Les Indiens demandent à leurs politiques de s'occuper de leurs oignons !

 |   |  458  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : REUTERS)
En quelques semaines, le prix de ce légume très prisé a grimpé de 142%, poussant l'inflation des prix alimentaires et mobilisant la classe politique.

Depuis plusieurs jours, l'affaire fait la une de la presse en Inde : l'oignon fait défaut sur les marchés de Delhi comme d'autres grandes villes du sous-continent. Une pénurie qui peut avoir des conséquences imprévisibles sur le plan politique dans un pays très agricole dont la population fait un usage culinaire quotidien de cette plante potagère au bulbe recherché, ingrédient indispensable du Biryani, plat traditionnel du sous-continent.

 

En 2004, la hausse des prix des denrées de première nécessité avait provoqué la chute du gouvernement central rendu responsable du renchérissement. L'oignon est un article sensible. Une famille peut consommer jusqu'à un kilo d'oignons par jour.

Touchées par des pluies hors saison dans les États de l'ouest (Maharashtra, Gujarat...) et du sud du pays, là où elles sont normalement les plus abondantes, les récoltes d'oignon ont chuté de 16 %, selon les chiffres officiels. En quelques semaines, le prix au kilo a plus que doublé, passant de 35 à 85 roupies (soit de 0,60 à 1,44 euro) le kilo la semaine dernière, faisant ressurgir la crainte le retour d'une spirale inflationniste des prix alimentaires. Malgré l'accalmie de ces derniers mois, l'augmentation de ces prix a atteint 12,13 % sur un an le 11 décembre contre 9,46 % la semaine précédente. Certains éditorialistes de presse ont appelé à une « action sans pitié » s'il s'avérait que des responsables étaient associés à la rétention d'oignons dans un but spéculatif.

Signe de grande détresse

Pour contrer la pénurie, le gouvernement n'écarte aucune piste. Lundi, Delhi a décidé d'interdire toute exportation de la plante populaire jusqu'au 15 janvier. Il a aussi annoncé son intention de supprimer les taxes sur les importations de cette denrée actuellement de 5 %, a indiqué le secrétaire aux finances, Ashok Chawla. Signe de grande détresse, l'Inde a déjà commencé à importer des oignons du Pakistan, son frère ennemi voisin, pour soulager les consommateurs indiens frustrés.

Tous les ténors de la scène politique indienne y sont allés de leur déclaration. Le premier ministre Manmoyan Singh, déjà préoccupé par un scandale de corruption impliquant la vente de licences de téléphonie mobile en 2008, s'est débarrassé de la « patate chaude » sur son ministre de l'agriculture qu'il a pressé de faire le nécessaire pour refroidir le prix de l'oignon. Rahul Gandhi, secrétaire général du Congrès, le parti au pouvoir; et fils de Sonia Gandhi à l'avenir politique prometteur, a affirmé que le gouvernement allait «tout faire pour diminuer les prix».

À l'approche d'une série d'élections locales l'an prochain, le parti d'oppotion est en embuscade, prêt à exploiter ce nouvel argument pour priver le Congrès d'une partie de son soutien.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/12/2010 à 9:09 :
Le " grand tigre" d'Asie à la tête, et les pieds pourris surtout quand il est riche !
Quand un étranger se promène dans ces contrées, il est regardé avec commisération, et insulté souvent à petite voix, car il n?a pas la « grande » spiritualité! Mais enfin, on ne peut pas comprendre n?est-ce pas Ganesh ? Bonne chance pour toi!
a écrit le 27/12/2010 à 2:19 :
En Inde, c'est bordel, corruption et assasinat en permanence. Je préfère rester en France même si je suis au chomage.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :