La Chine manifeste des signes d'inquiétudes

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La crise européenne persistante inquiète Pékin, car le Vieux Continent est un des marchés privilégiés des exportateurs de l'ex-Empire du Milieu. Cette incertitude s'ajoute à une conjoncture chinoise qui montre ces derniers mois des signes de ralentissement de l'économie de la deuxième puissance du monde.

A la veille de l'ouverture du G8 à Washington, Pékin est de plus en plus préoccupée par la crise de la zone euro, l'Union européenne comptant parmi ses plus importants marchés. "Les Chinois sont très inquiets de l'instabilité politique en Europe et de ses répercussions économiques", a affirmé le ministre des Affaires australien Bob Car, sur la chaîne de télévision australienne ABC, jeudi. C'était ce qui lui avait confié son homologue chinois, une semaine auparavant, après une rencontre au cours de laquelle les deux ministres avaient évoqué le scénario d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

Ralentissement de l''économie

Cette préoccupation s'inscrit dans un conjoncture dégradée pour l'ex-Empire du milieu. La deuxième économie mondiale a vu sa croissance progresser de 8,1% au premier trimestre de l'année (en rythme annuel), ce qui indique un ralentissement de l'activité pour le cinquième trimestre consécutif. Le chiffre se situait en deçà des prévisions. « Ils (les Chinois) craignent que ce qui se passe en Europe représente une menace pour une croissance continue », a expliqué Bob Car.

Cette attitude est justifiée par la publication de plusieurs indicateurs vendredi. Ainsi,les investissements directs étrangers (IDE) marquent le pas, avec un recul de 2,4% sur les quatre premiers mois de l'année, comparé à la même période de 2011. Mais la tendance est surtout due à l'Union européenne (- 27,9%) car les IDE des Etats-Unis ont légèrement progressé de 1,9%.

Baisse des prix des logements neufs

En outre, l'indice des prix moyens de l'immobilier pour avril fait apparaître une nouvelle baisse, de 1,2 % sur un an, pour le septième mois consécutif. Sur les 70 plus grandes villes du pays, les prix des logements neufs ont baissé dans 43 et sont restés stables dans 24 autres, et n'ont qu'augmenté que dans 3 agglomérations.

Le gouvernement qui cherche à réduire le risque de bulle sur le secteur immobilier et à ralentir une croissance trop dépendante des exportations pour éviter de voir l'inflation s'envoler semble donc contrôler la situation.

L'indice des prix affiche en effet un tassement au mois d'avril, à 3,4% ( en rythme annuel), après 3,6% en mars, même si la forte appréciation des prix alimentaires, une part prépondérante de l'indice, a déjoué les anticipations dont le consensus tablait sur 3,3%.

Quant aux exportations, elles ont crû de 4,9% en rythme annuel en avril, là encore moins qu'attendu (+8,5%) et après une progression de 8,9% en mars.

« Sans facteur supplémentaire aggravant l'actuel ralentissement économique, le bas du cycle devrait être atteint. La reprise de certains postes de l'investissement, la moitié du PIB chinois, constitue un brin d'optimisme pour une croissance légèrement meilleure au deuxième trimestre qu'au premier. Les signes nets d'amélioration au niveau de la production industrielle et des ventes au détail viendront un peu plus tard, probablement cet été », anticipe toutefois Bei Xu, analyste chez Natixis.

La plus faible croissance trimestrielle depuis début 2009?

En revanche, selon un rapport publié vendredi du Centre d'information de l'Etat, un institut qui dépend du gouvernement, cité par l'agence Reuters, le PIB devrait s'afficher à + 7,5% au deuxième trimestre, à cause essentiellement des freins, notamment la restriction du crédit, mis sur le secteur immobilier et d'une demande extérieure moins soutenue. Si une telle prévision se confirmait, il s'agirait là de plus faible hausse trimestrielle de la croissance depuis le premier trimestre 2009.

Enfin, il serait similaire à l'objectif du taux de croissance fixé par le gouvernement pour cette année.

 

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Commentaires
a écrit le 19/05/2012 à 14:01 :
Le plan non-dit d'ouverture de la Chine est sur 40 ans. Première série : aucune obligation de réciprocité commerciale mais la phase de développement nécessite au moins 6 % de commerce d'importation. Seconde série : réciprocité de 1/3 par prorata annuel, soit 33,3 %. Troisième série : idem donc 66,6 %. Et ensuite la quatrième qui correspond à 100 % avec une marge de variation annuelle. La Chine doit donc faire face à des obligations de plus en plus importantes qui se déclinent pays par pays en europe. Certains peuvent prendre de l'avance, c'est ce qui leur est parfois reproché, la balance reviendra au niveau pour chacun. Nous en sommes à la troisème année de la troisième période.

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