Etats-Unis : la croissance du deuxième trimestre revue à la baisse

La première économie mondiale a progressé de 1% au deuxième trimestre, contre +1,3% en première estimation.

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Le taux de croissance du PIB des Etats-Unis a été revu officiellement en nette baisse vendredi, moins de deux heures avant un discours très attendu du président de la banque centrale du pays (Fed) devant faire le point sur les perspectives de la première économie mondiale. Au deuxième trimestre, le produit intérieur brut américain a progressé de 1% en rythme annuel par rapport aux trois mois précédents, a indiqué le département du Commerce, revoyant ainsi en baisse de 0,3 point sa première estimation de la croissance du printemps publiée fin juillet. Les analystes tablaient sur une révision du taux moins forte, à 1,1%, selon leur prévision médiane.

Le rapport du ministère précise que la nouvelle estimation reflète une révision à la hausse du ralentissement des stocks, et à la baisse des exportations. Ces deux éléments négatifs n'ont été compensés qu'en partie par des révisions à la hausse de l'investissement privé hors logement et de la consommation des ménages. Cette dernière n'a néanmoins progressé que de 0,4% par rapport aux trois mois d'hiver, ce qui est sa progression la plus faible depuis la fin de la récession aux Etats-Unis, en juin 2009.

"L'économie américaine n'était pas assez forte pour absorber plusieurs chocs à la fois", avance Omair Sharif, économiste chez RBS Securities. La flambée des cours du pétrole, l'assèchement de la chaîne d'approvisionnement industriel après la catastrophe au Japon et la crise de la dette européenne : une accumulation à laquelle n'a pas résisté la fragile reprise économique. Au-delà de ces facteurs permanents, les États-Unis ne se sont en réalité toujours pas remis de la plus grave récession de l'après guerre. "Cela pourrait encore prendre deux ou trois ans de plus", poursuit Omair Sharif. Car, les prix de l'immobilier n'en finissent plus de reculer, le chômage peine à se résorber et les dépenses de consommation, principal moteur de la croissance, ne redécollent pas.

"Les salaires sont restés stables au deuxième trimestre, analyse-t-il. Or, les consommateurs sont aujourd'hui beaucoup plus dépendants de leurs revenus qu'ils ne l'étaient avant la crise, soit parce qu'il est plus difficile d'obtenir un crédit, soit parce qu'ils cherchent toujours à se désendetter". Certes, l'encours des crédits à la consommation restent sur neuf mois consécutifs de hausse. Mais, selon FirstData, une société de services de paiement électronique, une part croissante de ces emprunts sert à financer l'achat de biens de première nécessité.

"Les États-Unis se rapprochent dangereusement de la récession", écrivait la semaine dernière les économistes de Goldman Sachs, en abaissant pour la troisième fois de l'été leurs prévisions de croissance pour le reste de l'année. L'activité ne devrait progresser que de 1 % au troisième trimestre et de 1,5 % lors des trois mois suivants, prédisent-ils. Un pessimisme qui contraste avec quelques statistiques macro-économiques plutôt encourageantes.

Dernier exemple en date : les commandes de biens durables qui ont bondi de 4 % en juillet pour atteindre leur plus haut niveau en trois ans. Mais, les commandes de biens d'équipement, hors défense et aviation, ont reculé de 1,5 % le mois dernier. "La chute des marchés boursiers et le renforcement des craintes de récession ont sûrement amené des entreprises à annuler des commandes en août", prévient en outre Kenneth Polcari d'Icap Securities. Et cela a également pesé sur le moral des ménages, et donc certainement sur la consommation.

Dans ce contexte, aucune éclaircie n'est attendue sur le marché de l'emploi, Goldman Sachs tablant même sur un taux de chômage de 9,25 % fin 2012. Et ce ne sont pas les mesures homéopathiques qu'annoncera début septembre Barack Obama qui semblent pouvoir changer la donne. L'enjeu est pourtant capital pour le locataire de la Maison-Blanche : jamais de l'histoire, un président américain n'a été réélu avec un tel niveau de chômage.

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