La dette italienne à nouveau sous pression

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Le résultat mitigé de deux adjudications de dette à 3 mois et 1 an a mis les titres de dette italiens sous pression ce lundi. Rome doit émettre ce mardi des titres à échéance 2018 et 2020.

Les tensions entourant la dette italienne repartent de plus belle. Ce lundi, Rome a dû concéder des taux d?emprunt en nette hausse à l?occasion de deux adjudications d?obligations à court terme.

L?Etat italien a placé un total de 11,5 milliards d'euros de titres, dont 7,5 milliards de d?obligations à 1 an à un taux de 4,153%, contre 2,959% lors de la précédente opération similaire réalisée le 10 août. Sur les titres à 3 mois, le taux d?emprunt est ressorti à 1,907% contre 1,034% lors de la dernière émission de même échéance. Si l?envol de ces taux d?emprunt traduit sans conteste le regain d?inquiétude sur la solidité de la signature italienne, la comparaison de taux est néanmoins en partie biaisée par le calendrier.

L?adjudication à 1 an italienne conclue le 10 août était ainsi intervenue deux jours après le lancement des achats massifs de dette italienne décidée par la Banque centrale européenne (BCE) pour enrayer les craintes de contagion systémique de la crise à l?Italie et à l?Espagne, les troisième et quatrième économie de la zone euro. Concernant l?opération à 3 mois, la dernière émission comparable date du 10 mars dernier.

La demande des investisseurs faiblit

Au-delà du niveau des taux d?emprunt, encore soutenable pour le Trésor italien, c?est surtout la relative faiblesse de la demande des investisseurs qui met en danger la capacité de refinancement de l?Italie. La demande a totalisé 18,9 milliards d?euros, soit moins de 1,7 fois le montant effectivement émis par l?Italie. Les adjudications italiennes à échéance 2018 et 2020 attendues mardi seront scrutées avec attention par les intervenants, car elles constitueront un test important pour la capacité de refinancement de Rome.

Le résultat mitigé de ces adjudications a mis les titres de dette italiens sous pression ce lundi, et des traders ont indiqué que la BCE était à la man?uvre sur le marché obligataire italien pour soutenir les cours. Evoluant en sens inverse des prix, le taux des obligations à 10 ans italiennes augmentait de 5 points de base, à 5,46%, après avoir grimpé jusqu?à 5,53%.

55 milliards d'euros depuis le 8 août

Le 8 août, la BCE a lancé un programme d?achat sur les titres italiens et espagnols pour éviter que les deux pays doivent demander, à l?instar de la Grèce, une assistance financière pour faire face à l?envolée de leur taux d?emprunt. Après avoir bondi au-delà de 6%, les taux à 10 ans espagnols et italiens avaient nettement baissé dans le sillage de l?intervention, qui a pour l?instant totalisé 55 milliards d?euros depuis début août tous pays confondus.

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Commentaires
a écrit le 05/10/2011 à 6:00 :
C'est peut être le commencement de la fin...de l'Europe. Cela ressemble en effet à la Berézina. L'or risque de prendre l'ascenseur pour une envolée vers des sommets. L'Europe s'enfonce dans une profonde misère. Si elle ne bénéficiait des structures acquises comme les routes, les écoles, les hôpitaux, etc. elle ferait jeu égal avec les pays du tiers-monde. Plus de perspectives pour la jeunesse sauf le chômage. (Livre "les corps indécents") La croissance est illusoire. C'est la fin d'une époque.
a écrit le 12/09/2011 à 16:51 :
Je rappelle à toutes fins utiles le viol par la BCE des articles 123 du traité de Maastricht et 215 du traité de Lisbonne qui interdisent le rachat de dettes souveraines par la banque centrale. Juste au cas où ...
Réponse de le 12/09/2011 à 17:12 :
la nouvelle règle d'or est de violer les règles d'or antérieures .
a écrit le 12/09/2011 à 16:50 :
Non, 4,15 % c'est tout sauf soutenable pour le trésor italien.
a écrit le 12/09/2011 à 13:20 :
Le triomphe modeste du "Deutschland über alles"!

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