La zone euro n'a fait que "gagner du temps", prévient Angela Merkel

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Le plan de stabilisation de 750 milliards d'euros dont s'est doté l'Union européenne n'offre qu'un répit à la zone euro, a averti la chancelière allemande.

Le plan de stabilisation de 750 milliards d'euros dont s'est doté l'Union européenne n'offre qu'un répit à la zone euro, a averti dimanche la chancelière allemande Angela Merkel, estimant que le problème de fond que constitue l'écart croissant entre les économies les plus fortes et les plus faibles restait à résoudre.

Tout en dénonçant ce qu'elle a présenté comme la spéculation contre l'euro, elle a déclaré que les dirigeants européens ne pourraient ramener le calme qu'en trouvant les moyens d'aplanir les importantes divergences entre les 16 pays utilisant la monnaie unique.

"Nous n'avons rien fait d'autre que de gagner du temps afin de supprimer les différences en matière de compétitivité et de déficits budgétaires des différents pays de la zone euro", a-t-elle dit. "Si nous nous contentons d'ignorer ce problème, nous ne pourrons pas apaiser la situation."

Lors du congrès de la Fédération des syndicats allemands, elle a exprimé son soutien au plan de stabilisation élaboré par l'Union et le Fonds monétaire international (FMI) pour prévenir une contagion de la crise de la dette grecque à d'autres pays de la zone euro.

Mais la chancelière, longtemps réticente à l'idée de soutenir la Grèce et d'autres pays, a jugé qu'il fallait aller encore plus loin.

"Au cours de la semaine écoulée, nous avons assisté (...) à des spéculations contre l'euro, notre monnaie", a-t-elle dit en soulignant que ces spéculations avaient atteint une ampleur inimaginable il y a encore quelques jours.

"Cela plaide pour une régulation accrue", a-t-elle déclaré. "Malheureusement, ces spéculations ont été et sont possibles parce qu'il existe des différences considérables en matière de solidité économique et d'endettement entre les Etats membres de la zone euro."

L'euro a perdu 4% de sa valeur face au dollar sur la semaine écoulée, tombant vendredi à son plus bas niveau depuis 18 mois, autour de 1,2350 dollar .

L'Allemagne peut se permettre de dénoncer les différences en matière de santé économique et budgétaire au sein de la zone euro: elle a contenu son déficit à 3,3% du produit intérieur brut (PIB) l'an dernier alors que la Grèce affichait un ratio de 13,6%, et sa dette publique représente 73% de son PIB, contre près de 150% pour la Grèce.

CERCLES VICIEUX

Le ministre autrichien des finances, Josef Pröll, a estimé de son côté que l'Union devrait imposer des limites à ses pays membres en matière d'endettement. Cela "se traduirait par un plafonnement clair des nouveaux emprunts, par une discipline budgétaire stricte et par des budgets équilibrés en Europe", a-t-il dit au quotidien allemand Die Welt.

Pour sa part, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a appelé à accorder la priorité à la lutte contre la dette afin d'éviter que les pays les plus mal en point entraînent les autres dans leur chute.

"Parce que les économies des pays de la zone euro sont étroitement liées par une monnaie, il est important d'empêcher la faiblesse de la politique économique d'un pays donné de compromettre la réussite des autres", a-t-il expliqué dans le quotidien finlandais Helsingin Sanomat.

"A l'avenir, l'évolution de la dette publique devra être suivie plus étroitement qu'auparavant et il faudra briser à temps d'éventuels cercles vicieux", a-t-il ajouté.

S'il a lui aussi considéré que l'action de l'Union avait permis d'éviter une contagion de la crise grecque, il a ajouté que cette crise avait mis l'accent sur une faiblesse fondamentale de l'économie de la zone euro.

"Nous avons empêché le feu de broussailles de la Grèce de se transformer en feu de forêt incontrôlable", a-t-il dit.

"Le problème de l'union économique et monétaire, c'est que le pilier monétaire a été, depuis le début, plus solide que le pilier économique. La crise a démontré qu'ils étaient tous les deux nécessaires."

En effet, si la zone euro s'est dotée d'une politique monétaire commune orchestrée par la Banque centrale européenne (BCE), la politique budgétaire reste du ressort de ses 16 Etats membres.

La Commission européenne a d'ailleurs proposé mercredi de conférer à l'exécutif communautaire un droit de regard sur les projets de budget nationaux avant leur examen par les parlements.

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Commentaires
a écrit le 17/05/2010 à 15:07 :
Olivier31 ni poltron ni anxieux, mais lucide!
La critique peut être désagréable, mais elle est nécessaire. Elle est comme la douleur pour le corps humain: elle attire l'attention sur ce qui ne va pas.
Citations de Churchill
le déficit de la France est le résultat d'une politique très complaisante et irresponsable envers certains contribuables, qui ont bénéficié d'une multiplication d'exonérations et baisse d'impôts depuis 10 ans et ont contribué à diminuer les recettes de l'état.
a écrit le 17/05/2010 à 12:12 :
La monnaie comme les armées sont des instruments régaliens; pas de monnaie unique sans l'éxistence d' état unique ce dont les peuples ne veulent pas. La situation actuelle ne peut a
a écrit le 17/05/2010 à 10:32 :
Mitterand avait déclaré avant de mourir le nationalisme c'est la guerre, si comme le prédisent certains nous allons vers un krach financier mondial ce sera la guerre, si les nationalismes l'emportent sur l'Euro ce sera aussi la guerre. Aujourd'hui il faut sauver l'Euro pour sauver la paix, et le prix de la paix c'est de n'avoir pas de prix, il serait temps que politiques, spéculateurs, banquiers cessent de jouer avec le feu.
a écrit le 17/05/2010 à 9:12 :
Pour les poltrons et les anxieux, sachez que le pessimiste est un optimiste qui a les pieds sur terre et les yeux ouverts sur la réalité. Peut être que d'autres sont dans leur bulle et n'ont pas de souci de fin de mois . Si c'est le cas tant mieux sinon il suffit de se promener un peu partout en France pour prendre la température d'une société qui est en panne et qui déprime.
Il faut lire entre les lignes et comprendre que la crise que nous traversons est plus vicieuse et plus grave qu'en 1930, car plus lente avec les plans de soutien de l'économie qui n'ont fait que retarder l'inevitable : la fin de notre monde capitaliste.
a écrit le 17/05/2010 à 4:35 :
Mais y en a marre de lire ces commentaires de va t'en guerre et de péssimistes pour qui tout est écrit d'avance. Mais qui sont ces personnes, que font ils ? Dans la vie, il faut affronter les problèmes, pas les fuir. Avant tout il faut bien les comprendre, hors j'aimerais être certains que ces écrivains en ont la capacité ? Juste des poltrons et des anxieux, c'est certain!
a écrit le 17/05/2010 à 4:09 :
L'euro paye l'absence de coordination des politiques des États qui l'ont adopté et le manque de redistribution au profit des États en retard. Seule la création d'un impôt européen permettrait de remédier aux disparités structurelles.

L'abandon de l'euro serait une catastrophe et ferait plonger l'économie française et par ricochet le niveau de vie des Français. Et après tout la baisse actuelle est une bonne nouvelle pour les entreprises qui exportent (aéronautique, luxe).
a écrit le 17/05/2010 à 3:36 :
L'euro est condamné à plus ou moins brève échéance. Il conviendrait de préparer la sortie de l'euro pour le spays faibles dont le France, le plus rapidement possible pour le faire dans de bonnes conditions. A défaut, un krach financier mondial nous attend avec des conséquences imprévisibles
a écrit le 16/05/2010 à 22:06 :
Madame la chancelière établit un diagnostic exact. Et à lire ses propos on se demande qui, de la France ou de l'Allemagne, aurait menacé de sortir de l'euro. Les problèmes de l'euro résultent des disparités en matière de compétitivité et de discipline budgétaire entre ses différents membres. L'écart de compétitivité avec l'Allemagne est irrémédiable. J'ai déjà expliqué pourquoi: l'imbrication croissante de l'industrie allemande avec celle des pays d'Europe centrale et orientale à bas coût de main d'oeuvre lui assure une suprématie européenne. C'est la raison pour laquelle la hausse de l'euro ne l'affectait pas. Sans perdre de vue la seconde vertu de l'appréciation d'une monnaie: accroître gratuitement le pouvoir d'achat interne pour les biens de consommation importés. Dés lors on peut imaginer facilement que la baisse de l'euro n'est absolument pas du goût de l'Allemagne. Quant à la discipline budgétaire, c'est toute une culture qui sera longue à aquérir. Le plan de sauvetage ne fait donc que gagner du temps sur ce qui paraît inéluctable: la dissolution de la communauté de l'euro pour divergence d'intérêt et incompatibilités. Dans une telle situation mieux vaut réaliser cela à froid et laisser un expert organiser la séparation des patrimoines. Il pourrait revenir à la BCE, dans un acte ultime, d'instituer un euro latin et un euro germain pour ne pas trop bouleverser les marchés. La question est de savoir lequel des deux sera adopté par la France.
a écrit le 16/05/2010 à 17:30 :

Le problème monétaire est un problème de spéculation. Le problème boursier est avant tout un problème de manipulation des cours.
a écrit le 16/05/2010 à 14:32 :
le marché est completement déconnécté de l'économie réel il s'abreuve des rumeurs et des cadavres c'est le plus beau miroir de la société .
a écrit le 16/05/2010 à 14:31 :
Pourquoi ne pas mettre une parité fixe de l'euro, ou mettre l'euro dans un serpent monetaire come ds les années 70, Un tel systeme sur une periode de 5 a 10 ANS permetrait d'eviter les peculations et de donner du temps aux pays europeens pays reduire leurs dettes et, de niveller les differnces entre pays?
a écrit le 16/05/2010 à 13:45 :
"Nous avons empêché le feu de broussailles de la Grèce de se transformer en feu de forêt incontrôlable", a-t-il dit."

Il semble que la tempête a disséminé les braises dans la zone euro, qui pourraient enflammer les arbres à palabres, si l'on ne se dote pas de bonnes lances à incendie et d'un coupe feu
a écrit le 16/05/2010 à 13:14 :
je vous invite à écouter le point de vue d'un économiste et prof à sciences po
sur le point.fr écoutez donc la vidéo de mr jacques généreux sur la crise actuelle !

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