Libye : Kadhafi lâché par l'un de ses fidèles

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A peine arrivé sur le sol londonien mercredi soir, Moussa Koussa, ministre des Affaires étrangères libyen, a annoncé démissionner de ses fonctions. Précédemment chef du renseignement, il était l'une des figures du gouvernement Kadhafi. Cette défection fragilise encore un peu plus le régime du colonel. Londres exclut pour l'heure de lui offrir l'immunité.

Le régime libyen du Colonel Kadhafi prend du plomb dans l'aile avec la défection du ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa. Ce dernier a en effet attendu d'arriver à Londres pour faire son annonce et ce, juste après un voyage privé de 48 heures en Tunisie.

"Il est l'un des conseillers en qui Kadhafi avait le plus confiance", a déclaré à la chaîne de télévision France 24 l'ancien ministre libyen de l'Immigration Ali Errishi. Pour ce dernier, "C'est un signe que les jours (du régime de Kadhafi, ndr) sont comptés" insistant sur le fait que le dirigeant Mouammar Kadhafi n'a plus personne sur qui compter. Le Foreign Office à Londres encourage d'ailleurs "ceux de l'entourage de Kadhafi à le quitter".

William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères a déclaré que Londres ne lui offrira pas l'immunité.

Avant lui, plusieurs hauts responsables du régime ont fait défection. L'un d'entre eux, le ministre de la Justice Moustapha Abdeljalil, a changé de camp. Il est désormais à la tête du Conseil national de transition, l'organe politique des insurgés.

Agé de 59 ans, Moussa Koussa a été le chef des services de renseignements pendant 15 ans, de 1994 à 2009 et homme de confiance du Colonel Kadhafi. Depuis plusieurs années, il s'est employé à tenter de redorer le blason de la Libye aux yeux de l'Occident. En 2007, il intervient dans la libération des infirmières bulgares; Avant cela, il s'est surtout illustré dans le dossier sur l'indemnisation des familles des victimes des attentats de Lockerbie en 1988 faisant 270 morts, ainsi que du Dc-10 d'Uta l'année suivante.

Sans confirmer cette défection, Tripoli a déclaré que le régime de Mouammar Kadhafi "ne dépendait pas d'individus". "C'est la lutte de toute une nation. Elle ne dépend pas d'individus ou de responsables quel que soit leur rang", a indiqué Moussa Ibrahim, le porte-parole du régime. Ce dernier organise une conférence de presse dans la journée. Quant à la présence de Kadhafi et ses fils sur le sol libyen, il a déclaré: "rassurez-vous, nous sommes tous ici. Nous allons rester ici jusqu'à la fin. C'est notre pays. Nous sommes forts sur tous les fronts".

Pas de signe de faiblesse des troupes de Kadhafi sur le terrain

Mercredi, la coalition internationale a mené un raid aérien contre les forces du colonel Kadhafi à l'ouest d'Ajdabiya. Mais les insurgés souhaitent que les frappes internationales reprennent afin de les aider à atteindre Syrte (360 km à l'est de Tripoli), la ville natale du colonel Kadhafi. La résistance des troupes de Kadhafi empêche en effet les rebelles de progresser et de s'emparer de cette ville.

Par ailleurs, les forces loyalistes ont repris mercredi le port pétrolier de Ras Lanouf situé à 370 km à l'ouest du fief des rebelles Benghazi, et progressé vers Brega.

L'Otan coordonne désormais la coalition multinationale

Pendant ce temps, en Libye, l'Otan a pris ce jeudi le commandement des opérations armées sur le terrain, succédant ainsi à la coalition multinationale. Alors que Paris, Washington et Londresn'excluent pas d'armer les rebelles, Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l'Otan, s'y oppose et se cantonne à vouloir protéger le peuple libyen. "En ce qui concerne l'Otan, et je parle au nom de l'Otan, nous nous concentrerons sur la mise en place d'un embargo sur les armes et le but clair d'un embargo sur les armes est de stopper l'entrée d'armes dans le pays", a-t-il dit.

"L'alliance a tous les moyens en place pour conduire ses missions sous le chapeau de l'opération "Protecteur unifié": l'embargo sur les armes, la zone d'exclusion aérienne, et les actions destinées à protéger les civils et les centres urbains", a affirmé Fogh Rasmussen.

Les Emirats Arabes Unis rejoignent la coalition

Gérard Longuet, le ministre français de la Défense a confirmé ce jeudi la participation des Emirats arabes unis à la coalition internationale. Il a ajouté qu'ils avaient envoyé des avions depuis une base située en Sardaigne.

Avec le Qatar, les Emirats arabes unis sont les deux seuls pays arabes à s'être joints aux opérations militaires en Libye.

Le check Qatar, Hamad Ben Khalifa A-Thani, également associé aux opérations militaires en Libye, a expliqué que "les souffrances des civils en Libye ont amené la communauté internationale à intervenir en raison de l'inaction de la Ligue arabe qui était supposée assumer un tel rôle". Ce conflit est "l'affaire des Arabes" et leur implication dans les efforts internationaux "devrait être plus conséquente", a-t-il insisté. Jusqu'à maintenant, la Ligue arabe soutient la résolution de l'ONU autorisant une intervention dans le pays.

Premier pays arabe à participer aux opérations militaires internationales en Libye, puis à reconnaître le Conseil national de transition (CNT) dans ce pays, le Qatar réunira le Groupe de contact issu de la Conférence internationale de Londres.

Plusieurs morts parmi les civils selon le Vatican

"Les prétendus raids humanitaires ont tué des dizaines de victimes civiles dans certains quartiers de Tripoli", a déclaré Innocenzo Martinelli, le vicaire apostolique de Tripoli cité jeudi par l'agence missionnaire du Vatican Fides. "J'ai réuni des récits de témoins dignes de foi. Dans le quartier de Bouslim notamment, un immeuble résidentiel s'est écroulé en raison des bombardements, provoquant la mort de 40 civils", a-t-il dit.

Une information que ne confirme pas le camp allié.

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Commentaires
a écrit le 31/03/2011 à 14:03 :
C'est une opération humanitaire, on vous l'a dit, Jupé en tête. Comme en Irak, an Afghanistan, et ailleurs. Les milliers ou dizaines de milliers de civils tués, les assassinats, de regrettables et inévitables bavures. Le fait est que la valeur des humains semblent différer en fonction de leur religion ou nationalité.

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