Les premiers pas politiques hésitants des rebelles libyens

Le Conseil national de transition libyen était à Londres pour la conférence internationale sur l'avenir du pays. Son organisation demeure très balbutiante.

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Les deux porte parole du Conseil National de Transition. A gauche, Guma El-Gamaty. A droite, Mahmoud Shammam.
Les deux porte parole du Conseil National de Transition. A gauche, Guma El-Gamaty. A droite, Mahmoud Shammam.

Les rebelles libyens ont pour la première fois tenté d?exposer un visage politique au reste du monde ce mardi. Celui-ci a été incarné par deux hommes en costume-cravate, opposants de très longue date et en exil depuis 35 ans, qui ont tenu une conférence de presse à Londres.

Ils représentaient le Conseil National de Transition (CNT), reçu ce mardi dans la capitale britannique pour la conférence internationale sur le Libye. Mais, détail important, le CNT ne faisait pas partie des discussions entre la quarantaine de pays présents. Ses représentants ont été reçus par les ministres des affaires étrangères britannique, français, américain et allemand, mais c?était des rencontres bilatérales.

Cette ambiguïté de la communauté internationale vient de la question qui était sur toutes les lèvres : qui est ce Conseil National de Transition (CNT) ? Et pour commencer, qui sont ses deux porte-parole ? Le premier était Mahmoud Shammam, chargé de presse du CNT. Vivant entre Washington et Doha, il était encore récemment journaliste, directeur du respecté Foreign Policy magazine. Le second est Guma El-Gamaty, activiste vivant à Londres, qui s?occupe désormais des relations entre Londres et le CNT.

Les deux porte-parole ont aussi dévoilé les grandes lignes de ce qu?est le CNT. Il est dirigé par Mahmoud Jabril, présent à Londres ce mardi. L?homme, qui a fait ses études aux Etats-Unis, est un ancien du régime de Kadhafi, ayant longtemps dirigé le Bureau du développement économique national, un organisme chargé de mener les réformes économiques de la Libye. Dans un câble diplomatique de 2009 révélé par Wikileaks, les Américains le décrivaient comme « un interlocuteur sérieux qui ?comprend? le point de vue américain ».

Au-delà, le CNT est composé de 33 membres, choisis par les comités populaires locaux de toutes les villes du pays. Seul problème : la plupart des noms ne sont pas révélés, pour « des raisons de sécurité ». Il y aurait « 3-4 femmes » et au moins deux anciens ministres de Kadhafi.

Le CNT se dit ouvert aux membres du régime de Kadhafi qui feraient défection : « si nous isolions les gens qui ont travaillé pour Kadhafi, il ne resterait plus que ceux qui vivent à l?étranger. » En revanche, pas question de trouver un compromis avec Kadhafi et sa famille : « l?idéal serait un procès contre lui en Libye. »

Le CNT insiste également qu?il n?est qu?un organisme de transition, qui doit surpeviser la rédaction d?une constitution, qui mènerait à des élections. Mais, dix jours après le début de l?intervention militaire occidentale, le chemin pour y arriver demeure très flou.
 

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Commentaires 3
à écrit le 30/03/2011 à 10:55
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Si cela n'était pas aussi dramatique, on serait amusé de voir l'intox et la psychologie employées par l'Occident pour justifier une intervention militaire des troupes de l'OTAN. Général Sarkonaparte 1er sait que si l' on ne se débarrasse pas de Kadha...

le 30/03/2011 à 11:43
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le peuple français est pris en otage par le biais de la propagande. Il approuve cette intervention, croyant aux boniments de Sarko et de BHL. la propagande est faite pour cela, et elle fonctionne a merveille. A l'étranger (en Russie par exemple), nou...

à écrit le 29/03/2011 à 22:14
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Lose French, lose

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