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ÉconomieInternational

Crise grecque : Merkel, Barnier, Baroin cherchent à calmer le jeu

latribune.fr

Publié le 05 mai 2010 à 03:07 - Mis à jour le 05 mai 2010 à 03:29

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La chancelière allemande justifie l'attitude de son pays avant le déclenchement du plan d'aide à Athènes. Le commissaire européen et le ministre français du Budget dissocient les cas grec et espagnol.

Angela Merkel s'est défendue, ce mercredi devant les députés du Bundestag, d'avoir freiné l'aide à la Grèce. Si l'Allemagne avait approuvé l'aide à la Grèce plus tôt, "cela aurait été contre-productif" a expliqué la chancelière allemande. Selon elle, "un bon Européen n'est pas celui qui aide vite" mais celui "qui respecte les traités et le droit européen et contribue à ce que la stabilité de la zone euro ne subisse pas de préjudice".

Angela Merkel a par ailleurs estimé qu'une leçon de la crise financière grecque était la nécessité de changer le Pacte de stabilité de l'Union européenne.

L'Allemagne doit verser cette année 8,4 milliards d'euros à la Grèce dans le cadre du programme d'aide conjoint de l'UE et du Fonds monétaire international (FMI), aide à laquelle l'opinion publique est largement hostile. La loi nécessaire au déblocage de ces fonds a été adopté lundi en conseil des ministres et doit être approuvée cette semaine par le Bundestag et le Bundesrat.

Concernant une possible contagion de la crise grecque à l'Espagne, Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur, a cherché aussi à rassurer. "Les situations ne sont pas du tout comparables", a-t-il dit sur France 2, en notant que le président du gouvernement espagnol, Jose Luis Rodriguez Zapatero, s'était clairement exprimé à ce sujet la veille. Lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le chef du gouvernement espagnol a qualifié de "folie absolue" l'hypothèse d'une demande d'aide de son pays.

"L'Espagne fait des efforts comme le Portugal et d'autres pays doivent le faire pour maîtriser leurs dépenses, redresser leurs finances publiques", a dit Michel Barnier, qui était également interrogé à Bruxelles. Le commissaire européen a insisté sur la solidarité qui a permis de parvenir à un accord sur la Grèce ce week-end. "Je ne crois pas du tout qu'il y ait un risque d'éclatement de la zone euro", a-t-il insisté.

"Les marchés doivent bien le comprendre, cette solidarité existe et pour le reste nous devons faire notre travail", a-t-il ajouté en insistant sur l'importance de réformes structurelles dans les pays de la zone euro, comme pour les retraites en France. Et Michel Barnier a, de nouveau, critiqué le système actuel de surveillance des dettes souveraines, aux mains de trois agences de notation, toutes américaines et exposées à des risques de conflits d'intérêt.

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Le commissaire au Marché européen, en charge de ce dossier, est favorable à la création d'une agence européenne et en a défendu l'idée mardi lors d'une audition au parlement européen. "Il n'y a pas assez de concurrence et de diversité dans ces agences", a-t-il fait valoir. "Je ferai des propositions dans les mois qui viennent pour davantage de transparence, de régulation et de diversité sur les agences de notation".

Enfin, François Baroin, ministre du Budget, a déclaré sur Canal Plus que les dirigeants européens ne se laisseront pas impressionner par les spéculations sur l'Espagne et le Portugal, qui sont à ses yeux "absurdes", "amorales" et "injustes". Après le plan d'aide accordé ce week-end à la Grèce, les Bourses européennes ont chuté par crainte d'une contagion à des pays comme l'Espagne et le Portugal. Une situation "aussi absurde qu'injuste", a commenté François Baroin. "Il faut à la fois garder de la distance et beaucoup de sang-froid sur cette histoire".

Selon le ministre, "le politique est déterminé à ne pas se laisser impressionner par des spéculations hâtives et une turbulence qui est irrationnelle". "Il est déterminé à ne pas se laisser entraîner sur un toboggan avec un effet de domino". Selon lui, le cas de la Grèce "n'a rien à voir" avec la situation en Espagne, marquée par un fort de taux de chômage et une bulle immobilière, ou le Portugal qui est "sincère dans ses chiffres".

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François Baroin juge en outre inutile de chercher à rassurer des marchés trop fébriles. "Vous n'allez pas donner à boire à un âne qui n'a pas soif", a-t-il dit. "Un "trader" qui veut faire de l'argent et qui spécule sur un Etat pour s'en mettre plein les poches, vous n'allez pas lui faire comprendre".

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