Les Etats-Unis sanctionnent le président syrien

L'administration Obama a décidé de geler les avoirs de Bachar al Assad, accusé d'atteintes aux droits de l'homme dans la répression des manifestations démocrates,
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Les Etats-Unis ont infligé mercredi des sanctions au président syrien Bachar al Assad, accusé d'atteintes aux droits de l'homme dans la répression des manifestations démocrates.

Les Etats-Unis et l'Union européenne, qui ont infligé récemment un premier train de sanctions aux dirigeants syriens, avaient épargné Bachar al Assad, que les puissances occidentales s'efforçaient de réhabiliter depuis trois ans.

Les nouvelles mesures, qui concernent les avoirs détenus aux Etats-Unis ou sous juridiction américaine, marquent donc une étape majeure dans la confrontation avec Washington et ses alliés.

"Le président Assad se trouve devant deux alternatives claires: soit il supervise la transition vers la démocratie, soit il s'en va", a résumé un haut fonctionnaire américain s'adressant à la presse.

Ces sanctions, explique quant à lui Barack Obama dans une lettre adressée aux parlementaires, "répond à l'escalade continue des violences faites au peuple syrien".

"Les initiatives que l'administration a prises aujourd'hui signifient clairement au président Assad, à la hiérarchie syrienne et aux membres du régime qu'ils seront comptables de la violence et de la répression en Syrie ", souligne David Cohen, sous-secrétaire d'Etat chargé de la lutte antiterroriste et des renseignements financiers, dans un communiqué.

"Le président Assad et son régime doivent immédiatement mettre fin à la violence, répondre aux appels des Syrie ns en faveur d'un gouvernement plus représentatif et s'engager sur la voie de réformes démocratiques significatives", ajoute-t-il.

Selon les mouvements syriens de défense des droits de l'homme, la répression de la vague de contestation sans précédent partie de Deraa, dans le Sud, le 18 mars, a coûté la vie à plus de 700 civils.

Outre le chef de l'Etat, le gel des avoirs annoncé par le Trésor américain concerne le vice-président Farouk al Chara, le Premier ministre Adel Safar, le ministre de l'Intérieur Mohammed Ibrahim al Chaar, celui de la Défense Ali Ali Habib, ainsi que le chef des services de renseignement militaires Abdoul Fatah Qoudsiya et le directeur de la sécurité politique Mohammed Dib Zaïtoune.

Les autorités américaines n'ont fourni aucune évaluation des avoirs concernés, mais, pour Haïsam al Maleh, figure de l'opposition syrienne, "les membres du régime sont désormais en état de siège". 

"Toute initiative de la communauté internationale peut aider le peuple syrien à poursuivre le soulèvement", a-t-il déclaré à Reuters.

A Bruxelles, les Etats membres de l'Union européenne se sont entendus mardi pour étendre les sanctions mais ne décideront que la semaine prochaine si Bachar al Assad fait partie des personnalités visées, a-t-on appris de sources diplomatiques.

La Suisse a elle aussi annoncé mercredi le gel des avoirs de 13 dirigeants syrie ns, à l'instar de l'Union européenne.

Selon Alain Juppé, chef de la diplomatie française, Paris et Londres sont par ailleurs sur le point de réunir les neuf voix nécessaires à l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu concernant la Syrie . "Nous sommes encore menacés d'un veto russe et d'un veto chinois", a-t-il toutefois ajouté.
 

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Commentaire 1
à écrit le 19/05/2011 à 15:21
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on aurait bien voulu savoir les vrais chiffres de ces avoirs. on auriat souhaité une europe unie contre la dictature. le peuple syrien mène son combat tout seul dans l'ombre des médias!!!

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