Quels sont les enjeux et les candidats de la présidentielle égyptienne ?

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Les candidats à la présidentielle égyptienne/Copyright AFP
Les candidats à la présidentielle égyptienne/Copyright AFP
Les Égyptiens sont appelés à élire leur président mercredi et jeudi. La reprise économique est la principale préoccupation des électeurs. Revue des principaux candidats et de leurs programmes pour choisir le leader d'un pays clé du Moyen-Orient.

L'économie est un sujet prioritaire mais les programmes restent flous

Difficile d'avoir une visibilité sur les résultats des suffrages des 57 millions d'Egyptiens appelés aux urnes mercredi 23 mai. Les résultats du vote expatrié (Mohamed Morsi arrive en tête devant Abdel Moneim Aboul Foutouh et Hamdeen Sabahi, voir le profil des candidats ci-dessous) sont à l'encontre des sondages, qui placent le candidat des Frères musulmans, au mieux en troisième position. Si effectivement certains de leurs électeurs sont déçus de ces quelques mois au pouvoir, il ne faut pas sous-estimer le réservoir du parti Justice et Liberté. Les estimations des sondages autour de 15 % pourraient être bien en deçà de la réalité.

L'économie est la préoccupation clé des Egyptiens, et si tous les candidats sont d'accord sur la place essentielle du secteur privé, et le rôle de régulateur du gouvernement comme se satisfait Alaa Ezz, secrétaire général de la Fédération égyptienne des chambres de commerce, l'ensemble des programmes politiques manquent tous de clarté. « Tous proposent de booster les investissements, de créer des emplois et de réduire le déficit. Mais aucun ne propose de méthode, ni de véritable agenda pour appliquer ces slogans. Ce n'est pas juste une question de financement, continue l'industriel. Le secteur privé est prêt à suivre les bonnes idées, mais il n'y a pas de vrais bons projets. »

Les candidats

Abdel Moneim Aboul Foutouh
Cet islamiste exclu des Frères musulmans a séduit un spectre très large : des partis salafistes à Wael Ghoneim, le cadre de Google, désigné personnalité de l'année en 2011 par le magazine Time. Sa conseillère politique, une économiste non voilée, se présente comme une marxiste. Il peut se targuer d'avoir été présent sur la place Tahrir aux côtés des révolutionnaires dès le début de la Révolution en janvier 2011. Ses partisans le croient capable de représenter tout le peuple égyptien. Ses détracteurs lui reproche d'être un islamiste avant tout, voire un pion des Frères musulmans.
En économie, il propose de réduire le déficit de moitié en augmentant les revenus, sans toucher aux dépenses, et de lever des impôts sur les gains boursiers.

Amr Moussa
Ancien ministre des Affaires étrangères sous Hosni Moubarak, l'ancien secrétaire général de la Ligue arabe se veut le candidat de la stabilité, et joue sur son côté libéral par opposition aux islamistes. Pour ses partisans, son expérience diplomatique joue en faveur de l'Egypte. Contre lui :sa trop grande proximité avec le régime de Moubarak, même s'il n'était plus au gouvernement depuis plusieurs années. Dans un article paru lundi, The Economist le désigne « tièdement » comme son candidat.
En économie, il propose, lui aussi, de taxer les gains boursiers et une relance de la croissance par des investissements publics dans l'industrie.

Mohamed Morsi
Candidat joker des Frères musulmans, la candidature du précédent, l'homme d'affaires Khairat el Shater, ayant été invalidée pour cause de condamnation pénale sous l'ancien régime. Le parti islamiste Liberté et Justice s'était engagé à ne pas présenter de candidat. Majoritaires au parlement mais insatisfaits du peu de marge de man?uvre laissée par l'armée, ils sont revenus sur leur promesse. Une preuve de leur duplicité, comme leur reprochent leurs détracteurs qui soulignent aussi que la Confrérie a hésité avant de soutenir la Révolution.
En économie, il propose l'établisseement d'une loi antimonopole, de rationaliser la politique de privatisation, de soutenir les entreprises publiques en bonne santé, de procéder à des prêts sans intérêts pour les agriculteurs et à une augmentation des subventions à l'agriculture.

Ahmed Chafik

Général d'aviation, ancien ministre de Moubarak, nommé Premier ministre par le président déchu avant sa démission, Ahmed Chafik est le candidat « Feloul » (résidu du régime) par excellence. Il vient d'être rattrapé par une affaire de corruption impliquant les fils de l'ancien président. Reste qu'il séduit une partie croissane de l'électorat, avide de sécurité, la transition ayant été plus que mouvementée. Il a promis de restaurer la sécurité en un mois s'il est élu.
En économie, il propose de réduire les taxes pour les petits entrepreneurs et de créer une autorité nationale de l'emploi.

Hamdeen Sabahi

Nassérien, nationaliste, situé à gauche sur l'échiquier politique, il est en fait l'unique choix pour les Egyptiens qui ne veulent ni voter pour un candidat de l'ancien régime, ni pour un islamiste. Il pourrait éclipser d'autres petits candidats, qui sont sur la même ligne mais plus révolutionnaire comme Khaled Ali, avocat et militant de terrain, dans un souci de vote utile. Arrivé deuxième chez les Egyptiens de l'étranger, peu le croient capables de franchir le deuxième tour.
En économie, il propose l'annulation du contrat de gaz avec Israël, prône une totale indépendance à l'égard des Etats-Unis et l'annulation des dettes des agriculteurs.

 

 


 

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Commentaires
a écrit le 23/05/2012 à 16:48 :
Si ces arabes sont des vrais musulmans normalement les Présidents et les Rois de ces pays appliquent directement la charia islamique après la mort de Kadhafi têtue ils ont dépasser pharaon et Khadafi si la fin du monde vont assister en cataclysme et ce fort séisme en Italie avertissement pour eux donc normal des forts séismes et tsunami dans le monde arabe ALLAH a donner l'ordre a Gabriel le chef des anges pour mettre fin a pharaon par un tsunami aux Rois Présidents arabes et les Présidents de monde entier de mettre dans leurs tête en 2012 ALLAH n'a pas donner la retraite a Gabriel
a écrit le 22/05/2012 à 17:52 :
Les enjeux sont de faire une élection véritablement saine en laissant les partis musulmans prendre éventuellement le pouvoir ou y participer. Ils devront alors eux aussi au tour suivant rendre des comptes.

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