Papandreou de plus en plus isolé

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En décidant de façon unilatérale un référendum sur le nouveau plan de sauvegarde de la Grèce, George Papandreou s'est mis dans une situation de plus en plus inconfortable. Deux députés socialistes menacent de quitter le Pasok, parti au pouvoir et six autres membres influents du Parti socialiste réclament la démission du chef du gouvernement.

"George Papandreou est sur un siège éjectable " titre L'Echo sur son site Internet. Il faut dire qu'en décidant mardi de soumettre à référendum l'accord européen de soutien au pays, le Premier ministre grec a surpris; tant à Athènes qu'ailleurs en Europe.

A Athènes, l'annonce n'a pas été très appréciée non plus. La députée et ex-secrétaire d'Etat au développement Milena Apostolaki, a ouvert le feu en annonçant qu'elle quittait le groupe parlementaire socialiste, ce qui réduit à 152 sièges sur 300 l'étroite majorité dont dispose au parlement le Premier ministre Georges Papandreou avant un vote de confiance crucial prévu vendredi soir. Pour Milena Apostolaki, l'annonce du référendum est une "procédure créant la division" en Grèce.

Deux députées du Pasok, le parti socialiste panhellénique au pouvoir à Athènes, ont mis le gouvernement sur le fil du rasoir, la première en annonçant sa défection, la deuxième, Vasso Papandreou (sans lien de parenté avec le Premier ministre) en réclamant un cabinet "de salut national".   "Le pays est menacé d'une faillite immédiate", a-t-elle lancé, alors que le recours annoncé au référendum faisait chuter les bourses européennes et replonger la zone euro dans la tempête. Un gouvernement de "salut national" devrait, selon elle, "garantir le plan européen" de soutien au pays décidé la semaine dernière "puis organiser des élections" anticipées.

Six membres influents du Pasok ont de leur côté réclamé purement et simplement  la démission du Premier ministre. "Le pays a besoin immédiatement d'un gouvernement politiquement légitime et d'un projet de renouveau national", écrivent-ils dans une lettre conjointe.

 Des dirigeants européens en colère

"Papandréou porte une très lourde responsabilité" avec cette décision, car "de l'insécurité a de nouveau été créée alors que le monde entier a justement besoin de sécurité et de confiance", a accusé Yves Leterme, le Premier ministre belge dénonçant au passage le fait qu'"Il (papandreou, ndr) n'en a parlé ni avant, ni pendant, ni après le sommet". "Ce qui compte, c'est de limiter la casse, limiter les dégâts", a-t-il encore affirmé.

La Grèce risque la faillite en cas de rejet du plan de sauvetage, a pour sa part averti Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe.

"Il s'agit d'un choix inattendu qui crée des incertitudes après le Conseil européen et à la veille de l'importante rencontre du G20 à Cannes", a déploré le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

"Le référendum ne va pas rendre les choses faciles, car il devient un référendum sur l'appartenance de la Grèce à la zone euro", a pour sa part analysé le ministre finlandais des Affaires européennes, Alexander Stubb, dans un commentaire posté sur son compte twitter.

Se gardant de tout commentaire, Paris et Berlin ont en revanche réaffirmé leur détermination à appliquer le plan de sauvegarde de la Grèce pour lequel ils ont oeuvré. La réunion, qu'ils ont convoqués mercredi à Cannes, à la veille du sommet du G20, devrait permettre d'arrêter une feuille de route.

"Nous avons pleinement confiance dans le fait que la Grèce honorera les engagements pris en relation avec la zone euro et la communauté internationale", ont déclaré de leur côté le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso dans un communiqué commun. "Nous sommes convaincus que cet accord est le meilleur pour la Grèce", ont-ils assuré.

George Papandreou estime quant à lui que le référendum qu'il souhaite "va renforcer le pays dans la zone euro et sur le plan international".

 

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a écrit le 02/11/2011 à 22:11 :
à ce stade, la solution est dans la sortie de la grèce, leur monnaie sera évaluée à 50%de l'euro, les capitaux des banques idem, ce qui équivaut à une perte égale à 100Ge (donc l'aide actuelle), le commerce repart, et l'europe aussi.
et si ça repart pas, les chinois acheteront le port de marseille, ce serait une sacrée chance pour le relancer et rattraper le temps perdu où il était l'égal d'anvers qui fait vivre 150 000 personnes, et maintenant rendu à moins de 10% de ce trafic et quantité de PME en sérieuse difficulté à force de grèves suicidaires
la crise a du bon
a écrit le 02/11/2011 à 12:56 :
Dès le début, je savais que l'article ne me plairait pas. "de façon unilatérale" ? Demander son avis au peuple, s'il veut devenir un protectorat des banques et de l'axe Franco-Allemand est selon vous "unilatéral".
Evidemment des déboires sont à attendre, évidemment cela peut provoquer certains chocs, et je ne connais pas la réelle volonté du premier ministre grec moi-même, ni même sous quelle forme le référendum se présentera.
Mais certains discours me choquent de plus en plus, j'entends que les grecs sont fainéants, sont des traîtres, des incompétents, j'ai même entendu une personne dire qu'elle serait contente quand la Grèce sortira de l'Europe, et que la Turquie l'envahira. Dans quel monde on vit, franchement ? J'imagine qu'outre les conséquences économiques, qui sont réelles, peu de gens pensent également à formuler la chose dans le RESPECT du peuple grec, qui connait une misère incroyable dans l'état actuel des choses, sous le dédain de français apeurés, dont le seul but n'est ni de sauver l'Europe, ni de sauver la France, mais de sauver leur petite peau, parce que le peuple grec, ils en ont rien à foutre.
Un individualisme aussi extrême, aussi stupide et aussi contre-productif aussi bien socialement qu'économiquement, me laisse demander à tout ces gens si réellement ils se sentent mieux qu'un grec.
Notez qu'aucun message politique n'est inscrit dans ce message, je tenais juste à rappeler que de toutes les analyses quelqu'elles soient, je n'y vois que très peu de respect à l'égard du peuple..
a écrit le 02/11/2011 à 8:53 :
Je pense que Monsieur Papandréou est courageux et logique; même si en faisant ce référendum maintenant il se défausse d'erreurs qu'il a lui-même commises. Dans ce Monde moderne de la communication et du peu de résultats pour la grande majorité des gens; on devrait à mi-mandat exiger qu' ait lieu un référendum pour savoir si l'on est satisfait des dirigeants. Dans le cas de Sarkozy; on s'en serait débarrassé déjà depuis 18 mois; tout en sachant que ce n'est pas mieux dans l'opposition. peut-être que cela inciterait des français de talent (Il y en a), honnêtes, sincères et compétents à envisager de faire carrière pour le bien des français...Après la réduction des coûts de fonctionnement, d'un changement de priorités radical, de l'inclusion du crime de trahison économique dans notre Code Pénal et de l'adoption d'une nouvelle Constitution (avant les élections) c'est ma cinquième suggestion.
Qu'en pensez-vous! Jean-Claude Meslin: indigné depuis longtemps
Réponse de le 02/11/2011 à 11:31 :
sur le fond vous avez raison sur la forme c est une utopie pure et simple et historiquement toutes les utopies se sont soldés par des bains de sang Remarquez puisque de toute façon il y aura bientot une guerre pourquoi pas tenter le coup
a écrit le 01/11/2011 à 20:57 :
Je ne vois pas du courage mais un suicide! Si les Grecs refusent les mesures d'austérité qu'il faut malheureusement leur prescrire alors ils précipiteront le pays vers la faillite, entraînant l'Euro dans leur chute, à moins qu'ils n'en sortent.
a écrit le 01/11/2011 à 19:28 :
vacances gratuites en Grèce pour tous les Européens pendant les 50 prochaines années !!!
a écrit le 01/11/2011 à 18:41 :
Mais enfin, papandréou n'est pas arrivé au pouvoir par un putch.
Il est élu pour diriger le pays et prendre les décisions nécessaires en encore plus vite en cas de crise !
Mais se comporter comme il vient de la faire vis à vis des autres dirigeants européens est inconcevable. Il n'est plus crédible.
Oui nous sommes tous fautifs de croire ce que les politiques nous disent et de les laisser nous endetter par des politiques hasardeuses. Nous en portons ( comme les Grecs ) la responsabilité collective.
Comme eux à un moment ou à un autre il faudra payer.
a écrit le 01/11/2011 à 18:05 :
la seule question est : qui paie quoi, où , quand , comment et à qui.
le socialiste Papandréou se plante et va planter son parti et son peuple.pas joli tout ça.
Réponse de le 02/11/2011 à 12:22 :
oui oui,comme en FRANCE avec le ou la future HOLLANDE?
a écrit le 01/11/2011 à 17:34 :
Prendre ce genre de décision, dans la situation actuelle, après la réunion européenne sans aucune concertation avec les autres dirigeants européens est une pure folie de la part de Papandréou. Il s'est grillé. En espérant que le Pasok s'en sorte indemne. Mais les autres partis socialistes européens ne lui pardonneront pas.
a écrit le 01/11/2011 à 17:18 :
Une leçon de démocratie ! bravo, on peut pas engager des politiques importantes sans consulter les peuples concernés.
a écrit le 01/11/2011 à 17:02 :
Papandreou de plus en plus isolé politiquement, peut-être. Je suis certain que tous les peuples sont AVEC lui. Il n'est pas seul.
Franchement, quel courage ! Quelle claque dans la figure de notre apprenti dictateur national.

Réponse de le 01/11/2011 à 17:29 :
Tu connais vraiment la question qui sera posée à ce référendum, et la réponse aussi. Dans ce genre de référendum, les gens répondent le plus souvent à côté de la question posée. C'est pour cela que c'est une mauvaise idée.
a écrit le 01/11/2011 à 16:46 :
Intéressant, incroyable que l'on puisse encore demander au peuple son avis dans une "demo-cratie".
Une décision "imprudente" qui va permettre de valider l'idée qui sera publiquement mise en avant dans les jours prochains d'un possible périmètre variable de pays à inclure dans l'EURO, vive le retour du panier de monnaie et enfin la création de dérivés permettant de se "couvrir" contre cette variable.
Réponse de le 01/11/2011 à 22:18 :
YESSS !!!

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