Plus de 700 morts au Chili après le séisme et les tsunamis

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Le séisme survenu samedi au Chili et les tsunamis qui l'ont suivi ont tué 350 personnes dans une seule ville côtière, portant le bilan total de la catastrophe à plus de 700 morts, tandis que les autorités tentent de venir en aide à des survivants affamés et que des scènes de pillage ont été constatées dans les grandes villes.

En annonçant qu'au moins 708 personnes avaient péri, bilan porté plus tard dans la journée de ce lundi à 711, la présidente chilienne Michelle Bachelet a lancé dimanche un appel au calme dans une situation chaotique où des habitants privés d'eau et de nourriture pillaient des magasins dans les zones les plus affectées par le tremblement de terre de magnitude 8,8. "C'est une énorme catastrophe (...), le nombre de personnes disparues augmente", a précisé Michelle Bachelet à la télévision, ajoutant qu'une aide médicale et alimentaire était acheminée auprès des quelque 2 millions d'habitants sinistrés.

Pour l'heure, le pays n'a pas fait appel à l'aide internationale, mais la Chine vient d'annoncer ce lundi qu'elle lui offrait 1 million de dollars d'aide d'urgence.

Le tremblement de terre, un des plus puissants observés depuis un siècle, a détruit ou endommagé 1,5 million de maisons, des routes et des ponts autoroutiers, portant un coup aux infrastructures du pays, premier producteur mondial de cuivre. Des pénuries d'eau, de vivres et de carburant aggravent la situation de centaines de personnes privées de toit, tandis que les perturbations affectant la distribution d'électricité compromettent le redémarrage de l'industrie.

Des vagues géantes provoquées par le séisme ont pénétré sur une centaine de mètres dans les terres, démolissant des maisons et obligeant des habitants à fuir sur les hauteurs à proximité de l'épicentre. Le gouvernement, qui avait déclaré juste après le séisme qu'il n'y avait aucun risque de tsunami, a justifié cette erreur en précisant qu'elle était due à des données incorrectes fournies par des experts de la marine.

A Concepcion, ville proche de l'épicentre du séisme et située à 500 km environ au sud de Santiago, on craint qu'une soixantaine de personnes aient péri écrasées sous les décombres d'un immeuble d'habitations où les sauveteurs se sont activés toute la nuit pour tenter de dégager des survivants.

Le gouvernement a décrété un couvre-feu dans la région de Maule et à Concepcion pour tenter de mettre fin aux pillages. La police a dû faire usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour évincer des pilleurs d'un supermarché de Concepcion.

Cette situation est un premier défi pour le président élu Sebastian Pinera, qui prend ses fonctions dans deux semaines. Une série de fortes répliques ont par ailleurs secoué le pays et la capitale. Des centaines d'habitants de Concepcion ont campé dehors dans des tentes ou des abris de fortune, craignant de nouvelles secousses. Des pompiers ont utilisé pelles et marteaux piqueurs pour rechercher des signes de vie dans les décombres.

Le tremblement de terre risque de peser lourdement sur l'économie du pays et pourrait mettre sous pression sa monnaie, estiment des économistes. Son coût pourrait se situer entre 15 et 30 milliards de dollars, selon Eqecat, société d'évaluation des risques. D'après les autorités, l'industrie du cuivre dispose de stocks suffisants pour répondre à ses engagements. Les principales mines de cuivre reprenaient leurs activités dimanche malgré un approvisionnement réduit en électricité.

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