Poutine élu au premier tour président de la Russie

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Vladimir Poutine a été élu au premier tour président de la Russie. L'opposition dénonce de nombreuses fraudes. Cela ne l'empêche pas de prévoir un grand meeting ce soir, avec écrans géants dignes d'un concert de rock. Il est potentiellement au pouvoir jusqu'en 2024. La Bourse de Moscou a ouvert en hausse ce lundi.

Vladimir Poutine, Premier ministre et homme fort du pays, a remporté au premier tour la présidentielle russe dimanche, selon de premiers résultats publiés après la clôture du vote, alors que d'importantes forces de police étaient concentrées à Moscou. Poutine est élu avec 61,97% des suffrages, le communiste Guennadi Ziouganov obtiendrait 17,7%, le populiste Vladimir Jirinovski 7,8%, le milliardaire Mikhaïl Prokhorov 7,6%, le centriste Sergueï Mironov 3,6%, selon les résultats préliminaires officiels publiés après dépouillement de 14% des bureaux. "Cette victoire au premier tour était évidente", a déclaré le chef de campagne de M. Poutine, Sergueï Govoroukhine. "Il n'y aura pas de deuxième tour", a-t-il ajouté, cité par Interfax.Président de 2000 à 2008 (deux mandats de quatre ans), puis chef du gouvernement faute d'avoir pu enchaîner un troisième mandat consécutif interdit par la Constitution, M. Poutine, resté l'homme fort du pays malgré la baisse nette de sa popularité, va entamer un nouveau mandat, cette fois porté à 6 ans. 

La Bourse de Moscou a ouvert en hausse ce lundi, au lendemain de la victoire du Premier ministre et homme fort du pays Vladimir Poutine à la présidentielle russe, avec près de 64% des voix. Vers 10H10 (06H05 GMT), le RTS était en hausse de 0,25% à 1.731,03 points et le Micex de 0,34% à 1.613,54 points. "L'incertitude politique se réduit dans le pays", souligne la banque Aton dans une note. "Il n'y a pas encore de certitude sur les réformes qui seront menées après les élections, mais les risques politiques de ces derniers mois devraient baisser, ce qui va soutenir les marchés russes d'actions", écrivent pour leur part les analystes d'Alfa Bank dans une note.

Grand meeting en vue, sous le contrôle d'importantes forces de police

L'ex-agent du KGB pourrait faire une apparition lors d'un grand meeting dimanche soir Place du Manège, à côté du Kremlin, où 20.000 de ses partisans sont attendus pour fêter sa victoire. Une scène avec des écrans géants et des hauts parleurs dignes d'un concert de rock a été montée dans la journée sur cette place qui jouxte la Place Rouge. De très importantes forces de police ont été mobilisées dans le centre de la capitale dimanche soir pour dissuader toute velléité de contestation, donnant par endroit à la ville des allures de camp retranché. Quelque 36.500 hommes, dont des soldats des forces armées du ministère de l'Intérieur, ont été mobilisés dans la ville, ont indiqué les autorités. Des dizaines de camions des forces de l'ordre étaient visibles dans le centre, ont constaté des journalistes de l'AFP. La raison de cette mobilisation est "d'assurer pleinement le maintien de l'ordre et la sécurité des citoyens", a souligné un porte-parole de la police de Moscou. L'opposition a appelé à un grand rassemblement Place Pouchkine, dans le centre-ville lundi soir, qui devrait faire de cette journée une étape cruciale pour l'avenir du mouvement de contestation. Une coalition de libéraux, nationalistes et de personnalités de la culture et des médias a mobilisé ces trois derniers mois des dizaines de milliers de personnes lors de manifestations dans la capitale, et des milliers dans les autres villes du pays avec pour slogan "La Russie sans Poutine".

L'opposition dénonce des fraudes en masse

Lors du scrutin dimanche, les représentants de certains candidats, des opposants, les organisations d'observation électorale comme l'association Golos et la Ligue des électeurs ainsi que des médias indépendants ont affirmé avoir recensé quantité de fraudes. Le site control2012.ru, mis en place pour comptabiliser les infractions constatées par la Ligue des électeurs, le parti démocrate Iabloko et les partisans du candidat milliardaire Mikhaïl Prokhorov, avait comptabilisé vers 16H30 GMT plus de 4.500 cas de violation de la législation électorale.Ce site recensait notamment 327 cas de "transport massifs d'électeurs" pour qu'ils votent en groupe (soit un soupçon de vote répété dans différents bureaux grâce à des autorisations frauduleuses) et 103 cas de bourrage d'urnes. Un journaliste de l'AFP a vu sur une place centrale de Moscou plus d'une centaine de bus ayant conduit à Moscou des milliers de jeunes depuis d'autres régions.Ces personnes n'ont pas voulu dire qui avait organisé leur déplacement, mais ont confié être venues spécialement pour voter pour Vladimir Poutine. La loi électorale permet à une personne de voter dans un autre bureau que le sien, une règle qui, selon l'opposition, facilite les fraudes.

Le chef de la commission électorale de Moscou, Valentin Gorbounov a rejeté ces accusations, estimant que ceux qui les formulent ont été probablement payés, reprenant le discours du pouvoir qui juge que l'opposition est à la solde de l'Occident. "Tout ça c'est du domaine du bavardage. J'ai l'impression qu'ils ont été payés", a-t-il dit, selon Interfax. Le pouvoir avait assuré que le scrutin serait libre et démocratique, alors que les falsifications dénoncées par l'opposition et des observateurs indépendants en décembre lors des législatives ont déclenché une vague de contestation sans précédent depuis 2000. Poutine avait affirmé régler le problème en ordonnant l'installation de 180.000 webcams --deux par bureau de vote-- pour que chacun puisse suivre le déroulement de l'élection en direct sur internet.

Au pouvoir peut-être jusqu'en 2024

 Poutine avait quitté le pouvoir en 2008, la constitution lui interdisant d'effectuer un mandat de plus. Il avait propulsé son subordonné Dmitri Medvedev à la présidence et ce dernier s'est effacé en septembre pour laisser son mentor y revenir en 2012. Une réforme constitutionnelle a porté le mandat de quatre à six ans, si bien que Vladimir Poutine aurait le droit de se représenter en 2018 et pourrait se maintenir au pouvoir jusqu'en 2024.

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