Ben Bernanke : "Un dollar fort est dans l'intérêt des Etats-Unis"

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Au cours de sa première conférence de presse, le président de la Réserve fédérale a expliqué que le ralentissement de la croissance ne devrait être que temporaire, tout comme la hausse des prix.

"Ces derniers années, la Réserve fédérale a cherché être plus transparente vis-à-vis du public et des marchés pour les aider à comprendre notre action. Tenir une conférence de presse est une étape supplémentaire". A Washington, Ben Bernanke, le président de la Fed, a répondu ce mercredi soir aux questions de la presse. Une première dans l'histoire de l'institution presque centenaire.

Cette intervention a duré environ une heure, plus que les 45 minutes initialement prévues. Elle n'a cependant eu qu'un impact limité à Wall Street, où les gains de la journée se sont modérément renforcés. En revanche, le dollar est nettement reparti à la baisse au cours de la conférence de presse, touchant même un nouveau plus bas de trois ans face aux six principales devises.

Le président de la Réserve fédérale a pourtant plaidé pour un dollar "fort et stable". "C'est dans l'intérêt des Etats-Unis et de l'économie mondiale", a-t-il expliqué. Pour soutenir la monnaie américaine, il faut créer les conditions nécessaires à la mise en place de "fondamentaux", a-t-il poursuivi. Cela passe par le maintien de l'inflation à un niveau faible et par une croissance économique forte.

"La reprise reste lente", a concédé Ben Bernanke, qui a présenté en préambule les nouvelles prévisions de la Réserve fédérale pour l'économie américaine. La banque centrale ne table plus que sur une croissance comprise entre 3,1% et 3,3% cette année, contre une précédente fourchette allant de 3,4% à 3,9%. "Le premier trimestre a été faible mais en raison de facteurs transitoires comme la baisse des dépenses de la Défense, la balance commerciale ou la météo", a-t-il expliqué.

Sur l'inflation, la Fed a nettement revu à la hausse ses prévisions, misant désormais sur un bond allant de 2,1% à 2,8% des prix cette année. Elle n'attendait précédemment qu'une inflation limitée à 1,3%-1,7%. Mais pour Ben Bernanke, cette hausse de l'indice des prix à la consommation est "transitoire": elle devrait "se calmer quand les cours du pétrole se stabiliseront". "Les perspectives d'inflation à long-terme restent stables", a-t-il répété à plusieurs reprises.

Alors que bon nombre d'Américains s'inquiètent de voir les prix à la pompe grimper irrémédiablement, "la Fed ne peut pas faire grande chose pour lutter contre cette hausse", a admis son président, citant des facteurs extérieurs comme la hausse de la demande dans les pays émergents et l'impact sur l'offre des tensions en Libye et au Moyen-Orient.

Interrogé à plusieurs reprises sur QE2, la deuxième phase du programme d'assouplissement quantitatif mise en place par la Fed et qui se terminera fin juin, Ben Bernanke a estimé que cet arrêt programmé "n'aura pas d'impact important sur les marchés et sur l'économie". "Nous pensons que QE2 a été efficace compte tenu de nos objectifs, a-t-il également indiqué. C'était une étape importante mais elle n'allait pas résoudre tous les problèmes du pays". Il a par ailleurs indiqué que la Fed n'avait pas encore de calendrier pour relever ses taux.

Parmi ces problèmes, Ben Bernanke a cité la dette fédérale, un peu plus d'une semaine après l'avertissement lancé par l'agence de notation Standard & Poor's. Si aucun effort n'est réalisé, "le déficit budgétaire ne sera pas soutenable à long terme", a-t-il reconnu, saluant la volonté des démocrates et des républicains de se saisir du dossier. Mais "c'est un problème à long terme qui réclame des solutions à long terme", estime le président de la Fed, appelant implicitement le Congrès à ne pas prendre des mesures trop extrêmes.

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Commentaires
a écrit le 28/04/2011 à 9:07 :
c'est ce qu'on appelle se foutre du monde. Il fabrique de la monnaie de singe et il déclare avec un aplomb extraordinaire que les USA et le monde ont besoin d'un dollar fort. Plus cynique que ça c'est impossible
Réponse de le 08/05/2011 à 7:06 :
Bien d'accord avec vous mais si j'étais Ben, je ferais comme lui. Il n'y a pas d'autre solution que de laisser filer le dollar, les choses étant ce qu'elles sont !
a écrit le 28/04/2011 à 1:09 :
C'est quand même se moquer du monde que de tenir de tels propos vu sa politique monétaire.
a écrit le 27/04/2011 à 22:17 :
C'est faux et il le sait. 1) un dollar faible favorise les exportations américaines et 2) les Américains ont mis en pension chez les autres des dollars à 1 pour 1, et s'ils dévaluent, ils remboursent 10 cents pour 1 (ou quelque chose comme cela). Un dollar très faible est donc la politique a continuer.
Réponse de le 28/04/2011 à 7:20 :
D'accord, Patrick B, mais il doit quand meme faire attention car si le dollar perdait son statut de valeur refuge..........

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