L'Internet en bonne place parmi les nouveaux champions de l'industrie russe

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Douze ans après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, les efforts de diversification de l'économie russe donnent des résultats encore timides. Mais quelques champions nationaux ont fait leur trou dans la grande distribution, la banque, et surtout l'Internet.

Douze ans après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, les efforts de diversification de l'économie russe donnent des résultats encore timides. Les exportations de matières premières représentent la moitié du PIB et Gazprom contribue pour un quart du budget russe à lui seul. Dans l'industrie, seuls de rares fleurons soviétiques comme l'aéronautique et le nucléaire maintiennent leur rang. Quelques champions nationaux ont toutefois fait leur trou dans la grande distribution, la banque, et surtout l'Internet.

Avions et hélicoptères

Après deux décennies de sous-investissement dans la recherche et le développement, les groupes industriels russes pouvant se targuer d'être compétitifs à l'échelle globale se comptent sur les doigts d'une seule main. Ce sont tous des survivants du naguère titanesque complexe militaro-industriel soviétique. Deux d'entre eux (Irkout et Soukhoï) fabriquent les avions de chasse MiG et Soukhoï, qui continuent de s'exporter avec succès vers l'Inde, la Chine, la Malaisie, le Venezuela et d'autres clients traditionnels des armes russes. Soucieuses de diversifier leurs activités, ces deux sociétés opèrent également un virage vers l'aviation civile, avec un avion régional déjà commercialisé, le Soukhoï Superjet, qui est de surcroît le premier avion russe entièrement post-soviétique. Le Superjet a enregistré plus de 150 commandes fermes, dont une dizaine à l'exportation. Irkout affichait 1,6 milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2010. Soukhoï ne dévoile pas ses résultats financiers.

Autre géant soviétique à avoir tiré son épingle du jeu, Aeroflot (bénéfices nets sur trois trimestres 2011: 376 millions de dollars) s'affiche désormais comme une compagnie aérienne haut de gamme et très rentable. Aeroflot, qui est une des très rares marques russes à être connues partout, a dépensé des sommes colossales en marketing pour effacer le souvenir du «service à la soviétique» effectué pendant des décennies par son personnel de bord.

Vertolioty Rossii (hélicoptères russes, chiffre d'affaires au 1er semestre 2011: 1,4 milliard de dollars), un groupe d'Etat qui a ­consolidé tous les actifs de conception et fabrication d'hélicoptères en Russie, reste également un acteur significatif sur le marché global, avec une part de marché de 15%.

Banque et nucléaire

Dans l'énergie nucléaire, autrefois sous la coupe réglée des militaires, la Russie remet rapidement sur pied un géant aux ambitions globales. Rosatom (chiffre d'affaires 2010: 6,2 milliards de dollars), une corporation d'Etat désormais axée sur la construction de centrales civiles, se vante de posséder le plus gros carnet de commandes du monde avec des contrats pour 36 réacteurs dans une dizaine de pays. Rosatom dispose d'un atout de taille en maîtrisant le cycle complet du nucléaire, de l'extraction d'uranium jusqu'au retraitement des déchets, en passant par la gestion des centrales et leur financement.

L'ancien monopole bancaire soviétique Sberbank (bénéfices nets pour 2011: 11 milliards de dollars) vient d'effectuer ces trois dernières années un virage spectaculaire après une décennie d'effritement. Non seulement la banque d'Etat regagne des parts de marché, mais elle est devenue la valeur la plus liquide de la bourse russe et mène une campagne d'acquisition agressive jusqu'en Europe (Volksbank en Autriche et SLB en Suisse).

Moteur de recherche et réseaux sociaux

Les succès les plus éclatants viennent sans doute de la "nouvelle économie", avec le Kaspersky Lab, connu mondialement pour son programme antivirus (3% de part du marché mondial, chiffre d'affaires 2010: 538 millions de dollars). Et surtout de Yandex, le moteur de recherche qui tient tête à Google, avec une part de marché supérieure à 60% dans tous les pays russophones. Yandex (chiffre d'affaire 2011: 622 millions de dollars) a réussi une impressionnante entrée en bourse l'année dernière en levant 1,3 milliard de dollars sur le NYSE, avant qu'un marché morose ne fasse perdre au titre un tiers de sa valeur. Autre phénomène russe de la Net économie, Mail.ru (chiffre d'affaires 2011: 515 millions de dollars), qui possède des parts dans de nombreux réseaux sociaux en Russie et à travers le monde (dont 5% dans Facebook). Gérés avec flair et extrêmement dynamiques, ces deux groupes russes songent à concurrencer le géant de Mountain View à l'échelle globale.

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Commentaires
a écrit le 02/03/2012 à 10:36 :
Mail.ru ne fait pas le poids à côté de Yandex, qui est éblouissant à tous égards. Google a réellement du fil à retordre en Russie. Tant mieux : la concurrence est ouverte. Le meilleur moteur de recherche en russe est incontestablement Yandex. C'est du remarquable...

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