"Une nouvelle impulsion pour le partenariat entre la Chine et la France"

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A la veille de la visite ce dimanche de François Fillon à Pékin, l'ambassadeur de Chine en France Kung Quan analyse ce samedi dans La Tribune l'état des relations entre les deux pays et le rôle croissant de la Chine dans le monde. En voici quelques extraits.

La Tribune - François Fillon se rend en Chine. Quel est le but de ce voyage ?

Kong Quan - Il s'agit de définir les grandes orientations de notre coopération. Il rencontrera des dirigeants chinois, s'entretiendra avec son homologue et assistera à la signature des accords ou contrats de coopération. Ce sera une nouvelle impulsion pour le partenariat global et stratégique entre la Chine et la France. La visite du Premier ministre sera suivie d'autres visites de haut niveau l'an prochain, celle du président Nicolas Sarkozy, à l'occasion de l'Exposition universelle de Shanghai, est en projet. Il y aura 70 millions de visiteurs pour l'exposition.

Comment vont les relations sino-françaises depuis la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le Dalai Lama il y a un an ?
Cette année marque le 45e anniversaire de nos relations diplomatiques. Il y a 45 ans, nos deux pays réalisaient 100 millions de dollars d'échanges commerciaux par an. Aujourd'hui, ce montant est atteint chaque jour. Il y a 45 ans, 3.000 personnes faisaient la navette chaque année entre la France et la Chine. Aujourd'hui, on en compte 4.000 chaque jour et sans doute davantage. Entre 700.000 et 1.000.000 de touristes chinois visitent la France chaque année. Le nombre d'entreprises ou d'implantations françaises sur le sol chinois s'élève à 3.900. Inversement, une centaine d'investisseurs chinois sont en France. Ces chiffres montrent bien l'évolution de nos relations bilatérales, et nous sommes pleinement confiants dans son avenir. Quant aux difficultés auxquelles vous faites allusion, le communiqué de presse sino-français publié le 1er avril dernier a tout dit.

La Chine veut-elle devenir une superpuissance ?
Ce n'est pas une façon appropriée de nous qualifier. Notre économie se développe très vite, 10% en moyenne depuis une trentaine d'années. C'est une réalité. Mais quand on examine avec attention le revenu par habitant, qui est de l'ordre de 3.000 dollars, il est instructif de voir qu'il représente 1/14 de celui d'un Américain et 1/12 de celui d'un Européen. Cela nous place au-delà du 100e rang dans le monde. Par ailleurs, nous connaissons de fortes inégalités entre les villes et les campagnes, entre les régions, entre couches sociales. Le gouvernement en est conscient. Il a pris des mesures importantes pour y remédier. Notre objectif n'est pas de devenir une superpuissance, mais d'améliorer sans cesse le niveau de vie de la population, réaliser un développement durable et sauvegarder la paix et la stabilité du monde. Nous sommes toujours en faveur d'un monde multipolaire, c'est une politique fixée depuis le début de l'avènement de la Chine nouvelle.

Et pour ce qui concerne les réformes en faveur de davantage de démocratie ?
Le sujet est très important. Nous respectons les valeurs universelles. S'agissant des droits de l'homme, nous avons introduit il y a trois ans une clause spécifique dans notre constitution sur le respect des droits de l'homme. D'un point de vue philosophique, il n'y a pas un seul modèle démocratique. La Chine est toujours en mouvement sur ce chapitre. Je pense qu'aujourd'hui dans le monde, aucun pays ne peut se prétendre le paradis des droits de l'homme. Chacun a quelque chose à améliorer. La Chine ne fait pas exception. Tout en nous développant, nous souhaitons la protection des droits de l'homme. Ils constituent une notion large qui inclut le droit à l'existence, à la nourriture et à l'éducation. Tout cela doit être assuré aux Chinois. 16 millions de bébés naissent chaque année, 30 par minute en Chine. A tous ces enfants, il faut non seulement garantir le droit à l'existence, mais aussi le droit à l'éducation, les droits sociaux, bref assurer les besoins élémentaires. Selon le critère de l'ONU, la Chine a encore 150 millions de gens qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté. La mission de développement pour tout le pays et tout le peuple reste lourde. Nous améliorons notre réflexion tous les jours. C'est un processus. En relançant l'économie, nous espérons étendre la protection sociale. Dans le plan de relance de 400 milliards d'euros sur deux ans que nous avons mis en ?uvre fin 2008, il y a une enveloppe importante pour les allocations familiales et l'éducation dans les campagnes. Il s'agit de renforcer la consommation car aujourd'hui le taux d'épargne des ménages chinois atteint 40% du revenu disponible. L'économie chinoise redémarre grâce à la consommation et à l'investissement public.

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