Le G20 se limite à des déclarations d'intention et renvoie la balle aux Européens

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La réunion, à Paris, des ministres du G20 s'est achevée sur un satisfecit aux efforts faits par la zone euro pour sortir de la crise de la dette. Les Etats-Unis s'opposent à un renforcement des moyens du FMI proposé par les pays émergents pour aider l'Europe en crise. Mais le G20 s'engage à poursuivre les discussions pour que le fonds soit doté des "ressources adéquates" en vue du sommet de Cannes. Les tractations se poursuivent sur le relèvement de la décote exigée sur la dette grecque et la recapitalisation des banques. Rendez-vous est pris pour le Conseil européen du 23 octobre pour arriver au sommet du G20 de Cannes avec une Europe en ordre de marche pour que le monde puisse discuter des moyens de relancer la croissance.

Les pays du G20 se sont engagés samedi à soutenir et rééquilibrer l'économie mondiale face aux "risques importants de détérioration" et ont dit attendre une réponse énergique des Européens pour circonscrire la crise de la zone euro. Réunis à Paris pour préparer le sommet annuel du forum des 3 et 4 novembre à Cannes, les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G20 ont salué les décisions prises fin juillet pour renforcer les pouvoirs et la capacité d'intervention du FESF, le fonds d'urgence des Européens.

Mais ils ont dit attendre de nouveaux travaux pour maximiser l'impact du fonds, doté de 440 milliards d'euros, et "éviter tout risque de contagion" de la crise grecque à d'autres économies. "Nous attendons les résultats du Conseil européen du 23 octobre, qui présentera un plan global afin d'apporter une riposte énergique aux défis actuels", lit-on dans le communiqué final de la réunion. A cette date seront normalement connus la décote appliquée aux obligations d'Etat grecque -un défaut partiel légèrement inférieur à 40% est envisagé, mais certains souhaitent aller jusqu'à 50% voire au-delà- et le plan européen de recapitalisation des banques.

Le secrétaire d'Etat américain au Trésor, Timothy Geithner, s'est déclaré "encouragé par la vitesse et la direction dans laquelle les Européens progressent". "Ils ont clairement encore du travail à faire sur la stratégie et les détails, mais quand la France et l'Allemagne se mettent d'accord sur un plan et décident de passer à l'acte, de grandes choses sont possibles", a-t-il dit. Français et Allemands ont présenté à leurs partenaires du G20 les grandes lignes du plan auquel ils travaillent pour apporter une solution "globale et durable" à la crise de la zone euro, qui doit être présenté le 23 octobre.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a souligné que l'économie mondiale avait évolué "négativement" depuis les réunions du FMI et de la Banque mondiale le mois dernier à Washington et que les économies émergentes avaient exprimé des craintes de contagion de la crise qui touche les pays avancés. Pour faire face à ces "tensions accrues", les 20 grandes économies de la planète ont exprimé leur accord pour conduire des politiques coordonnées à court et long terme dans le cadre d'un plan d'action qui sera présenté à Cannes.

Celui-ci "couvrira un ensemble de mesures destinées à apporter une réponse aux vulnérabilités immédiates et à consolider les fondements d'une croissance forte, durable et équilibrée". Les pays avancés adopteront des politiques de nature à renforcer la confiance et soutenir la croissance et mettront en oeuvre des mesures claires, crédibles et ciblées pour rééquilibrer leurs finances publiques, lit-on dans le communiqué. Les pays affichant des excédents courants importants prendront en outre des mesures grâce auxquelles leur croissance reposera davantage sur la demande intérieure, tandis que ceux qui présentent un déficit courant élevé mettront en oeuvre des politiques destinées à accroître l'épargne nationale.

Les pays émergents ajusteront pour leur part leurs politiques macroéconomiques pour préserver le dynamisme de la croissance face aux risques de ralentissement et contenir les tensions inflationnistes. Ils sont invités aussi à poursuivre "leurs efforts pour se diriger vers des systèmes de taux de change davantage déterminés par les marchés". Sur ce point, Timothy Geithner a reconnu que la Chine avait laissé sa monnaie, le yuan, s'apprécier progressivement mais qu'elle devait le faire plus rapidement pour le bénéfice de l'économie mondiale.

Les pays du G20 n'ont pu se mettre d'accord sur le principe d'une augmentation des ressources du FMI souhaitée par certains pour renforcer ses capacités d'intervention dans la crise actuelle. Le communiqué indique seulement qu'ils se ont engagés à " veiller à ce que le FMI dispose des ressources adéquates pour assumer ses responsabilités systémiques". Ils ont promis aussi de prendre "toutes les mesures pour garantir la stabilité des banques" et souligné que les banques centrales continueront d'alimenter la liquidité du système financier.

Le président américain, Barack Obama, a appelé vendredi la chancelière allemande, Angela Merkel, pour parler de la crise dans la zone euro, qui selon lui représente un danger important pour l'économie américaine. Les deux dirigeants ont abordé la question des préparatifs en vue du sommet du G20, qui se tiendra à Cannes, les 3 et 4 novembre, et sont tombés d'accord pour "rester en contact étroit avant la rencontre". La réunion des ministres des finances a aussi avancé sur les autres questions au menu du Sommet de Cannes. Une des priorités de la présidence française est de parvenir à un accord sur la réduction des grands déséquilibres économiques et financiers mondiaux, avec l'objectif que les sept pays identifiés comme sources principales de ces déséquilibres présentent à Cannes "deux ou trois mesures significatives" en ce sens. "Il faut des mesures de consolidation budgétaire pour les pays en déficit excessif et des mesures susceptibles de soutenir l'activité mondiale pour ceux qui ont des excédents", avait expliqué une source française avant la réunion. La Chine est directement visé. Selon un responsable d'un pays du G20, les Chinois se sont ainsi dits prêts à "faire en sorte que la croissance en Chine ne ralentisse pas, même s'il y a un risque d'inflation, à travers une politique budgétaire expansionniste". Aucune avancée majeure n'est en revanche attendue à Paris concernant la monnaie chinoise, le yuan, dont le strict contrôle par Pékin est considéré comme l'une des causes des grands déséquilibres mondiaux. Le "sentier d'intégration" du yuan dans le panier de monnaies des droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international, une discussion sous-tendue par le desserrement de la monnaie chinoise, figure parmi les priorités de Cannes, avec l'objectif d'obtenir un calendrier.

Le communiqué final du G20 Finances réaffirme que ses membres s'assureront que les banques disposent des liquidités suffisantes, en particulier à travers les banques centrales, comme elles s'étaient engagées à le faire au récent G7 Finances à Marseille. Les discussions portaient encore samedi sur l'opportunité de publier la liste des banques considérées comme faisant courir de par leur taille un risque systémique au système financier mondial, pour lesquelles le G20 doit s'accorder sur des surcharges en capital. Là encore, les décisions définitives seront prises à Cannes. Des "principes" pour les pays émergents souffrant des mouvements de capitaux spéculatifs doivent par ailleurs être finalisés pour le sommet à venir du G20, pour permettre de contrôler ces flux afin d'éviter la déstabilisation de leur économie.

 

 

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a écrit le 15/10/2011 à 19:42 :
Blablabla ..... blablabla ...... blablabla ..... Quand est ce que les transactions financières seront seront taxées pour compenser "les assurances" que les états doivent verser maintenant tous les deux ans ... quand est ce que les paradis fiscaux seront éradiqués ou plus simplement quand est ce que tous les flux financiers en provenance ou allant vers eux seront ponctionné de façon substantielle ? ...quand ???
a écrit le 15/10/2011 à 18:46 :
les pays du G20 s'engageNT à soutenir.
a écrit le 15/10/2011 à 18:40 :
Avez-vous compris pourquoi " Les Etats-Unis s'opposent à un renforcement des moyens du FMI proposé par les pays émergents pour aider l'Europe en crise" ? Merci à celle ou celui qui aura la charité de m'éclairer.
Réponse de le 15/10/2011 à 19:34 :
Ils s'opposent à un renforcement du FMI (auquel ils contribuent) et poussent a fond (via Geithner ou Goldman Sachs dans un article a coté) pour que les banques Européennes soient recapitalisées par les états Européens. En fait ils ne veulent pas participer à l'effort ... alors que pour leurs subprimes de merde, là le monde entier a participé ... ils ont beau être en voie de décrépitude , ils sont quand même beaucoup plus efficaces que nos nouilles Européennes (Barroso , Trichet et consort ...)
Réponse de le 16/10/2011 à 1:21 :
@ Ahbon. Merci pour vos explications. Mes cogitations ne me donnent pas de meilleures.
Réponse de le 16/10/2011 à 4:08 :
@ahbon
Les USA ont suffisamment de problèmes chez eux ....et ils le savent.
Ce sont 'nos' banques, comme Dexia à titre d'exemple, qui ont plongé leurs mains dans le pot de miel des subprimes US.
Réponse de le 16/10/2011 à 8:53 :
@NICOBOSS : bah si les américains avaient été HONNETES , et si il avaient expliqué que leur produit financiers complexes qui rapportaient 15% par an étaient des créances immobilières d'américains insolvables (parce que les acteurs financier américains ne faisaient pas le minimum de vérification de bons sens trop pressés de se vautrer dans le flouze) ... les Banques Européennes n'auraient probablement pas investit un centime dans ce merdier et de tête les banques françaises ont été très suspicieuses et ont surtout été contaminées par ce que ces subprimes de merde ont été de plus mixées dans la moindre sicav ...
Réponse de le 16/10/2011 à 10:40 :
Je suppose que si les états émergents renforçaient le FMII en le recapitalisant, cela augmenterait leurs droits de vote au FMI, donc leur influence, et cela, les USA n'en veulent pas.
Réponse de le 16/10/2011 à 11:28 :
Mais alors, nos représentants feraient-ils passer les intérêts des Etats-Unis avant les nôtres?

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