi le politologue Ross Backer, professeur à l'université Rutgers. C'est évidemment le cas de ses amis politiques amenés de Chicago à Washington, mais aussi de nouveaux venus dans son équipe, comme Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor. Cela n'empêche cependant pas Obama de rester au centre du pouvoir, omniprésent dans les médias comme sur le terrain. "C'est un peu la campagne permanente", résume Ross Backer. Un jour dans l'Iowa pour expliquer son plan énergétique, un autre en Arizona pour dévoiler les mécanismes qui viendront aider les propriétaires en difficulté : Barack Obama continue de sillonner l'Amérique, quand George W. Bush disparaissait pendant des jours du radar des médias...
Car il n'est pas non plus question pour le nouveau locataire de la Maison-Blanche d'oublier les promesses de campagne. Au-delà de la gestion de la crise économique, la santé et l'environnement demeurent ses priorités. Et la plupart des observateurs lui accordent un quasi sans faute. Quasi seulement, car il a bien commis quelques faux pas. Mais là encore, son style ? et son assurance innée ? lui permettent de sauver la mise. "J'ai merdoyé ", a-t-il lâché après le désistement de plusieurs candidats, évidemment mal choisis, à divers postes de son administration. Et il s'est excusé dans la seconde qui a suivi une phrase malheureuse sur les Jeux olympiques pour les handicapés à la télévision...
Cette confiance en lui est aussi palpable dans ses premiers pas diplomatiques. Lors de ses rencontres avec ses homologues internationaux ? déjà 44 tête-à-tête depuis sa prise de pouvoir et 3 voyages dans 9 pays ?, il joue la rupture avec son prédécesseur. Ainsi quand il serre la main d'Hugo Chavez, qui ne ratait jamais une occasion de traiter George W. Bush de "démon". Et accepte avec grâce un ouvrage sur le pillage historique des richesses de l'Amérique latine par les intérêts américains, en se permettant même de plaisanter?: "J'avais peur que ce soit une autobiographie du président Chavez?!"
Décontracté mais ferme
Même fraîcheur en Europe, où très décontracté, il prend la reine d'Angleterre par l'épaule. Shocking pour certains?! Sur le fond, Barack Obama ne cède rien sur les intérêts américains, quitte à heurter ses alliés traditionnels, lorsqu'il réclame par exemple l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Il lui faudra aussi du temps pour se défaire de l'héritage Bush, comme le prouvent les cafouillages de l'actuelle administration concernant les poursuites sur la torture. Mais la transformation ne se fait pas en un jour...

Lysiane Baudu

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