"Les oppositions idéologiques restent plus fortes que la recherche du compromis"

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Robert Shapiro Professeur de sciences politiques à l'université de Columbia.

Pensez-vous qu'un accord sera trouvé avant le 2 août ?

C'est difficile à dire tant les choses évoluent vite, mais j'ai malgré tout le sentiment que les démocrates et les républicains finiront bien par s'entendre pour relever le plafond de la dette à temps. Je suis surpris par la fermeté des républicains car le plan de 4.000 milliards de dollars proposé par Barack Obama inclut des coupes et des changements substantiels, notamment sur le programme de santé Medicare. Mais les républicains demeurent inflexibles sur une hausse des impôts des Américains les plus riches. Les oppositions idéologiques restent plus fortes que la recherche du compromis. En revanche, l'alternative proposée par le républicain Mitch McConnell pourrait fournir une solution à court terme, minimale et acceptable pour certains républicains. L'idée est de faire porter la responsabilité des coupes budgétaires impopulaires sur Barack Obama. Le problème est que, pour le moment, le mouvement ultralibéral du Tea Party continue à faire obstruction à ces propositions, qui, a son sens, ne vont pas assez loin.

Quel camp aurait le plus à perdre si aucun compromis n'émergeait à temps ?

Je pense qu'il serait plus facile pour Barack Obama d'accuser le parti républicain de cet échec que l'inverse. Obama pourrait avancer qu'il a tenté plus fortement de trouver un compromis quand ses adversaires refusaient de discuter la remise en cause des avantages fiscaux des ménages aisés et des grandes entreprises.

Quel peut être l'impact de ses longues négociations sur la primaire républicaine ?

Elles vont forcer les candidats à prendre des positions claires sur la dette et sur les solutions à y apporter. Si des hausses d'impôts sont acceptées par le Congrès, cela pourrait profiter aux candidats les plus conservateurs, ceux du Tea Party, qui vont adopter un ton très ferme envers la fiscalité et le gouvernement, et dont les partisans se mobilisent plus facilement lors des primaires.

Ce qui ferait le jeu de Barack Obama en vue de sa réélection...

Oui. C'est l'un des enseignements de la campagne de 2008 : le candidat républicain doit être plus modéré. Il serait beaucoup plus facile pour Obama de battre un adversaire conservateur. Mitt Romney ou John Huntsman, plus modérés, présentent d'ailleurs de bien meilleures chances de succès. De toute façon, une grande partie de l'élection dépendra de l'évolution du taux de chômage d'ici au scrutin. S'il ne baisse pas, il sera très difficile pour Obama d'être réélu.

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a écrit le 18/07/2011 à 10:35 :
Il serait temps que l'idéologie cède le pas au réalisme. Ceci est également valable pour l'Europe. Quand on a plus d'argent, on se serre la ceinture. C'est ce que font tous les jours les adultes responsables. Même si l'on doit passer par une période douloureuse, c'est à dire réduire (un peu) notre standard (éxagéré) de vie (je parle de la classe aisée), ce ne serait pas si grave que cela.
Un exemple: Changer sa Porsche Cayenne S pour une normale, passer ses vacances à proximité plutôt que de l'autre côté du monde, consommer des produits de saison et non pas des spécialités exotiques etc. Si grave que cela ?
Réponse de le 18/07/2011 à 17:22 :
La dette américaine doit beaucoup aux expéditions guerrières et aux allègements fiscaux en faveur des plus aisés.
a écrit le 18/07/2011 à 10:13 :
Quelle curieuse manière de présenter les choses... comme si la recherche du compromis était une obligation (que respecterait la gauche par exemple) et que le juste milieu serait une position meilleure que l'une ou l'autre des deux.
La réalité est bien différente.
Il s'agit pour une partie de l'électorat américain de dire aux politiques qu'ils ne peuvent indéfiniment acheter leur pouvoir en monétisant leur clientèlisme.
Les tenants du compromis ne sont pas pour un juste milieu. Non. Ils sont juste pour continuer encore un peu en promettant que ça ira mieux demain. Comme depuis 30 ans.

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