Le nouveau président égyptien ne peut pas se permettre un conflit avec Israël
Pascal Lacorie, à Jérusalem
Pascal Lacorie, à Jérusalem
Israël espère que l'économie fera entendre raison à Mohamed Morsi. Dans un premier temps, la victoire du candidat des Frères musulmans, un mouvement qui n'a jamais caché son hostilité à l'Etat hébreu, a suscité un choc. « Ténèbres sur l'Egypte », titre ainsi lundi le Yédiot Aharonot, le quotidien israélien le plus vendu, en faisant allusion aux dix plaies d'Egypte dans la Bible.
Accord de paix
Les craintes sont surtout centrées sur le sort de l'accord de paix signé entre les deux pays en 1979 qu'Hosni Moubarak n'avait jamais remis en cause. Son annulation et des menaces de guerre contraindraient l'armée israélienne à revoir de fond en comble tous ses plans et à modifier son dispositif en hommes et en matériels sur le terrain. Bref, un véritable scénario catastrophe.
Aide américaine annuelle de 1,55 milliard de dollars
Du côté officiel, on tente toutefois de trouver des motifs d'espoir. « La situation économique et financière de l'Egypte est à ce point catastrophique, que les Frères musulmans auront d'autres priorités que de provoquer des tensions avec Israël du moins dans un premier temps », affirme un diplomate israélien. Selon lui, l'aide américaine de 1,55 milliard de dollars par an accordée à l'Egypte, dont 1,3 milliard pour les seuls militaires, constitue un « levier » pour exercer des pressions sur le Caire. « Le Congrès et l'administration à Washington ont clairement faisavoir qu'une éventuelle abrogation du traité de paix se traduirait par un gel de subsides américains vitaux pour le Caire», ajoute ce responsable.
La fuite des investisseurs
L'exacerbation des tensions, voire de menaces de conflit ne manqueraient pas non plus de faire fuir les investisseurs, qui sont déjà partis en masse depuis la chute du régime d'Hosni Moubarak et d'aggraver les réticences des organismes internationaux tels que le FMI à accorder des prêts au Caire. En d'autres termes, comme le souligne un communiqué publié dimanche par Benjamin Netanyahu, le Premier ministre : "Israël entend poursuivre sa coopération avec le gouvernement égyptien sur la base du traité de paix qui sert les intérêts des deux pays ».
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Du côté palestinien, en revanche, la victoire de Mohammed Morsi a provoqué l'euphorie du Hamas, une des branches des Frères musulmans, qui contrôle la bande de Gaza. Les islamistes palestiniens espèrent désormais un soutien beaucoup plus ferme de l'Egypte face à l'armée israélienne. Ils misent aussi sur une levée rapide du blocus imposé à la bande de Gaza du côté égyptien, ce qui permettrait une ouverture permanente sur le monde extérieur de cette région, alors que du côté israélien tout reste verrouillé aussi bien sur terre que sur mer.
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