VIDEO Tunisie : cinq nouveaux morts dont un franco-tunisien malgré le couvre-feu, les images de BFM TV

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Les émeutes en Tunisie ont fait cinq nouveaux morts, dont un franco-tunisien, malgré le couvre-feu décrété mercredi soir. Un peu plus tôt, le président Zine el Abidine Ben Ali avait limogé son ministre de l'Intérieur et fait libérer les personnes arrêtées ces derniers jours. Découvrez les images exclusives de BFM TV sur place.

Cinq personnes ont trouvé la mort mercredi soir dans de nouveaux affrontements en Tunisie, rapportent des témoins. Des heurts ont opposé forces de l'ordre et manifestants qui bravaient le couvre-feu décrété à Tunis.

Un franco-tunisien, enseignant à l'université de Compiègne (Oise), a été tué par balles mercredi dans les violences qui secouent la Tunisie, écrit ce jeudi le quotidien Le Parisien. Hatem Bettahar, 38 ans, marié et père d'un enfant, maître de conférences en génie informatique, était en vacances à Douz, ville du sud de la Tunisie. Il a été tué par balles par la police ou l'armée dans des circonstances indéterminées, déclare le quotidien.

Les morts en Tunisie obligent Ben Ali à lacher du lest

Le président tunisien Zine el Abidine Ben Ali a changé son ministre de l'Intérieur et ordonné une enquête sur des actes de corruption présumée concernant des responsables publics, a annoncé mercredi le Premier ministre. Il a également ordonné la libération de toutes les personnes détenues depuis le début des troubles en Tunisie, a ajouté Mohamed Ghanouchi devant la presse.

Un mouvement de contestation sans précédent dans les 23 années au pouvoir de Ben Ali dure depuis près d'un mois en Tunisie. L'agitation a gagné mardi soir la capitale, Tunis .

Le ministère de l'Intérieur tunisien a annoncé la mort lundi de quatre nouveaux émeutiers à Kasserine, dans le centre-ouest du pays, portant le bilan officiel des troubles à 20 morts, auxquels il faut ajouter deux suicides. Ce bilan est de 23 morts, selon Amnesty International, et la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) fait état de 35 morts depuis le début du mouvement, le 18 décembre à Sidi Bouzid.

Des manifestants à Kasserine ont attaqué des postes de police avec des barres de fer et des cocktails Molotov et les policiers ont répliqué, a dit le ministère de l'Intérieur, sans préciser la nature de la réponse policière. Huit agents ont été blessés ou brûlés selon les autorités.

D'après plusieurs témoins dans les villes défavorisées d'El Kef et de Gafsa, le discours télévisé de Ben Ali, qui a promis de créer 300.000 emplois en deux ans, a été suivi de manifestations dispersées à coups de gaz lacrymogènes par la police anti-émeutes.

De violentes manifestations se sont également produites lundi dans la ville côtière de Bizerte, pour la première fois depuis le début de l'agitation sociale fin décembre.

Le déploiement de l'armée a semblé porter ses fruits à Thala, Kasserine, Seliana, Regueb et Meknassi, où aucune émeute nouvelle n'a été rapportée.

Les hôpitaux débordent...

"Le bilan n'évolue pas, Dieu merci, de façon dramatique mais d'après les images que nous voyons, ce qui se passe à Kasserine, Regueb et Thala est absolument terrible", a dit à Reuters Souhayr Belhassen, présidente tunisienne de la FIDH. "On ne connaît pas le nombre des blessés, en tous cas les hôpitaux de Sfax et de Kairouan débordent, on les envoie maintenant sur Tunis", a-t-elle ajouté. Plusieurs arrestations ont eu lieu dans le milieu des bloggueurs et des opposants politiques, a-t-elle dit.

Les violences ont été qualifiées par le président Ben Ali d'"acte terroriste (...) dirigé par des éléments étrangers". Pour endiguer la contestation étudiante, le gouvernement a ordonné la fermeture de toutes les écoles et universités du pays à partir de mardi et jusqu'à nouvel ordre.

Le gouvernement tunisien est confronté à une mobilisation persistante, et sans équivalent en 23 ans de pouvoir du président Ben Ali, qui se double d'une pression diplomatique nouvelle depuis l'annonce du lourd bilan humain du week-end.

La vie a paru reprendre son cours normal à Tunis, où, fait rare, des étudiants ont manifesté lundi, suivis par des journalistes ce mardi, aux cris de "Liberté pour la presse tunisienne".

Pression diplomatique

Après le discours télévisé de Ben Ali lundi soir, le second depuis le début de la crise, les Tunisiens ont commencé à se présenter au compte-gouttes dans les agences d'emploi. Le président Ben Ali a annoncé une création globale de 300.000 emplois d'ici la fin 2012, dont 50.000 dans le secteur privé en échange de réduction d'impôts et de cotisations sociales pour les employeurs pendant dix ans.

Le gouvernement a également contesté lundi les accusations de restriction des libertés publiques, qui ne viennent plus des seules ONG.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a dit son inquiétude devant l'escalade de la violence et appelé à la retenue.

L'Union européenne a également appelé lundi "au respect des libertés fondamentales", tandis que Paris, partenaire historique de Tunis, déplorait pour la première fois les violences et le bilan humain des affrontements du week-end.

Mardi, la ministre française des Affaires étrangères a répondu à une question de l'opposition à ce sujet lors de la séance de questions d'actualité à l'Assemblée nationale. Michèle Alliot-Marie a souligné, à propos de ce qu'elle a présenté comme "des mouvements sociaux", qu'"on ne peut que déplorer qu'il puisse y avoir des violences qui concernent des peuples amis".

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