Après la Grèce, le Portugal est dans la ligne de mire des agences de notation

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
L'agence de notation Moody's a annoncé une possible dégradation de la note du Portugal suite à la dégradation de ses finances publiques, selon le Financial Times de ce lundi. Après les sanctions contre la Grèce, les pays européens sont alertés sérieusement sur l'état de leurs déficits.

Après la Grèce, c'est le Portugal qui reçoit une alerte sur la dégradation de ses finances publiques. En effet, Moody's a mis en garde le pays d'une possible dégradation de sa note de long terme si des mesures fortes n'étaient pas prises pour enrayer l'envolée du déficit public, selon le Financial Times.

Le déficit lusitanien a triplé l'année dernière à plus de 8% du PIB (produit intérieur brut). Le vote du budget 2010 qui aura lieu ce mois-ci, sera crucial dans la décision prise par les agences de notation, mais également dans la confiance des marchés, qui craignent une crise du crédit "à la grec". Moody's et Fitch avaient déjà placé la note du Portugal sous perspective négative à l'automne dernier.

La croissance du PIB avait été nulle en 2008 et s'est contractée d'environ 2,5% en 2009. Parallèlement, le déficit public tourne autour des 8% et la dette atteint 77% du PIB, contre respectivement 12,5% et 113% pour la Grèce. Le Portugal a su demontré dans le passé sa capacité à prendre des mesures fortes pour réduire son déficit. En effet, le Premier ministre de centre gauche, José Sócrates, avait réussi à ramener le déficit de 6,1% du PIB en 2005 à 2,6% en 2007.

Reste qu'après la crise de crédit connue par la Grèce ainsi que par l'Islande, placée sous surveillance négative par Standard & Poor's et dégradée par Fitch après que le président islandais a déclaré ne pas promulguer la loi sur le remboursement des clients étrangers de la banque Icesave, les pays de l'Union européenne sont avertis. Si des mesures de soutien de la croissance en période de crise peuvent entraîner une aggravation des déficits, elle ne doit cependant être que temporaire. Un plan d'assainissement des finances publiques sera donc indispensable pour tous les pays européens s'ils souhaitent conserver la confiance des marchés financiers.

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Commentaires
a écrit le 24/02/2010 à 18:59 :
J'ai du mal à comprendre la situation, j'ai passsé 15 jours en janvier, et je n'ai pas du tout eu l'impression que les portugais soient dans la misère, bien au contraire , ils se font construire des maisons superbes( à faire palir de jalousie les nôtres)
, les restaurants sont tous bondés.
J'ai été invité à un mariage où nous étions 300 personnes,avec le repas dans una ancienne "quinta"restaurée . Ce n'étaient pas gens de la haute, mais des petits propriétaires terriens.
Dans les campagnes on vit beaucoup mieux qu'en ville, (fermeture d'usines, victimes de la mondialisation.....)
Alors que doit-on en penser? où est la vérité???
a écrit le 05/02/2010 à 21:20 :
L'analyse de Michel Castel éclaire un peu la situation et permet de relativiser. Il évoque aussi l'épargne des ménages qui en France serait encore "abondante". C'est vrai, mais sa répartition est dangereusement orientée vers les ménages fortement imposés. La classe moyenne à vu son taux d'épargne baisser de 6% depuis 2007 et les perspectives de stagnation du pouvoir d'achat ne va pas améliorer cette capacité, loin s'en faut. C'est aussi cete calsse moyenne qui achète sa maison "en campagne" et qui reste tributaire de l'automobile pour ses déplacements quotidiens. Augmentation du poste carburants, assurances, transports, et côut de restauration scolaire, avec une baisse à terme des prestations familiales voilà l'avenir proche...Il est mécaniquement obligatoire que l'épargne soit durablement afféctée. Cependant, il faut ressortir un élément qui permet de sortir de toutes les crises...Se serrer la ceinture, bosser, et ne pas compter sur l'état, les autres, et ne pas avoir de rancoeur, pour tous ceux qui "victimisés" ( à tort ou raison, cela n'est pas de mon ressort) attendront la bécquée sociale, qui alourdira encore les prélèvements, mais surtout, leur ôtera toute vélléité de résiliance. Il n'est de pire faillite que de perdre de vue l'Obligation joyeuse de gagner son pain"
a écrit le 14/01/2010 à 19:26 :
Excellente analyse de MichelCastel, un peu de réflexion personnelle fait plaisir à lire dans ce journal qui manque parfois d'objectivité...
a écrit le 12/01/2010 à 9:42 :
"Le Portugal a su demontré "
Non.
"le Portugal a su démontrer".

Il me semble que les journalistes économiques doivent écrire français de temps en temps. Faites attention sans quoi moi, lecteur, je vais revoir ma notation à la baisse.

PS- Blague à part, l'erreur est très fréquente dans vos colonnes comme dans celles de vos confrères. On ne vous a pas expliqué l'infinitif ... ?

PS2 (à Civitas): peut-être faut-il prier pour que les agences de notation ne soient pas trop intègres, sans quoi elles se sentiront obligées de dégrader la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.
a écrit le 12/01/2010 à 8:26 :
La France a certainement plus de poids sur les marchés que le Portugal donc elle doit pouvoir faire appelle aux capitaux etrangers plus facilement.
a écrit le 12/01/2010 à 3:53 :
En quoi la situation du Portugal est elle différente de celle de la France: 8% de déficit et 77% d'endettement? Elle est même meilleure!
a écrit le 11/01/2010 à 9:32 :
Pour que Moody's reste intègre et cohérente, elle doit envisager également dégrader la note de la France, pays dont tant le déficit publique que la dette publique sont du de même ordre de grandeur que le Portugal. Voir à ce propos les prévisions de Moody's pour 2010 dans son étude du «Misery Index» de la mi-décembre (Moody?s Global Sovereign - ?Sovereign Risk: Review 2009 & Outlook 2010?).
a écrit le 11/01/2010 à 9:22 :
Quelle note pour les Etats Unis???
a écrit le 11/01/2010 à 9:22 :
Le déficit public portugais est de 7,7% du PIB, sa dette publique de 77%.
Le déficit français est de 8% et la dette est de 79 % du PIB;et sera sans doute de 84% à fin 2010 selon les prévisions. A quand des menaces de dégradation de la signature de presque tous les pays de l'Union (l'Allemagne exceptée) et celles des USA?
Qui sont ces imprécateurs qui crient au feu ? Certes les Pouvoirs publics doivent se montrer pariculièrement responsables dans leur action vis-à-vis des déficits publics mais ce n'est pas une raison pour tout confondre et faire des amalgames très dangereux pour le plus grands profit des opérateurs financiers.

Plus que la dette publique, ce qui compte vraiment pour un pays c'est le total de l'endettement de l'ensemble des agents économiques de ce pays et son évolution... même si observateurs et marchés se focalisent presque uniquement sur la dette publique (brute de surcroît !). C'est aussi le fait de disposer ou non d'assez d'épargne nationale pour ne pas trop dépendre des capitaux étrangers pour couvrir l'ensemble de ces besoins. De ce point de vue la France se tient encore bien, même si la crise détériore la situation ... comme dans tous les pays. Faisons un petit tour d'horizon : à mi 2009 la dette totale du Japon est à 345% du PIB (!), le Royaume-Uni à 242%, les Etats-Unis à 234%, alors que la France est à192% juste derrière l'Allemagne qui est avec 190%. Il y a 15 ans aucun de ces pays ne dépassait 150% du PIB !! Qui s'en est inquiété à l'époque juste avant la crise de 2007 ? Et sur la période juin 2008/ juin 2009 la dérive de l'endettement total a été de 11% du PIB pour l'Allemagne, de 13 % pour les Etats-Unis, de 17% pour la France et le Royaume-Uni, de 21% pour le Japon. Les agents privés ont généralement réduit ou stabilisé leur endettement pendant cette période mais ce sont les Etats qui ont dû s'endetter pour contrecarrer les conséquences de la crise financière en évitant l'effondrement des banques puis des économies. C'est parce que les marchés nous ont emmenés dans le mur que tous les Etats ont dû jouer les pompiers et se trouvent maintenant totalement dans la main des marchés ! Les dettes publiques sont en effet presque toutes entièrement négociées sur les marchés, ce qui n'était pas le cas il y a encore 15-20 ans. A nouveau maîtres du jeu, les marchés peuvent ainsi augmenter le coût des dettes publiques et tester notamment la solidarité réelle entre les pays de l'U.E, voire même celle entre les pays de la zone euro. L'irréparable, à savoir une cassure de l'Union Européenne n'est pas leur problème. Quant à la solidarité de l'Union : oui elles existent et est proclamée... jusqu'à un certain point. Dans la réalité celle-ci a été plus que mesurée au début de 2009 pour soutenir les membres rentrés en 2004 si bien qu'ils ont dû faire appel au FMI. Une cassure au sein de la zone euro ne peut même pas être exclue quoi qu'on dise pour rassurer. Le traité de Maastricht, les statuts de la BCE ne favorisent pas en effet la solidarité, loin s'en faut, et la crise perdurant le chacun pour soi redevient une tentation. Cassure entre les pays qui pourraient rester ancrés à un euro fort et devenant d'ailleurs encore plus fort après ce délestage) et les pays en sortant plus ou moins volontairement ( le chef de l'Etat italien avait déjà brandi cette menace il y a deux ans alors que l'Italie n'était pas parmi les pays les plus menacés ). Ce serait économiquement une folie certes, mais les peuples et leurs dirigeants se sont t-ils toujours conduits uniquement en fonction de la raison dans l'histoire ? L'urgence serait de réduire la dépendance des Etats vis-à-vis des marchés en réduisant fortement le poids de la dette négociable sur ces marchés comme cela était encore le cas il y a une quinzaine d'année dans la plupart des pays. L'épargne des ménages (abondante) avec l'offre de l'équivalent de bons sur formule et l'établissement dans chaque pays d'un plancher de bons du trésor chez les banques (en fonction de leurs dépôts) peuvent en être les instruments.


a écrit le 11/01/2010 à 8:41 :
je comprend pas tres bien comment ces Agences de notation ,qui ont provoquées en partie cette BIG Crise, aient encore le pouvoir de noter et même de descendre un pays!!! Ce monde a vraiment quelques choses de pas normal.

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