L'après-Berlusconi a commencé

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Mario Monti, désigné dimanche soir pour former le prochain gouvernement italien, a promis de mener "avec un sens de l'urgence mais avec soin" des consultations en vue d'établir la composition de son cabinet. Sa nomination a été programmée avant l'ouverture des marchés, qui devraient bien réagir.

Les consultations de Mario Monti vont débuter dans la soirée et commenceront par des entretiens avec les présidents du Sénat et de la Chambre des députés, Renato Schifano et Gianfranco Fini, a-t-on précisé de source politique.

Dans une brève allocution consécutive à sa nomination, Mario Monti a estimé que l'Italie devait "vaincre le défi du rachat" dans un "contexte européen et mondial troublé".

"Le pays doit devenir un maillon fort et non un maillon faible de l'Union européenne dont nous avons été parmi les fondateurs", a ajouté l'ancien commissaire européen.

L'objectif du nouveau gouvernement devra être "d'assainir la situation financière et de reprendre le chemin de la croissance dans un contexte d'attention accrue à la justice sociale".

L'Italie "peut surmonter ses difficultés par un effort commun", a encore déclaré Mario Monti.

S'adressant après lui, le président Giorgio Napolitano a réclamé un effort politique extraordinaire pour surmonter la crise financière.

Il succède à Silvio Berlusconi, âgé de 75 ans, qui était depuis 2008 pour la troisième fois à la tête du gouvernement de la Péninsule.

Le magnat des médias, arrivé au pouvoir en 1994 sur fond d'effondrement de la démocratie chrétienne et d'opération "Mains propres", a été président du Conseil en 1994-95, 2001-2006 et depuis la dernière victoire de son parti allié à la Ligue du Nord aux législatives d'avril 2008.

VERS UN CABINET RESTREINT

Le président Giorgio Napolitano a chargé l'ancien commissaire européen à la Concurrence Mario Monti de former le prochain gouvernement.

Celui-ci devrait former un cabinet restreint composé de techniciens, afin de tirer l'Italie hors de la crise de la dette souveraine.

Monti a été nommé mercredi dernier sénateur à vie par le président de la République, un décret inattendu qui a préparé le terrain à sa désignation à la tête du gouvernement. Samedi matin, il a eu des consultations avec Mario Draghi, le nouveau président - italien - de la Banque centrale européenne.

Les prochaines législatives n'étant pas prévues avant 2013, un gouvernement technique pourrait disposer d'un an et demi pour faire adopter des réformes économiques douloureuses, mais il aura pour cela besoin du soutien d'une majorité parlementaire et risque de ce fait de tomber d'ici là.

L'accélération du cours de la vie politique italienne a été impulsée par Giorgio Napolitano et des parlementaires en réponse à la pression exercée par les marchés qui ont porté cette semaine les taux exigés sur les emprunts d'Etat italien à des niveaux frôlant les 7% pour le papier à dix ans, soit le seuil qui a vu l'Irlande et le Portugal se résoudre à demander l'aide de l'UE.

QUELLE MAJORITÉ POUR MONTI?

Le scénario d'une éviction programmée de Berlusconi a allégé les tensions en fin de semaine.

Mais il faudra à Monti, ou à toute autre personnalité nommée à la tête du gouvernement, obtenir un soutien politique suffisant pour réformer les retraites, le marché du travail et le secteur public ainsi que le réclament les partenaires européens de Rome.

Le Parti démocrate, principale formation de l'opposition de centre gauche, et des élus centristes ont promis d'apporter leur soutien au nouveau gouvernement.

La Ligue du Nord, alliée fédéraliste de Berlusconi, a déclaré qu'elle ne participerait pas à un gouvernement Monti.

Peuple de la liberté (PDL), le parti d'"Il Cavaliere", a accepté de soutenir un gouvernement Monti à condition que ce dernier s'en tienne à l'application des réformes décidées avec l'Union européenne, selon un député PDL, Mario Baccini.

"Nous avons donné au premier ministre Berlusconi un mandat pour procéder à des consultations afin de voir que le programme est celui convenu avec l'Union européenne, pour s'assurer que le gouvernement n'est pas politique et par-dessus tout pour vérifier le calendrier du nouveau gouvernement", a expliqué Mario Baccini à des journalistes.

"Les gouvernements techniques, ça n'existe pas, parce que tous les gouvernements sont politiques par le biais du vote du parlement", rappelait jeudi l'actuel ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini.

Et les atermoiements observés en Grèce cette semaine sont là pour rappeler que le passage du projet à la réalité peut être tortueux.

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Commentaires
a écrit le 14/11/2011 à 12:00 :
Alors tout le tam-tam au tour du départ de Berlusconi c'était pour rien?
Je croyais que c'était la solution à tous les problèmes européens?
Les vrais problèmes viennent d'outre-Rhin et il faut que nous tenions l'Allemagne en laisse étroite si nous voulons sauver l'Europe.
La complicité franco-allemande nous a conduit à cette situation, il est temps de changer de tactique.
a écrit le 14/11/2011 à 11:20 :
et quand a mr Sarkosi ?
a écrit le 14/11/2011 à 10:16 :
un ancien de goldmann sachs au pouvoir en Italie,un ancien responsable Europe de goldmann sachs à la tête de la bce sans parler du nouveau responsable grec...qui est irréprochable comme les deux autres .. Je vous le dis : L'Améri.....oups l'Europe est sauvée ...j?écris trop vite....
Réponse de le 14/11/2011 à 11:55 :
Je pense que ce n'est pas mal du tout si les USA reprennent un peu les rennes qu'ils avaient abandonnées au couple Merkozy. L'experience a pas été on ne peut plus négative.
a écrit le 14/11/2011 à 9:28 :
Je pense qu'après le règne de Berlusconi, les italiens vont redresser la situation.
a écrit le 14/11/2011 à 8:48 :
D'après les informations il semblerait que le gouvernement qui sera mis en place sera un gouvernementr de techniciens, à l'écart (un peu) des sphères politiques. C'est pour ma part une excellente nouvelle. Cette expérience pourra servir de leçons à d'autres pays dont le nôtre. Il y en a marre des politiquers qui s'opposent systématiquement sans même examiner le fond de la question. Nous avons nous aussi des personnes particulièrement compétentes dans tous les domaines. Il faut utiliser ces compétences (sans cependant éliminer les politiques qui ont leurs propres compétences)
a écrit le 14/11/2011 à 7:39 :
Je reste somme toute assez voire très optimiste sur possibilité de s'en sortie de mes compatriotes. L'Italie réelle (pas celle que tous voient dans le miroir déformant de la télévision: mamma, spaghetti, berlusconi, etc; etc) est beaucoup dynamique que tous voudraient nous le faire croire. Le pays s'est sorti en son temps d'interminables années d'attentats et d'enlèvements. Croisons les doigts encore cette fois ci. Et bonne chance à M. Monnti
a écrit le 14/11/2011 à 3:58 :
L'Italie est un microscome de l'Europe, il est important de voir comment les italiens vont se sortir du trou qu'ils ont eux meme creuse: Le Nord et les 3/4 de Rome sont aussi industrieux , innovateurs et commercialement competitifs que n'importe quelle autre region au monde! Leur balance commerciale est equilibree voire positive. Par contre le Sud des Abruzzes a la Calabre jusqu'a la Sicile sont une zone completement depassee economiquement et devenue un poids social et financier enorme pour le reste du pays, meme si le tourisme y est florissant. Il faudra des decennies pour rattraper le retard, idem pour l'Europe du Sud y compris la Corse .le Portugal et l"Espagne ! Jusqu'a quel point le Nord peut il continuer a payer pour le Sud ?
a écrit le 13/11/2011 à 13:27 :
Bon.
Bunga bunga viré - avec une petite manip. opportune par Draghi (ex Goldman Sachs) sur les taux italiens- remplacé par ... Monti (ex Golman Sachs, un des plus redoutables)
Ca nous fait oublier l'avènement de Papadopoulos (Rastapopoulos?) en Grèce, mème semaine
Ca va vite ces temps-çi...
Bonne chance les italiens!

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