Budget de rigueur et chômage galopant pour l'Espagne en 2011

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L'Espagne a approuvé un budget pour l'année 2011 placé sous le signe de la rigueur, avec une baisse programmée des dépenses de l'Etat de près de 8%. Le gouvernement a également revu à la hausse ses prévisions de chômage pour cette année-là.

Le conseil des ministres espagnol a approuvé ce vendredi un projet de budget 2011 "austère", "le plus austère de ces dernières années", a indiqué Elena Salgado,  ministre de l'Economie, en l'annonçant à la presse. La numéro deux du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega, a souhaité souligner que c'était également un budget placé sous le signe de la "reprise", de la "stabilité" et de la "confiance".

Le gouvernement  vise un déficit équivalent à 9,3% de la richesse nationale en 2010 et à 6% en 2011, contre 11,1% en 2009. A terme, il espère atteindre les 3% du PIB en 2013, pour revenir dans les clous du Pacte de stabilité européen.

Le budget espagnol 2011 prévoit ainsi une baisse de 16% des dépenses des ministères et une baisse globale des dépenses de l'Etat de 7,9%, hors dépenses financières et à périmètre comptable constant. Le gouvernement a aussi annoncé ce vendredi une hausse de l'impôt sur les revenus les plus élevés : de 1 point pour les revenus de plus de 120.000 euros par an et 2 points pour plus de 175.000 euros.

Grève générale

Une importante grève générale est prévue pour le 29 septembre contre ce projet de loi de finances. Les observateurs doutent cependant qu'elle ait un impact sur les décisions du chef du gouvernement, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero qui, sur ce projet de budget 2011, s'est assuré de l'appui du parlement.

En juin, la journée d'action qui avait été organisée dans la fonction publique pour protester contre la baisse de 5% des revenus avait été peu suivie, les fonctionnaires jugeant sans doute cette cure d'austérité inéluctable du fait des pressions européennes dont José Luis Rodriguez Zapatero est l'objet.

Les Commissions Ouvrières (CCOO) et l'UGT, les deux principales organisations syndicales qui représentent 2,4 millions de travailleurs, joueront ainsi mercredi prochain une part de leur crédibilité et leurs chefs de file sillonnent le pays depuis plusieurs mois pour mobiliser leurs adhérents.

Chômage galopant

L'économie espagnole paie encore les conséquences de l'éclatement de sa bulle immobilière et de la crise financière internationale de 2008 et 2009. Bien qu'ayant engagé depuis début 2010 d'importants programmes d'économies publiques, le pays peine à sortir de la récession, affichant une croissance minime et surtout un chômage record. Le gouvernement a annoncé ce vendredi qu'il revoyait à la hausse ses prévisions pour 2011 dans ce domaine. Il table désormais sur un chômage de 19,3% de la population active, contre 18,9% avant. "La reprise de l'emploi est plus lente que ce que nous souhaiterions", a déclaré Elena Salgado.

Après un plancher historique sous les 8% atteint à l'été 2007, le taux de chômage espagnol n'a cessé de progresser pour s'établir à 20,09% au deuxième trimestre, selon l'Institut national de la statistique (Ine).

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