Banques et assurances s'en sortent bien

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Certaines d'être remboursées à échéance, elles ne supporteront en fait que des pertes très limitées.

La participation des créanciers privés au sauvetage grec est donc actée. Mais l'estimation de son impact sur leurs comptes se révèle difficile, puisque, en principe, cette participation relève d'un acte volontaire, laissant aux créanciers le choix entre quatre options. Que l'on peut résumer ainsi : primo, un échange des titres actuels contre des obligations à 30 ans et à coupon réduit, mais qui seront remboursés dans leur intégralité; secundo, un échange de papier contre des titres réduits à 80 % de leur valeur contre de nouvelles obligations à 15 et 30 ans. La décision des créanciers de choisir l'une ou l'autre option dépendra sans doute avant tout de la maturité de leurs titres.

Cependant, l'accord européen du 21 juillet a entériné quelques principes de participation des créanciers privés à l'effort collectif, sur le modèle proposé par le principal lobby bancaire, l'Institut de la finance internationale (IFI): ils devraient en principe consentir un effort équivalant à 21 % de la valeur actualisée nette (VAN) des titres qu'ils détiennent. Ce qui, sur un montant de 135 milliards d'euros de dettes publiques grecques détenues à fin 2010 par les établissements, représente une valeur théorique de 28,4 milliards.

Effort « surmontable »

Seulement, c'est un peu plus compliqué. Car, « si l'on en croit les résultats des tests de résistance menés très récemment sur 90 banques européennes, remarque Cyril Regnat de chez Natixis, 67 % de cette dette est comptabilisée à sa valeur de remboursement à échéance. Or cette valeur est aujourd'hui garantie par le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Sur les nouveaux titres, il n'y aura donc pas de pertes comptables, seulement une baisse de leur valeur financière, calculée en VAN. » « S'il y a de véritables pertes, et en dehors des pertes liées aux décotes, ce ne sera que sur les titres comptabilisés à leur valeur de marché, et qui seront échangés contre du papier à 80 % de leur valeur », explique encore Cyril Regnat. Une décote moindre donc que celle du marché, et qui va permettre aux établissements de limiter leurs pertes. À supposer, comme l'a retenu l'IFI, que la moitié des titres soient apportés à l'échange, la perte ne sera donc que de 20 % de 67,5 milliards, soit 13,5 milliards. Ce qui, sur l'ensemble des créanciers, est une goutte d'eau... On comprend le « ouf ! » de soulagement des banques dans toute l'Europe. Comme en Allemagne, où le secteur devrait perdre 5 à 6 milliards d'euros, soit un effort « surmontable » selon le mot du président de la Fédération des banques privées, Michael Kemmer. Ou encore des assureurs français, pour qui « l'impact sera limité ». Eux qui craignaient de se voir imposer l'intransigeance de la chancelière allemande, et qui redoutaient une effroyable contagion à tous les pays fragiles, les voilà donc bien soulagés !

 

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