Le risque inflationniste fait son retour en Russie

L'hémorragie de capitaux observée depuis le début de l'année dernière semble se tarir, tandis que les vieux maux de l'économie russe avec le résurgence de la hausse des prix.
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Les statistiques officielles russes ont annoncé hier deux nouvelles, l?une bonne et l?autre mauvaise. Du côté positif, l?exode net de capitaux, continu depuis onze mois, s?est fortement ralenti au deuxième trimestre (9,5 milliards de dollars, contre 33,9 milliards de dollars au premier trimestre). En outre, un afflux de cinq milliards de dollars a été observé en juin. Les explications diffèrent sur ce changement de tendance. Des voix pessimistes affirment qu?il ne reste plus suffisamment de liquidités disponibles à placer à l?étranger, d'autant que les prix du pétrole sont à la baisse. D?autres pensent qu?il ne s?agit que d?une pause conjoncturelle et que la fuite va reprendre (Citi prévoit 90 milliards pour l?année 2012) et pourrait dépasser le record de 80,5 milliards de dollars exilés au cours de l?année 2011.

Moins de fuite de capitaux grâce au nouveau gouvernement ?

Les optimistes rejoignent la prédiction du vice premier ministre, qui en avril expliquait que le phénomène serait jugulé après l?annonce de la composition du gouvernement russe le 21 mai dernier. L?incertitude sur les priorités économiques du troisième mandat de Vladimir Poutine et le sentiment de vulnérabilité des hommes d?affaires envers les bureaucrates figurent parmi les principaux facteurs de l?hémorragie.

Forte hausse des prix en juin et en juillet

 

La vraie mauvaise nouvelle vient du risque inflationniste. L?index des prix à la consommation a connu une forte hausse au mois de juin (0,9%) et un envol encore plus marqué sur les deux premiers jours de juillet (0,5%). Le gouvernement relève les tarifs de l?électricité, du gaz et de l?eau traditionnellement le 1er juillet. Cette année, le choc a été d?autant plus sensible que le Kremlin avait freiné de toutes ses forces la hausse des prix depuis douze mois de manière à réduire le risque de mécontentement populaire en année électorale (les législatives ont eu lieu en décembre et les présidentielles en mars dernier).

L'alimentation en première ligne

 Les charges ne sont pas les seules responsables de l?envol des prix à la consommation, qui s?observe également dans l?alimentaire, les carburants et les taxes sur le tabac et l?alcool. Les prix des fruits et légumes se sont littéralement envolés de 20 à 40% selon les produits. Une hausse qualifiée « d?anormale » par le ministre de l?économie Andreï Beloussov. Jamais de telles hausses n?avaient été enregistrées à cette période de l?année. Les explications sont multiples, et l?une d?entre elle est l?existence de cartels et monopoles régionaux dans la distribution alimentaire. D?autres facteurs ont pesé, tels la sécheresse de cette année dans le Sud de la Russie ou l?effritement du rouble, pour les produits importés.

Confiance officielle sur l'inflation

L?année dernière, le gouvernement était parvenu à contenir l?inflation sous la barre des 6%, ce qui ne s?était pas vu depuis plus d?une décennie. Depuis janvier 2012, l?inflation a déjà atteint 3,8%. Les officiels continuent à déclarer que l?inflation restera cette année contenue dans une fourchette de 5 à 6%. « Etant donné qu?il n?y a pas d?accélération de croissance de la masse monétaire et que les taux d?intérêts sont très positifs en termes réels, l?environnement monétaire reste orienté vers une inflation modérée » confirme Evgueni Gavrilenkov, économiste chez Troika Dialog. Mais d?autres experts sont plus circonspects. HSBC table sur 7,5%. Slava Smolianinov, de la banque UralSib, estime que l?augmentation des prix « jette une ombre sur la consommation et devrait mordre dans la croissance des revenus des Russes. Or la foi dans la consommation ? le secteur préféré des investisseurs depuis les promesses populistes faites durant la campagne électorale ? va être mise à rude épreuve ».

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Commentaires 2
à écrit le 05/07/2012 à 20:42
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Triste dérive d'un pays vieillissant qui naguère faisant trembler le monde...

le 05/07/2012 à 21:45
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@cavaliere: commentaire d'un grand connaisseur de la Russie je suppose, ou répétition de la page 2 de ton bouquin de propagande :-)

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