Tensions accrues sur la Grèce et le Portugal

Face à la crise soulevée par les déficits publics de certains pays européens, la zone euro pourrait renforcer sa surveillance budgétaire. De son côté, la Grèce poursuit ses efforts d'économies mais inquiète encore les marchés. Le taux de l'obligation d'Etat grecque à 10 ans est remonté à 7,360% ce jeudi.
(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)

Trois mois après l'éclatement de la crise grecque, le problème des finances publiques hellènes occupe encore et toujours le devant de la scène. Pour éviter une nouvelle crise de cette ampleur, les responsables européens appellent à un renforcement de la surveillance budgétaire européenne.

"La procédure de déficit excessif restera au coeur de la mise en oeuvre du pacte de stabilité mais nous devons aiguiser nos outils", a ainsi déclaré mercredi le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, ajoutant : "nous devons aussi approfondir notre surveillance pour s'intéresser aux déséquilibres macroéconomiques et aux écarts de compétitivité".

"Il s'avère nécessaire de mettre au point un mécanisme de résolution de crises, qui contiendrait un certain nombre de dissuasions", souligne le responsable européen.  Pour cela, Olli Rehn compte présenter une communication sur ces sujets le 12 mai. Un premier échange de vue doit également avoir lieu dès ce vendredi et samedi lors de la réunion informelle des ministres des Finances de la zone euro et de l'UE (Ecofin), qui se tiendra à Madrid.

De nouvelles discussions ?

Par ailleurs, la Grèce a demandé ce jeudi à entamer des discussions avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne ( BCE ) et le Fonds monétaire international (FMI), selon le ministère grec des Finances et l'agence de presse Ana. La Grèce souhaiterait notamment connaître les montants des prêts dont elle pourrait bénéficier après 2010 dans le cadre du mécanisme d'aide, au cas où elle déciderait d'y recourir.

Les ministres européens se sont en effet mis d'accord dimanche pour un plan de 30 milliards d'euros de prêts que les 16 pays de la zone euro pourront consentir à la Grèce en 2010, à un taux favorable de 5%.

Le FMI a  annoncé après la publication de la demande grecque qu'il envoyait lundi une mission à Athènes.

La Grèce, à nouveau paralysée par une nouvelle série de grèves dans le pays, n'en poursuit pas moins ses efforts pour réduire son déficit public. Le Parlement a ainsi adopté mercredi à la majorité une loi de réforme fiscale. Cette réforme vise essentiellement à imposer davantage les gros revenus, la fortune foncière de l'Eglise de Grèce, à augmenter les impôts sur les sociétés off-shore et supprimer les diverses exemptions fiscales dont bénéficiaient plusieurs catégories de contribuables.

Le Portugal également sous surveillance...

Outre la Grèce, le Portugal apparaît comme l'un des pays susceptibles d'avoir des problèmes à assurer le service de leur dette. La Commission européenne a ainsi rendu ce mercredi un avis critique sur le plan d'austérité portugais. Si l'institution reconnaît que le programme de stabilité et de croissance portugais est ambitieux et assez concret pour la période 2011-2013, elle note qu'il présente néanmoins des risques qui pourraient amener le Portugal à prendre de nouvelles mesures d'austérité.

Le Portugal prévoit un déficit de 9,3% du PIB pour 2009 et ambitionne de faire repasser d'ici 2013 ce chiffre sous la barre des 3% fixée par le pacte européen de stabilité et de croissance, comme demandé par la Commission européenne. Parmi les mesures déjà adoptées par Lisbonne, figurent un gel des salaires des fonctionnaires, une réduction de l'investissement publics et une modification de la fiscalité afin d'accroître les recettes.

Dans un entretien à un journal espagnol ce jeudi, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker n'a pas exclu que d'autres pays de la zone euro se retrouvent dans une situation similaire à celle de la Grèce, manière de rappeler les interrogations actuelles sur la solidité financière de l'Espagne et du Portugal. Jean-Claude Juncker avait pourtant déclaré mardi qu'il ne voyait "pas l'Espagne et le Portugal atteindre des eaux qui seraient comparables à celles dans lesquelles est en train de nager" la Grèce .

... et les marchés toujours inquiets

Si la Grèce mardi, et le Portugal ce mercredi, ont pu émettre sans trop de difficultés des bons du Trésor, les marchés restent néanmoins inquiets. Les rendements des obligations d'Etat grecques sont repartis à la hausse, s'installant jeudi au-dessus de 7,3%, le marché se rapprochant de ses records de la semaine passée, malgré les signes d'apaisement fournis entre temps par les pays de la zone euro.

Jeudi à 11 heures, le taux de l'obligation d'Etat grecque à 10 ans a ainsi atteint  7,360% contre 7,034% mercredi vers 18 heures et le "spread" (différentiel avec l'emprunt allemand à 10 ans, référence du marché) a atteint 424 points de base.

La faute à l'agence de notation Moody's qui a de nouveau menacé de dégrader la note de la Grèce dans les prochains mois. Vendredi, son homologue Fitch avait, elle, mis sa menace à exécution en abaissant de deux échelons, à BBB- contre BBB+, la note souveraine du pays tout en laissant entendre qu'elle pourrait encore la descendre.

L'annonce des modalités du soutien européen allié au Fonds monétaire international (FMI) à la Grèce n'a donc qu'en partie rassuré. Surtout que des imprécisions demeurent. Mercredi, Berlin a ainsi refusé de "spéculer" sur des informations du quotidien allemand Handelsblatt, partenaire de La Tribune.

Selon le journal, les ministres des Finances de la zone euro n'auraient pas exclu qu'un volume total de crédit de 90 milliards d'euros soit nécessaire sur trois ans pour aider la Grèce, les 30 milliards d'euros de prêts annoncés n'étant alors qu'un premier pas.

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Commentaires 3
à écrit le 15/04/2010 à 10:55
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Merci pour les explications Laurent68. Je comprend mieux la situation et la stratégie derrière ces annonces.

à écrit le 15/04/2010 à 4:51
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Cher JC, Je crois que le jeu est un peu plus subtil. On donne au compte gouttes les informations sur le plan de sauvetage de la Grece et on distille au grand jour les desaccords sur la methode notamment entre la france et l'allemagne. Ceci a pour eff...

à écrit le 14/04/2010 à 15:39
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Blablablabla .... Tout va bien, on va créer quelques milliards, spéculer et repartir comme avant ! 2 qui s'enrichissent et 2 millions qui s'appauvrissent, pas mal comme logique ça rappel juste la belle époque des rois en tout genres avec des alliance...

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