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ÉconomieInternational

"C'est une fête pour nous, les Egyptiens, cette présidentielle"

Stéphanie Wenger, au Caire

Publié le 23 mai 2012 à 17:21 - Mis à jour le 23 mai 2012 à 17:22

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Première journée d'élections présidentielles depuis la Révolution. L'issue est incertaine, les Égyptiens se sont rendus nombreux dans les 13.000 bureaux de vote du pays pour choisir un successeur au président déchu Hosni Moubarak, dans un scrutin historique âprement disputé par douze candidats. Reportage au Caire.

Faten a decidé de venir voter tôt. Elle a bien fait. Devant cette école d'un quartier plutôt aisé de la capitale égyptienne, la file est plus importante que pour les élections parlementaires. « Normal, c'est une fête pour nous, les Egyptiens, cette présidentielle. Je vais voter Sabahi », dit-elle en expliquant qu'elle a été séduite par le discours social et les convictions nationalistes de ce candidat.

Interrogées également les deux femmes qui la précèdent annoncent avoir choisi Aboul Foutouh, que beaucoup présentent comme un islamiste progressiste. « Cela m'irait aussi,.Tous les deux ont été avec la Révolution. Tout ce que je ne veux pas, c'est un candidat de l'ancien système ou celui des Frères musulmans. Ceux là ils ont comme les autres ! »

"Les médias et les autres partis mentent"

A quelques kilomètres plus au nord, dans ce quartier plus populaire, contrairement aux élections législatives ou de nombreux tracts avaient été distribués devant les bureaux de vote, tous partis confondus, l'interdiction cette fois-ci semble respectée.
Les membres du parti Liberté et Justice sont bien là, assis non loin du bureau de vote, devant la mosquée comme la fois dernière, mais cette fois-ci sans signe de reconnaissance ou presque. A peine aperçoit-on un programme de Mohamed Morsi jeté négligemment sur une chaise. Le responsable du parti des Frères musulmans pour le quartier est là. Un jeune cadre, Walid, explique : « Les médias et les autres partis mentent : nous conseillons seulement les électeurs sans consigne de vote, regardez il n'y a rien d'écrit sur ces papiers. »

Déçus des Frères musulmans

Il se retourne et montre des affiches électorales déchirées : « On a même enlevé nos propres posters. On propose aussi de l'eau car il fait très chaud.» Régulièrement, des jeunes filles passent dans les rangs, côté électrices, pour distribuer des bouteilles d'eau. Il y a pas mal de voitures avec des pare-soleil Mohamed Morsi, candidat des Frères, dans les parages, mais Walid assure que c'est une coïncidence. « Nous espérons gagner et ainsi appliquer notre programme, ce que nous n'avons pas pu faire en étant seulement représentés au Parlement. C'est pour cela que certains sont déçus! ».

De nombreux électeurs avides de stabilité

Mohie El Din, lui, ne fait pas partie de ceux-là, il montre fièrement son doigt presque entièrement bleu. « J'ai voté pour les Frères, qu'ils aient le Parlement, le gouvernement et la présidence et qu'Allah soit avec eux et avec l'Egypte. » Près de lui, une voiture exhibe une affichette d'Ahmed Chafiq. Le dernier Premier ministre de Moubarak a séduit un certains nombre d'Egyptiens avides de stabilité. C'est le cas de ce jeune vendeur de glaces originaire de Sohag dans le sud du pays. « Mais je ne voterai pas, je ne peux pas rentrer au pays à cause du travail », regrette-t-il en désignant d'un geste les files d'électeurs qui patientent sous un soleil de plomb.

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Un peu plus loin une femme d'un certain âge s'énerve un peu devant des jeunes qui brandissent des photos de manifestants tombés pour la Révolution ou lors de ces derniers mois. « C'est contre la loi de faire de la politique ici », se plaint-elle. D'autres électeurs les félicitent en passant. «De Tahrir à Abbasseya (ou les récents affrontements en mai ont fait des dizaines de morts), si nous sommes là aujourd'hui, c'est grâce à eux, répond Hussein l'air grave. Je ne dirai pas pour qui je vais voter, chacun doit être libre de son choix, mais je veux que tous ceux qui votent se souviennent des martyrs. »

Stéphanie Wenger, au Caire

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