L'accaparement des terres agricoles prend de l'ampleur

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Dans un rapport, la Coalition internationale pour l'accès à la terre (ILC) estime que les transactions sur les terres agricoles ont porté sur 203 millions d'hectares au cours des dix dernières années.

Une superficie équivalente à "huit fois la taille du Royaume-Uni". Soit 203 millions d'hectares.. C'est l'équivalent de terres agricoles qui auraient fait l'objet de transactions dans le monde au cours des dix dernières années. Cette dernière estimation émane de la Coalition Internationale pour l'accès à la terre (ILC) qui, vient de compiler trente études réalisées sur le thème de l'accaparement des terres ("land grabing" en anglais) dans le but de lever l'opacité sur un phénomène qui prend de l'ampleur.

Cette étude a été rédigée avec l'aide du Cirad, de l'IIED et la collaboration de quarante organisations. "La matrice foncière comporte des transactions répertoriées comme acceptées ou en cours de négociation dans le monde entier, entre l'année 2000 et 2011, pour un total de 203 millions d'hectares", relate le rapport. Avant de préciser : "sur ce total, des marchés conclus pour 71 millions d'hectares ont fait l'objet jusqu'à présent de vérifications croisées confirmant l'ampleur sans précédent de la ruée sur les terres ces dix dernières années". En outre, "il est probable qu'un très grand nombre de transactions n'aient pas été signalées ni enregistrées".

L'Afrique reste le continent ciblé en priorité par ce type d'acquisitions: 134 millions d'hectares de transactions sont répertoriées (34 millions ont fait l'objet de vérifications croisées) contre 29 millions seulement pour l'Asie qui arrive néanmoins au second rang.

Des mobiles multiples

Il en résulte que le phénomène est plus répandu et plus complexe encore qu'il n'y paraît. Les mobiles agricoles sont ainsi loin d'être aussi importants qu'on pourrait le croire. "Sur les transactions qui ont donné lieu à des vérifications croisées, 78% concernent la production agricole, dont les trois-quarts sont en fait dédiés aux biocarburants. L'extraction minière, le tourisme et la reconversion forestière, constituent les 22% restants", estime le rapport. De même, "le marché de la compensation carbone est un facteur émergent qui a d'ores et déjà entraîné des acquisitions de terres à grande échelle".

Le rôle des élites nationales des pays concernés est également souligné. Si la part des étrangers est souvent mise en avant (lire La Tribune du 26 juillet 2011), celle des acteurs locaux ne doit absolument pas être sous-estimée. "Dans certains pays comme Madagascar, des entreprises locales peuvent ainsi acheter des terres, signer des contrats avec des entreprises étrangères et devenir des des intermédiaires entre des sociétés étrangères et la population locale", souligne le site Novéthic. En Asie du sud-est, 75% des terres sont achetées par des acteurs régionaux. En Amérique latine cette proportion n'atteint cependant que 37% tandis qu'elle reste encore faible (20%) en Afrique.

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Commentaires
a écrit le 05/01/2012 à 1:41 :
Frantz FANON, écrivain martiniquais trop tôt disparu a écrit dans "les damnés de la terre" : "la terre est la matrice matérielle de notre patrimoine, et pour le peuple colonisé, la valeur la plus essentielle parce que que la plus concrète, c'est d'abord la terre, la terre qui doit assurer le pain et bien sûr la dignité".
a écrit le 04/01/2012 à 8:49 :
Combien de fois ai-je dit que ce gaspillage de nos bonnes terres agricoles est préjudiciable pour notre avenir? Combien de fois j'ai dénoncé auprés de nos élus cette dérive qui conduira notre pays à importer des produits agricoles car nous ne serons plus auto-suffisant? Nous ne sommes pas écoutés, mais nous devons à notre échelon alerter toutes les forces vives du pays pour dénoncer ce gaspillage de notre avenir. Il y a tant de friches qui pourrait servir de base pour les nouvelles construction, alors pourquoi prendre nos bonnes terre agricoles? Savez-vous que les énarques de l'europe, veulent fleurir nos terres agricoles en imposant des espaces fleuri dans les terres? Si cette mesure passait, il faudrait a l'europe trouver 600000 hectares de terre en dehors. Voyez déjà l'impact sur les pris et le taux de C02 avec les transports. Sommes nous devenus complétement dingue?
a écrit le 03/01/2012 à 21:32 :
L'accaparement des terres agricoles est un fléau pour l'humanité. Fruit de la corruption et du népotisme, il nous prive de ceux qui assurent la survie de milliards d'individus, les paysans. Désormais, la terre est livrée aux magnats des bio-carburants, à la production intensive et industrielle de céréales OGM, faisant fi de la protection de l'environnement et de l'érosion des sols arables. Cette nouvelle forme de colonisation renforce les flux migratoires des crève-la-faim cherchant une vie meilleure après la spoliation de leurs biens. C'est le retour à une société archaïque et une menace pour la paix dans le monde.
Réponse de le 04/01/2012 à 7:54 :
Où les responsables s'appellent FMI - OMC, in fine les théories néo libérales.
a écrit le 03/01/2012 à 17:39 :
En France la fameuse "décentralisation" a entrainé de nombreux excès avec des lotissements dans tous les villages. Que des petites maisons, comme outre-Manche, plutôt que de petits collectifs.
a écrit le 03/01/2012 à 17:05 :
Terres agricoles ? Sur ce sujet, les Chinois aiment l'Afrique. Et les Africains vont peu à peu s'en apercevoir...

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