Crise de la zone euro : cette fois, l'Europe a pris les choses en main

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Alors qu'un accord avec les créanciers de la dette grecque est en passe d'être signé, l'Europe étudie l'activation d'un fonds de secours pour l'Italie.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'Europe s'active pour sauver la zone euro. Côté grec, un accord est en passe d'être trouvé avec les banques créancières de la dette grecque. Côté Italie, l'activation du Fonds de secours est à l'étude pour éviter tout risque de contagion à l'ensemble de la zone euro.

ITALIE: Activation du Fonds de secours de la zone euro à l'étude

Les pays de la zone euro réfléchissent à l'option d'activer un nouvel outil de leur Fonds de secours afin de soutenir l' Italie pour qu'elle puisse se financer à des conditions raisonnables, a indiqué lundi à l'AFP une source diplomatique, confirmant une information du quotidien français Le Monde.

Cette option est examinée à l'heure actuelle par des hauts fonctionnaires de la zone euro réunis au sein d'un groupe de travail chargé de préparer le sommet de mercredi, appelé "Euro working group". "Il est clair qu'il y a des gens au sein de ce forum qui se demandent s'il n'est pas temps de proposer ce plan à l' Italie ", a indiqué cette source.

Le Fonds de secours de la zone euro (FESF) vient juste de se voir doté de nouveaux outils pour mieux éviter la contagion de la crise de la dette. "Il est prévu dorénavant qu'il puisse lancer un programme de soutien dit de précaution en faveur d'un pays" pour éviter une crise de grande ampleur atteignant toute la zone euro, et plus seulement des programmes lourds de prêts internationaux à des pays qui ne peuvent plus se refinancer sur les marchés, tels la Grèce, l'Irlande ou le Portugal,a souligné cette source.

C'est cette nouvelle compétence dite "de précaution" qui est examinée pour l' Italie , selon la source. L'outil prévoit soit de pouvoir accorder des lignes de crédit, soit de permettre au FESF de racheter de la dette publique d'un pays aux investisseurs sur le marché dit "secondaire", afin de faire en sorte que les taux d'emprunt sur les marchés n'augmentent pas trop.

Dans le cas de l' Italie , c'est de ce mécanisme dont il est question. Le Fonds de secours se substituerait donc à la Banque centrale européenne (BCE) qui s'acquitte de cette tâche depuis le mois d'août pour soutenir l' Italie mais a prévenu qu'elle ne le ferait pas éternellement.

Toutefois, il ne s'agit à ce stade que d'un scénario à l'étude et rien ne dit qu'il sera effectivement concrétisé. Il reste que les partenaires européens de Rome ont mis la pression sur le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi lors du sommet de l'UE de dimanche pour qu'il donne des garanties sur la réduction du déficit public et de la dette dans son pays et présente de nouvelles réformes de son économie, en matière de retraite en particulier.

Ils lui ont demandé d'arriver avec une feuille de route détaillée lors du nouveau sommet européen de mercredi à Bruxelles, censé apporter une réponse décisive face aux craintes de contagion de la crise de la dette.

GRECE: L'Europe "relativement proche" d'un accord avec les banques

La zone euro est "relativement proche" d'un accord avec les créanciers privés de la Grèce sur les pertes qu'ils devront subir dans le cadre d'un nouveau plan de sauvetage du pays, alors que les banques proposent désormais d'effacer 40% de la dette grecque, ont indiqué lundi des sources européennes.
La zone euro est "relativement proche d'un accord" avec les créanciers privés de la Grèce, a déclaré lundi à la presse Amadeu Altafaj, le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Selon une source diplomatique européenne, le lobby bancaire qui négocie avec les Etats a porté son offre de "décote" volontaire, ou de dépréciation de la valeur des créances grecques, à 40%.

Cet effort avait été fixé à 21% dans l'accord conclu le 21 juillet sur le second plan d'aide à la Grèce. Mais il faut à présent revoir la copie en raison de la dégradation continue de la situation économique de la Grèce et de l'absence de perspective pour le pays de rembourser en l'état l'intégralité de ce qu'il doit, à savoir près de 350 milliards d'euros de dette.

Les Etats européens sont convenus vendredi de chercher à obtenir désormais 50 à 60% de "décote" pour assurer la soutenabilité de cette dette grecque, selon des sources diplomatiques concordantes.

"Si on parle de 60% et les banques de 40%, c'est probablement pour aboutir à quelque chose entre les deux", a expliqué une des sources diplomatiques.
Interrogé par l'AFP, un des principaux négociateurs pour le secteur bancaire a indiqué pour sa part que "rien n'était encore décidé". "Les négociations sont en cours", a confirmé de son côté M. Altafaj, rappelant que l'Europe "préfère un accord négocié" à une décote imposée aux banques.

La difficulté est pour les Européens d'obtenir le feu vert des banques, au risque sinon de déclencher le paiement des CDS, ces assurances contre le risque de défaut de la Grèce. Un tel scénario serait favorable à ceux qui ont spéculé sur le sort de la Grèce et risquerait surtout de provoquer une effet domino dans toute la zone euro avec contagion possible à l' Italie et l'Espagne, en difficultés.

La zone euro est arrivée à la conclusion que les banques doivent effacer au moins la moitié de la dette grecque qu'elles possèdent en s'appuyant sur les conclusions d'un rapport d'experts remis par la troïka, qui rassemble les bailleurs des fonds de la Grèce (UE, Commission européenne et Fonds monétaire International).

Le document estime que les banques doivent accepter des pertes de 50 à 60% pour espérer stabiliser la Grèce sans avoir à trop augmenter le montant des prêts internationaux qui lui ont déjà été promis. En parallèle, les négociations se poursuivent sur le renforcement de la force de frappe du Fonds de soutien européen aux pays en difficulté (FESF), avant un nouveau sommet décisionnel mercredi.

Plusieurs options sont sur la table. La première verrait le FESF garantir une partie des obligations émises par les Etats fragiles, afin d'attirer des acheteurs. Une deuxième consiste à créer un fonds spécial adossé probablement au Fonds monétaire international (FMI) et abondé sur la base du volontariat, par exemple par les pays émergents notamment la Chine.

Un accord sur cette option ne pourra être trouvé qu'au sommet du G20 à Cannes (France) début novembre, avec les autres pays riches et émergents.
Enfin une troisième option propose de créer un véhicule financier adossé au FESF, pour attirer investisseurs publics comme privé, y compris en dehors de la zone euro. Ces trois scénarios pourraient se combiner.

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Commentaires
a écrit le 25/10/2011 à 12:49 :
« Crise de la zone euro : cette fois, l'Europe a pris les choses en main ».
J?acquiesce ! Elle se masturbe avec la démocratie?
a écrit le 25/10/2011 à 7:09 :
Oui, bien sur, tout vient de cette merde de loi de janvier 73. Il suffirait que les états aient les mêmes droits que les banques privées, c'est à dire qu'ils puissent emprunter à la BCE. Mais cette loi donne le rapport de force en faveur des banques, qui détiennent le vrai pouvoir.
Réponse de le 25/10/2011 à 8:51 :
N'importe quoi. Sans la lois de 73, la France se serait engouffrée dans l'hyperinflation depuis longtemps ou se serait l'effondrée suite à l'irresponsabilité étatique comme les pays du bloc soviétique.
a écrit le 25/10/2011 à 4:16 :
En fait il s'agit de mettre la Zone Euro sous la dominance de l'axe Franco-allemand, ni plus ni moins. Personne ne me fera croire que ni la France ni l'Allemagne ne savaient que la Grèce ne pourrait jamais rembourser les crédits que les banques allemandes et surtout françaises lui accordaient. Comme ces crédits étaient principalement utilisé pour payer l'armement dont la Grèce croyait avoir besoin, c'est avec l'accord tacite des gouvernements que les banques se montraient aussi généreuses.
La dernière tentative de dominer l'Europe remonte à 1939, elle a échoué grâce aux anglo-saxons, celle d'aujourd'hui est bien plus dangereuse parce-que perfide et mené par les deux pays les plus forts de la Zone Euro. Il faut espérer que cette-fois encore quelqu'un viendra à nôtre aide.
Les campagnes de dénigrement contre la Grèce et maintenant l'Italie ont étés trop bien orchestré pour être spontanée. Il s'agit de renforcer l'entente de l'axe aux dépens des autres pays.
Français et Françaises soyez vigilants. Le point de non retour est presque déjà atteit.
a écrit le 25/10/2011 à 2:21 :
Je comprends même pas pourquoi on laisse les banques dicter ce qu'elles veulent bien concéder. Ce sera 100 % de l'endettement de la Dette Souveraine Grecque, ainsi que celle des autres Etats. Ca ferait péter la Zone Euro et l'U.E automatiquement, on récupère nos billes, notre monnaie, notre BdF, on nationalise ce qui survit en banques (Poste, Crédit Mutuel, CIC) et on pourra en profiter enfin pour abroger cette merde de loi de 73. Inventer des mécanismes financiers qui feront encore enfler le ballon de baudruche, n'empêchera pas le Krach. Il ne fait que le repousser et l'intensifier. Qu'ils continuent de faire leurs conneries, mais les révoltes sociales qu'ils craignaient tant, ils vont les avoir quand même quand le peuple aura faim !
a écrit le 24/10/2011 à 20:59 :
on a tous oublié deux choses , les FRACTIONS et la cordée , un seul devisse et entraine tous les autres dans sa chute , on y est , on a crée une monnaie mais pas la dette commune et celà n'arrivera jamais , ni une vraie banque d'etat europeenne , c'est le debut de la fin de l'euro , une utopie et un beau gachis , les grecs ne veulent pas payer , les allemands non plus , qu'on se rassure , les promesses c'est bientot terminé , le soir du deuxieme tour des elections , le constat sera severe , on ne peut plus rien faire si on est encore dans l'euro a cette date .. vu l'impuissance qui tetanise et qui sterilise ..pauvre europe
a écrit le 24/10/2011 à 19:24 :
Il va falloir se rendre compte qu'il est impossible de sauver des pays de la faillite. Et accepter que les banques perdent quelques point en bourse. Sinon ça va être la cata pas pour un ou deux ans mais pour dix.
a écrit le 24/10/2011 à 16:25 :
Sachant que les prêts accordés à la Gréce, au taux de 16,7% sur 10 ans; proviennent de sommes empruntées à la BCE au taux de 1% une remise de dette de 50% du nominal laisserait une rémunération suffisante pour honorer sans frais les prêts consentis par la BCE.
Réponse de le 25/10/2011 à 8:25 :
Enfin, bien vu ! On calcule des pertes virtuelles, bien sur suite à des promesses non-tenues mais aussi dues à la cupidité des 1ers offrants !
Réponse de le 25/10/2011 à 9:23 :
Personne n'a traité à la Grèce à 16,7%. Vous confondez coupon et rendement.
a écrit le 24/10/2011 à 16:16 :
gardons bien en mémoire le tire de votre article jusque mercredi pour voir si votre prophétie se vérifie ... Moi, je ne vois qu'une chose : ils sont en train de jeter notre argent dans un puit sans fond et nous allons devoir payer pendant des dizaines d'années voire plus s'ils continuent dans leur fuite en avant ...

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