La BCE continuera provisoirement à injecter des liquidités pour les banques

Les marchés financiers attendaient avec impatience la conférence de presse du président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, après le statu quo annoncé sur les taux d'intérêt. Le patron de la BCE a annoncé la prolongation pour au moins trois mois des mesures de liquidités pour les banques.
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Sans surprise, la Banque centrale européenne (BCE) a opté jeudi pour un nouveau statu quo s'agissant de son taux directeur. Ce mois-ci encore, le taux de refinancement a été maintenu inchangé à 1%. Mais ce n'est pas là que les intervenants sur les marchés financiers attendaient l'institution. Jean-Claude Trichet leur avait donné rendez-vous le mois dernier pour détailler les modalités de sa stratégie de sortie de crise. Mais c'était avant que ne survienne le deuxième épisode de la crise de la zone euro, avec les difficultés de l'Irlande et les vives tensions observées sur le marché obligataire.

Aujourd'hui, les intervenants espèraient d'éventuelles annonces concernant le programme de rachats d'obligations d'Etat par la BCE et une éventuelle prolongation des mesures prises en faveur des banques au delà de la fin de l'année.  Jean-Claude Trichet a annoncé proroger pour trois mois au moins son dispositif d'allocation de liquidités aux  banques à taux fixes et en quantités illimitées lors de ses opérations de refinancement à 1 semaine, 1 mois et trois mois "aussi longtemps que ce sera nécessaire et au moins jusqu'à la troisième période de reconstitution des réserves de 2011, le 12 avril 2011".

En revanche, le président de la BCE a été peu prolixe s'agissant des rachats d'obligations d'Etat. Le programme de rachats se poursuit, a-t-il indiqué, se refusant à donner le moindre objectif chiffré. Ces premiers commentaires ont pesé momentanément sur l'euro, qui revenait à 1,3060 dollar à 15 h, avant de rebondir. Et, à la Bourse de Paris, le Cac 40 qui évoluait en hausse depuis l'ouverture ce jeudi est passé provisoirement dans le rouge (-0,36%), avant de revenir en territoire positif.

Sur le seul plan macro-économique, la BCE a revu jeudi en légère hausse ses prévisions de croissance pour 2010 mais elle a laissé inchangé le milieu de sa fourchette de prévisions pour 2011, qu'elle a toutefois légèrement resserrée. Jean-Claude Trichet a ainsi déclaré que son institution anticipait désormais une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,6% à 1,8% cette année, soit un chiffre médian de 1,7%, contre 1,4% à 1,8% en septembre.

L'an prochain, la croissance du PIB devrait se situer entre 0,7% et 2,1%, donnant un chiffre médian de 1,4%, contre 0,5% à 2,3% auparavant. Pour 2012, les premiers chiffres rendus publics par les prévisionnistes de la BCE donnent une croissance de 0,6% à 2,8%. Ces chiffres sont à peu près conformes à ceux présentés en début de semaine par la Commission européenne: celle-ci table sur 1,7% de croissance en 2011 et 1,8% en 2012.

"Les données économiques récentes sont cohérentes avec la tendance sous-jacente favorable de la reprise bien que l'incertitude soit élevée", a déclaré Jean-Claude Trichet.

En ce qui concerne l'inflation, les nouvelles prévisions de la banque centrale montrent que les prix devraient rester maîtrisés cette année et l'an prochain, avec une hausse des prix prévue entre 1,5% et 1,7% en 2010, entre 1,3% et 2,3% en 2011 et entre 0,7% et 2,3% en 2012. En septembre, la BCE anticipait une inflation de 1,5% à 1,7% cette année et de 1,2% à 2,2% en 2011.

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Commentaires 8
à écrit le 16/12/2010 à 15:35
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Je crois que cela devient de l'irresponsabilité ; cela prépare une belle pagaille.

à écrit le 04/12/2010 à 10:22
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est ce que l euro a été voulu pour payer les chômeurs américains

à écrit le 03/12/2010 à 11:41
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La BCE fournit un effet d'aubaine aux établissements financiers internationaux qui ont désormais accès à une vache à lait en libre service. Les dettes des états ne sont pas pour autant réduites puisque c'est désormais la BCE qui est le créancier...

à écrit le 02/12/2010 à 21:47
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Toujours l'aspirine qui soigne le cancer qui s'appelle la finance mondiale qui broie toujours tout sur son passage . Vive l'aspirine ! les paradis fiscaux ! et les rentabilitées "lunaires" .

à écrit le 02/12/2010 à 19:40
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je me demande ou M. Trichet trouve tout cet argent pour financer la banque centrale européennne.Si une partie de argent provient de notre dette nous irons tout droit à la faillite,comme au CREDIT LYONNAIS ou l'on a déjà payé por son irresponsabilité

à écrit le 02/12/2010 à 16:32
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C'est vrai, pourquoi vouloir changer quoi que ce soit ?! Un taux historiquement bas, les banques s'empressent de se refincancer à 1% pour prêter aussi sec à 6%. Et on s'étonne que le secteur bancaire est encore en crise... Pourtant, elle est pas bell...

à écrit le 02/12/2010 à 15:20
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Je pense que la BCE a fait les bons choix. A craindre pour la succession de JC Trichet, si jamais Axel Weber passait en octobre, l'année prochaine !

le 02/12/2010 à 15:35
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@Eiffel: Je pense que la BCE fait son travail, qui consiste rappelons-le à juguler l'inflation. La BCE est un comité et pas J.C. Trichet uniquement, je ne suis donc pas inquiet pour son avenir, quel que soit son porte-parole.

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