Les sanctions économiques contre le régime syrien se multiplient
Agathe Machecourt
Agathe Machecourt
Contre Bachar El-Assad, la communauté internationale a choisi l'arme économique. Depuis le 15 mars, le président Assad réprime la contestation populaire qui agite son pays dans le sang, portant le nombre de morts à 3.500, selon l'ONU. Après l'annonce, dimanche, de sévères et immédiates sanctions à l'encontre de la Syrie, c'est l'Europe qui s'apprête à renforcer ses mesures de rétorsion, selon une source diplomatique. Finances, gaz et pétrole seraient les secteurs visés par ces mesures. Les exportations d'équipements destinés à l'industrie du pétrole et du gaz, et de logiciels permettant l'espionnage de télécommunications devraient être interdites. Et, toujours pour peser sur le secteur énergétique, les investissements favorisant la construction de nouvelles centrales électriques devraient être proscrits.
L'UE emboîte ainsi le pas à la Ligue arabe qui avait décidé la veille, de sévères sanctions contre Damas. Parmi les mesures annoncées au Caire, à la suite d'une réunion des chefs de la diplomatie arabes, figurent le gel des échanges commerciaux, le gel des transactions financières avec le gouvernement et la Banque centrale, l'arrêt du financement de projets ou encore la suspension des liaisons aériennes entre les pays arabes et la Syrie. L'ensemble des Etats membres a voté en faveur de sanctions à l'exception de l'Irak et du Liban. La décision de ces derniers, premiers exportateurs arabes de biens syriens, de se dissocier des dix-neuf autres pays membres risque d'affaiblir l'effet des mesures annoncées.
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La Ligue arabe s'est toutefois dite prête, lundi, à réviser les sanctions si Damas finissait par accepter l'envoi d'observateurs en Syrie. Dans ce cas, la Ligue arabe reviendrait sur certains points de son plan de sortie de crise sur lesquelles elle ne négociait pas jusqu'à présent, notamment sur l'aspect de la coordination entre la mission d'observation et les autorités syriennes. Plusieurs milliers de Damascènes manifestaient ce lundi sur la place Sabaa Bahrat, au c?ur de la capitale syrienne pour dénoncer l'impact des sanctions de la Ligue arabe sur l'ensemble du peuple syrien.
Agathe Machecourt
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