L'euro est passé sous 1,27 dollar, la BCE reste l'arme au pied

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Alors que l'euro poursuit sa baisse et est même tombé un temps sous 1,27 dollar ce jeudi, la Banque centrale européenne a décidé de laisser inchangé son principal taux directeur. Son président Jean-Claude Trichet assure que la BCE n'a pas ouvert la possibilité de rachat de titres de dettes de pays de la zone euro, Grèce en tête.

Conformément aux attentes, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé ce jeudi de laisser son principal taux d'intérêt directeur inchangé à 1%, a annoncé l'un de ses porte-parole. Ce taux, baromètre du crédit dans les seize pays membres de l'euro, est fixé à ce niveau historiquement bas depuis un an.

Lors de sa traditionnelle conférence de presse, le président de l'institution, le Français Jean-Claude Trichet, a déclaré qu'il s'attendait à ce que l'économie de la zone euro progresse "à un rythme modéré en 2010". Toutefois,  "l'évolution la croissance pourrait être irrégulière dans un environnement de forte incertitude", a-t-il indiqué. Le président anticipe également "un maintien de la stabilité des prix à moyen terme".

L'institution financière est réunie ce jour à Lisbonne. Le rendez-vous a été pris de longue date, mais entre-temps le Portugal a vu sa dette à long terme dégradée par l'agence Standard and Poor's, comme son voisin l'Espagne, attisant les craintes d'une contagion de la crise budgétaire grecque à ces deux pays.

Alors que les 110 milliards d'euros de crédits accordés à la Grèce par l'Europe et le Fonds monétaire international en échange d'un programme d'austérité sans précédent n'ont pas suffi à convaincre les opérateurs d'une sortie de crise, Jean-Claude Trichet a la lourde tâche ce jeudi d'apaiser les marchés et de rassurer sur l'euro et l'Union économique et monétaire.

Pas d'achat d'obligations d'Etat européennes

Dès lundi, la BCE avait indiqué qu'elle allait accepter les titres de dette grecque comme garantie en contrepartie de ses prêts, quelle que soit la notation financière de ces titres. Une mesure à contre-courant de sa politique habituelle...

Certains analystes avaient également estimé que le Français pourrait ouvrir la possibilité d'acheter des obligations d'Etat européennes, pour soutenir la confiance dans la zone euro, mais le président de la BCE s'est prononcé ce jeudi par la négative sur cette option. 

Allant plus loin, les opérateurs avaient même spéculé sur une aide très directe de l'institution de Francfort, à savoir acheter des obligations d'Etat grecques, une possibilité également balayée par la BCE ce jeudi. Une décision de ce type pourrait, selon les analystes de la Société Générale, affaiblir encore plus la monnaie européenne.

Par ailleurs, Jean-Claude Trichet s'est dit "fermement" convaincu que la Grèce ne ferait pas défaut sur ses paiements de dette.

Le président a également indiqué que "la Grèce et le Portugal ne sont pas dans le même bateau et c'est très apparent si vous étudiez les faits et les chiffres" ; de même "l'Espagne n'est pas à la Grèce", a-t-il dit, montrant ainsi son scepticisme vis-àvis de l'hypothèse d'une contagion de la crise grecque à d'autres pays européens.

 

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Commentaires
a écrit le 06/05/2010 à 12:29 :
Quasiment tous les empires historiques créés à marche forcée ont finalement implosé.Seule la Rome antique eut un empire structuré et intégré sur une surface plus grande que l'Europe.
Alors inspirons nous et intégrons,c'est notre seule chance.
a écrit le 06/05/2010 à 10:52 :
Nos politiques ont voulu un marché le plus large possible, ils ont le cirque le plus grand, mais personne ne parle le même langage, la majorité ne songe qu'à percevoir les aides de l'UE. Tout est permi !
Aussi longtemps que nous n'aurons pas un gouvernement supra national avec une gestion dirigée que tous accepteraient, pas d4Union Européenne.

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