Sommet franco-allemand sur fond d'écart de croissance

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Aux côtés de Nicolas Sarkozy et François Fillon, 8 ministres français participent à un sommet bilétaral à Fribourg. En 2010, Berlin a connu une croissance supérieure à 3,4 %, creusant l'écart avec la France.

Le treizième conseil des ministres franco-allemand va s'ouvrir ce vendredi à Fribourg, dans le sud de l'Allemagne sous le signe de l'écart grandissant entre la croissance des deux côtés du Rhin. Alors qu'en France, la croissance ne devrait pas dépasser 1,5 %, l'année 2010 devrait être historique en Allemagne. Jeudi, le ministre fédéral de l'Économie, Rainer Brüderle, a précisé que la prévision officielle du gouvernement de 3,4 % de croissance n'était qu'un minimum. Un tel rythme d'activité ne s'est jamais vu depuis 1991. La nouveauté, c'est que ce dynamisme n'est plus porté par les seules exportations, qui ont marqué d'ailleurs le pas en octobre, mais plutôt par la demande intérieure et en particulier par la consommation. L'optimisme de Rainer Brüderle s'explique d'ailleurs en grande partie par l'excellente saison de Noël actuelle du commerce de détail. Les perspectives de hausses salariales, la forte épargne accumulée, la décrue du chômage sont autant d'explications de ce phénomène. Et voici l'Allemagne entraîné dans un cercle vertueux : sa bonne santé économique conforte les ménages dans leur retour à la consommation, ce qui soutient à son tour les perspectives de croissance. L'an prochain sa croissance devrait encore être la plus forte de la zone euro.

Le voyage à Fribourg sera donc bien inconfortable pour Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde. Plus question pour la ministre de l'Économie d'accuser l'Allemagne d'égoïsme, son argument d'une croissance intérieure sacrifiée est aujourd'hui caduque. Pire, le découplage entre la première économie du continent et ses partenaires européens est le signe que la croissance allemande ne se nourrit plus autant qu'auparavant de celle de ses voisins. Elle puise désormais à la source de la croissance asiatique et la nourrit plus en retour. La Chine est d'ailleurs devenue son premier fournisseur cette année. Du coup, l'enjeu pour Paris est de faire comprendre à son voisin allemand qu'il a encore intérêt à demeurer dans la zone euro. À quelques jours du sommet européen du 16 décembre, l'Élysée et la Chancellerie veulent profiter du rendez-vous de Fribourg pour montrer des signes de convergences. Ainsi, Paris est d'accord avec Berlin pour ne pas débattre de la création d'obligations européennes. Et les deux capitales sont à l'unisson pour juger suffisant le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Forte de la croissance allemande retrouvée, Angela Merkel a toutefois les moyens de poser ses conditions dans le débat sur l'avenir de la zone euro.

 

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Commentaires
a écrit le 10/02/2011 à 6:29 :
Le plus inquiétant c'est l'influence que peut avoir un seul pays sur l'avenir de toute l'UE. Je pense que c'est par le biais de l'entente franco-allemande que l'on soit arrivé à cette situation pour le moins dangereuse, le jour ou l'Allemagne pourra se passer de la France pour dicter sa volonté à l'Europe n'est plus bien loin.
a écrit le 11/12/2010 à 10:02 :
Pourquoi la presse et les hommes politiques parlent de l'Allemagne comme un modèle? Ce n'est pas la bonne performance de cette année qui va effacer la perte de vitesse de l'Allemagne pendant une décennie entière.
Réponse de le 12/12/2010 à 14:25 :
@johnmckagan
imaginez la France intégrer un pays avec 16 millions d'habitants complètement en faillite et relisez votre commentaire svp. merci.
a écrit le 10/12/2010 à 18:21 :
en France nous avons de grandes idées,mais on n'est pas fichu de gérer le quotidien !voyez avec la neige....alors à l'échelon économique?...eh oui les Allemands sont meilleurs que nous...très peu de syndicats mais efficace(:E.G.métal) les cicaias politiciennes très restreintes...l'efficacité quoi..c'est vrai que nous sommes un peuple très théatre..
a écrit le 10/12/2010 à 15:42 :
1. A quand une fédération franco-allemande ? C'est notre seul espoir.
2. @Eurofederal : niveau scolaire d'handicapé ? le problème n'est pas l'éducation. Le niveau des élèves culturellement parlant est supérieur à celui d'il y a cinquante ans. Seulement voila la qualification nécessaire pour les emplois n'a pas augmenté aussi vite d'où l'apparent problème. L'éducation doit certes évolué, mais elle n'est pas la source de tous les maux.
a écrit le 10/12/2010 à 12:29 :
rejouissons nous d'une reprise de la demande interieure de l'allemagne ,nous sommes leur premier fournisseur !
Réponse de le 10/12/2010 à 14:05 :
Attention: Les liens commerciaux Allemagne Chine vont encore evoluer. Rien ne dit que la France restera le premier fournisseur de l'Allemagne.
a écrit le 10/12/2010 à 10:51 :
Comparons ce qui est comparable , entre 2008 et 2009 le PIB national a chuté de 7.2%
celui de nos amis allemands lui a perdu 8.5%. dès lors il est normal que la remontée de "sortie de crise"soit moins brutale pour nous.
Réponse de le 10/12/2010 à 13:26 :
Sans compter que sur les 10 dernières années l'Allemagne a connu une croissance 2 fois moins forte que celle de la France : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPTEF08118. Au delà de la crise, c'est un rattrapage de plusieurs années qui est en train de s'opérer... Ceci étant, cela ne doit pas être une raison pour ne pas suivre certaines politiques allemandes qui se sont apparemment montrées efficaces.
a écrit le 10/12/2010 à 9:35 :
L'enjeu pour Paris est de faire comprendre à son voisin allemand qu'il a encore intérêt à demeurer dans la zone euro. Cette phrase montre bien que l'europe n'est pas dans une simple crise mais au bord de l'implosion. L'Allemagne est tentee de quitter l'Euro-groupe. Ce qui signifierait la fin de la monnaie unique. A partir de la les propos de Marine Le Pen hier soir sonnent tres juste...
Dans les faits que va t-il se passer ? C'est tres simple: l'allemagne va conserver l'euro mais va exiger de nommer un Allemand a la tete de la banque centrale europeenne, elle aura ainsi la toute puissance econmique et monnetaire dans toute l'UE. Les risque c'est de faire creuver les peuples qui ne pourront plus faire face a leur dette car il est impossible de proceder a des devaluations (Grecs et Irlandais sont deja dans cette situation).
Réponse de le 10/12/2010 à 12:07 :
Quelle connerie! Nous avons des taux @ 1% et vous dites que la BCE est responsable de nos malheurs? On croit rêver.... OUI? un président allemand ou un autre européen, et alors? Les propos de Marine LEpen frise le nationalisme éculée.... ben, voyons la France éternelle...dévaluons notre nouveau Franc comme au bon vieux temps du franc.... pour être compétif?????? Produisons des produits de qualité et le reste suivra..... La France que vous proposez ? Non, merci. Oui à l'Europe, oui à des déficits maîtrisés, oui à plus d'Europe et sûrement pas à vos idées réactionnaires du repli sur l'hexagone....
Quand à votre délire anti-allemand, je vous laisse libre de vos commentaires qui fleurent bons les idées extrêmes.... Si la France et l'EU en est là, c'est bien parce que les français ont toujours refusé le saut politique proposé par vos voisins voilà bientôt 15 ans...merci à qui?
Réponse de le 10/12/2010 à 13:35 :
C'est justement du contraire dont il s'agit ! L'enjeu est de faire qu'à moyen terme la France qui reste dans l'euro, car ce dernier la prive de certains outils pour compenser ses difficultés. C'est encore plus le cas de l'Espagne et des autres pays en difficulté. Vous verrez que la France sera l'un des 1er pays à sortir de l'eurozone et l'Allemagne l'un des derniers. En cela, je ne critique pas l'Allemagne mais l'euro s'est fait autour d'elle et elle a réussi à créer une certaine complémentarité économique, notamment avec les pays de l'Est. La meilleure preuve que l'Allemagne n'est pas tant gênée par l'euro : elle va faire plus de 3.5 % de croissance !
Réponse de le 10/12/2010 à 13:39 :
@eurofederal. Effectivement, il n'y a pas à avoir de délire anti-allemand. Néanmoins, nos intérêts divergent et l'Allemagne a joué pour son propre intérêt. Comment pourrait t-on le lui reprocher ? Pour autant l'Europe, en tous cas sous cette forme, ne tiendra pas bien longtemps...
Réponse de le 10/12/2010 à 14:11 :
@eurofederal. Tout est dit en une seule phrase "pour être compétif?????? Produisons des produits de qualité et le reste suivra..... ". Pour cela, il faut du personnel de qualité et la nouvelle generation est carrement handicapee par son niveau scolaire.
a écrit le 10/12/2010 à 9:20 :
nos économies budgetaires sont vraiement minimes comme le soulignait encore hier mr arthuis. mais, nous attendons sans doute une mauvaise note pour faire porter le chapeau aux agences de notation; egalement, un bonnet d'ane à mr arthuis qui souligne ces dangers mais a vote le budget
a écrit le 10/12/2010 à 9:05 :
Que le taux de croissance augmente plus vite qu'en France s'explique pour partie du fait qu'il ait davantage chuté durant la crise. Il faudrait comparer l'évolution des PIB pour avoir une comparaison précise et réelle des évolutions des deux pays. Je ne sous-estime pas pour autant le dynamisme allemand.
Réponse de le 10/12/2010 à 13:47 :
Le différentiel est très marqué cette année. Mais il l'a été dans l'autre sens au début des années 2000. Au total, depuis 10 ans, la performance française en terme de croissance du PIB est 2 fois plus forte que celle de l"Allemagne : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPTEF08118
La réunification explique notamment cela, néanmoins il faut arrêter de rabaisser notre pays qui ne s'est pas si mal débrouillé au final sur les 10 dernières années. Aujourd'hui, il y a des économies et des réformes à faire. Il faut les faire, comme la réunification a obligé les allemands à réformer avant nous. Le pays était pourtant embourbé dans des difficultés tout aussi importantes, peut être même plus importante, que celles que nous traversons aujourd'hui. Comme quoi il est tout à fait possible de s'en sortir, pourvu que l'on n'y mette pas systématiquement de la mauvaise volonté et que l'on évite le dogmatisme et la politiqation systématique.
a écrit le 10/12/2010 à 9:04 :
Et... LA TRIBUNE ne publie RIEN sur la prestation de M. Le Pen à Fr2 hier soir ? ca y parle d'économie pourtant !!... Censure ? .... on n'est pas (encore) en Cote d'ivoire !!
a écrit le 10/12/2010 à 8:51 :
A quand la fusion entre la France et l'Allemagne ?
a écrit le 10/12/2010 à 8:50 :
Mais pourquoi ne copie t on pas nos voisins allemands !
La France est elle condamnée à voir son économie disparaitre ???
N'avons nous donc aucun courage politique en France !?! C'est vraisemblable, personne à Paris ne veux assumer le rôle de schroder gerhard !
Personne ne veux faire les réformes qui s'imposent en France ! Car personne ne veux sacrifier sa carrière politique !
A qui le courage de mettre fin au 35h ? A qui le fourrage de supprimer l'isf ? A qui le courage de faire 8 régions eu lieu de 22 ? A qui le courage de supprimer les départements ? A qui le courage de faire une VRAIE délocalisation dans les régions ? A qui le courage de réformer l'état et le statut de la fonction publique ?
A PERSONNE J'IMAGINE !
Réponse de le 10/12/2010 à 11:02 :
Ce n'est pas en prenant les mêmes chaussures qu'Usain Bolt qu'on va courir aussi vite.
Réponse de le 10/12/2010 à 13:52 :
Mais c'est ce qui est en train de se faire... mais l'Allemagne ne s'est pas réformée en 6 mois. Les réformes ont été engagées en 2003 et donnent leur résultats depuis 1 ou 2 ans seulement. Et puis il faut avouer que les français ne sont pas très faciles à diriger...
Réponse de le 10/12/2010 à 13:56 :
Oui, nous on préfère inventé des techniques de réduction du chômage unique au monde comme les 35 h... On connait le résultat ! En attendant j'aurai préféré les lois hartz qui malgré leur imperfection on durablement réduit le chômage et boosté les exportations.

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