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ÉconomieInternational

Israël évalue les coûts d'un conflit avec l'Iran

Pascal Lacorie, à Jérusalem

Publié le 10 avril 2012 à 04:58

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le gouvernement de l'Etat hébreu étudie le coût d'une attaque militaire des installations nucléaires iraniennes. Si le coût humain pourrait s'avérer relativement réduit, en revanche les conséquences économiques seraient considérables, avec notamment la flambée du prix du pétrole.

Une avalanche de milliers de roquettes et de missiles suivie d'une paralysie de l'activité des entreprises et d'une chute en spirale de la Bourse de Tel Aviv sans compter une flambée du prix du pétrole. Sur le papier, ces épisodes d'une guerre avec l'Iran auraient tout du scénario catastrophe pour l'économie israélienne. Benjamin Netanyahu se dit pourtant prêt à prendre ce risque en évoquant une possible "option" militaire contre les installations nucléaires iraniennes. Pour le Premier ministre, il pourrait s'agir du moindre mal. Son argument est simple : l'Iran doté de la bombe atomique constituerait une menace autrement plus grave pour l'existence même d'Israël que des représailles que pourraient mener Téhéran et ses alliés islamistes du Hezbollah au Liban et des islamistes palestiniens du Hamas dans la bande de Gaza en réponse à des raids aériens israéliens.

300 victimes potentielles du côté israélien

D'ores et déjà Ehud Barak, le ministre de la Défense, a évalué le nombre de victimes israéliennes potentielles. "Il n'y a aucune chance pour qu'il y ait 500.000 morts, ni 5.000, ni même 500", a-t-il affirmé récemment en avançant le chiffre de 300. Il a ainsi répondu au député d'opposition Zeev Bielski prévoyant une catastrophe humaine à la suite de l'impréparation de la défense passive incapable de protéger comme il convient la population civile faute de suffisamment d'abris. Sur le front économique, Yarom Ariav, un ancien directeur général du ministère des Finances, estime à plusieurs dizaines de milliards d'euros le coût d'une guerre. Il a rappelé dans le quotidien financier Globes que l'armée avait obtenu une rallonge d'environ 15% de son budget (1,7 milliard d'euros) pour reconstituer ses stocks d'armes et de munitions à la suite de la guerre menée en 2006 pendant trois semaines contre le Hezbollah au Liban.

L'activité économique du pays serait réduite de moitié

Les réparations de bâtiments, de logements touchés par une partie des 4.000 roquettes tirées par le mouvement chiite avaient coûté 1,4 milliard d'euros. En cas de conflit avec l'Iran, les attaques de missiles beaucoup plus massives pourraient réduire de moitié toute l'activité économique du pays, soit l'équivalent d'une perte pour le PNB de 10 milliards d'euros si les opérations militaires devaient durer un mois. Et pour couronner le tout, le prix du pétrole pourrait s'envoler à cause d'un possible blocus par les Iraniens du détroit d'Ormuz dans le Golfe par où transitent 60% du brut exporté dans le monde. Une telle flambée du coût de l'énergie ne manquerait pas de déclencher une sévère récession en Europe et aux Etats-Unis, les principaux partenaires commerciaux de l'Etat hébreu. Bref de quoi provoquer une descente aux enfers de la Bourse de Tel Aviv.

Débat sur la longueur d'un tel conflit

Mais, selon les professionnels, tout dépend de la longueur d'un éventuel conflit. "Le marché peut se redresser très vite s'il voit que la fin de guerre est en vue comme cela a été le cas au bout de quatre jours durant la confrontation avec le Hezbollah en 2006. En revanche, la Bourse continuera à descendre en vrille s'il y a une escalade ou une prolongation des affrontements", prévoit Yoram Gabaï de Peiilim Investment, une société de gestion d'actifs. "Dans la guerre comme dans les investissements, il faut disposer d'une stratégie de sortie avant de commencer à agir", prévient-il. Sur ce point, Moshé Vered, un ancien haut responsable du ministère de la Défense est plutôt pessimiste. Selon lui, une guerre avec l'Iran "pourrait ne pas se mesurer en terme de jours, de mois, mais d'années. "Le conflit entre l'Iran et l'Irak de Saddam Hussein (1980-1988) a fait un demi-million de morts du côté iranien et coûté davantage que tous les revenus tirés du pétrole par l'Iran durant le 20e siècle, mais ce n'est que lorsque la survie du régime a été mise en cause que les Iraniens ont accepté un cessez-le-feu", rappelle-t-il.

À lire également

  • Reprise des discussions sur le dossier du nucléaire iranien
  • "L'Iran pourrait se ranger dans le futur dans le camp occidental"
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  • L'Iran cherche à renforcer ses liens économiques avec l'Inde
  • Le nucléaire iranien fait flamber le prix du pétrole
  • L'armée israélienne joue sur la menace iranienne pour réclamer plus de budget

Pour Danny Yatom, un ancien patron du Mossad, les services de renseignements israéliens, l'enjeu en vaut malgré tout la chandelle. "Certains affirment que l'Iran n'osera jamais lancer une attaque nucléaire contre Israël. Mais qui peut dire à coup sûr qu'ils ont raison ? Nous n'avons pas les moyens de prendre un pari aussi dangereux et accepté ainsi de devenir l'otage de Téhéran", souligne cet maître espion.

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Pascal Lacorie, à Jérusalem

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