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ÉconomieInternational

Crise de la zone euro : cette fois, l'Europe a pris les choses en main

latribune.fr, avec AFP

Publié le 24 octobre 2011 à 12:37 - Mis à jour le 24 octobre 2011 à 12:55

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Alors qu'un accord avec les créanciers de la dette grecque est en passe d'être signé, l'Europe étudie l'activation d'un fonds de secours pour l'Italie.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'Europe s'active pour sauver la zone euro. Côté grec, un accord est en passe d'être trouvé avec les banques créancières de la dette grecque. Côté Italie, l'activation du Fonds de secours est à l'étude pour éviter tout risque de contagion à l'ensemble de la zone euro.

ITALIE: Activation du Fonds de secours de la zone euro à l'étude

Les pays de la zone euro réfléchissent à l'option d'activer un nouvel outil de leur Fonds de secours afin de soutenir l' Italie pour qu'elle puisse se financer à des conditions raisonnables, a indiqué lundi à l'AFP une source diplomatique, confirmant une information du quotidien français Le Monde.

Cette option est examinée à l'heure actuelle par des hauts fonctionnaires de la zone euro réunis au sein d'un groupe de travail chargé de préparer le sommet de mercredi, appelé "Euro working group". "Il est clair qu'il y a des gens au sein de ce forum qui se demandent s'il n'est pas temps de proposer ce plan à l' Italie ", a indiqué cette source.

Le Fonds de secours de la zone euro (FESF) vient juste de se voir doté de nouveaux outils pour mieux éviter la contagion de la crise de la dette. "Il est prévu dorénavant qu'il puisse lancer un programme de soutien dit de précaution en faveur d'un pays" pour éviter une crise de grande ampleur atteignant toute la zone euro, et plus seulement des programmes lourds de prêts internationaux à des pays qui ne peuvent plus se refinancer sur les marchés, tels la Grèce, l'Irlande ou le Portugal,a souligné cette source.

C'est cette nouvelle compétence dite "de précaution" qui est examinée pour l' Italie , selon la source. L'outil prévoit soit de pouvoir accorder des lignes de crédit, soit de permettre au FESF de racheter de la dette publique d'un pays aux investisseurs sur le marché dit "secondaire", afin de faire en sorte que les taux d'emprunt sur les marchés n'augmentent pas trop.

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Dans le cas de l' Italie , c'est de ce mécanisme dont il est question. Le Fonds de secours se substituerait donc à la Banque centrale européenne (BCE) qui s'acquitte de cette tâche depuis le mois d'août pour soutenir l' Italie mais a prévenu qu'elle ne le ferait pas éternellement.

Toutefois, il ne s'agit à ce stade que d'un scénario à l'étude et rien ne dit qu'il sera effectivement concrétisé. Il reste que les partenaires européens de Rome ont mis la pression sur le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi lors du sommet de l'UE de dimanche pour qu'il donne des garanties sur la réduction du déficit public et de la dette dans son pays et présente de nouvelles réformes de son économie, en matière de retraite en particulier.

Ils lui ont demandé d'arriver avec une feuille de route détaillée lors du nouveau sommet européen de mercredi à Bruxelles, censé apporter une réponse décisive face aux craintes de contagion de la crise de la dette.

GRECE: L'Europe "relativement proche" d'un accord avec les banques

La zone euro est "relativement proche" d'un accord avec les créanciers privés de la Grèce sur les pertes qu'ils devront subir dans le cadre d'un nouveau plan de sauvetage du pays, alors que les banques proposent désormais d'effacer 40% de la dette grecque, ont indiqué lundi des sources européennes.
La zone euro est "relativement proche d'un accord" avec les créanciers privés de la Grèce, a déclaré lundi à la presse Amadeu Altafaj, le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Selon une source diplomatique européenne, le lobby bancaire qui négocie avec les Etats a porté son offre de "décote" volontaire, ou de dépréciation de la valeur des créances grecques, à 40%.

Cet effort avait été fixé à 21% dans l'accord conclu le 21 juillet sur le second plan d'aide à la Grèce. Mais il faut à présent revoir la copie en raison de la dégradation continue de la situation économique de la Grèce et de l'absence de perspective pour le pays de rembourser en l'état l'intégralité de ce qu'il doit, à savoir près de 350 milliards d'euros de dette.

Les Etats européens sont convenus vendredi de chercher à obtenir désormais 50 à 60% de "décote" pour assurer la soutenabilité de cette dette grecque, selon des sources diplomatiques concordantes.

"Si on parle de 60% et les banques de 40%, c'est probablement pour aboutir à quelque chose entre les deux", a expliqué une des sources diplomatiques.
Interrogé par l'AFP, un des principaux négociateurs pour le secteur bancaire a indiqué pour sa part que "rien n'était encore décidé". "Les négociations sont en cours", a confirmé de son côté M. Altafaj, rappelant que l'Europe "préfère un accord négocié" à une décote imposée aux banques.

La difficulté est pour les Européens d'obtenir le feu vert des banques, au risque sinon de déclencher le paiement des CDS, ces assurances contre le risque de défaut de la Grèce. Un tel scénario serait favorable à ceux qui ont spéculé sur le sort de la Grèce et risquerait surtout de provoquer une effet domino dans toute la zone euro avec contagion possible à l' Italie et l'Espagne, en difficultés.

La zone euro est arrivée à la conclusion que les banques doivent effacer au moins la moitié de la dette grecque qu'elles possèdent en s'appuyant sur les conclusions d'un rapport d'experts remis par la troïka, qui rassemble les bailleurs des fonds de la Grèce (UE, Commission européenne et Fonds monétaire International).

Le document estime que les banques doivent accepter des pertes de 50 à 60% pour espérer stabiliser la Grèce sans avoir à trop augmenter le montant des prêts internationaux qui lui ont déjà été promis. En parallèle, les négociations se poursuivent sur le renforcement de la force de frappe du Fonds de soutien européen aux pays en difficulté (FESF), avant un nouveau sommet décisionnel mercredi.

Plusieurs options sont sur la table. La première verrait le FESF garantir une partie des obligations émises par les Etats fragiles, afin d'attirer des acheteurs. Une deuxième consiste à créer un fonds spécial adossé probablement au Fonds monétaire international (FMI) et abondé sur la base du volontariat, par exemple par les pays émergents notamment la Chine.

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Un accord sur cette option ne pourra être trouvé qu'au sommet du G20 à Cannes (France) début novembre, avec les autres pays riches et émergents.
Enfin une troisième option propose de créer un véhicule financier adossé au FESF, pour attirer investisseurs publics comme privé, y compris en dehors de la zone euro. Ces trois scénarios pourraient se combiner.

latribune.fr, avec AFP

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