Bonnes vacances pour la zone euro !

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L'été 2012 est bien parti pour la zone euro pour être pire que celui de 2011. L'Espagne a été finalement atteinte par la contagion redoutée. La Grèce est proche de la sortie et les marchés financiers sont déprimés face l'incapacité des leaders européens à trouver des solutions décisives à une crise qui a commencé... à la fin 2009.

Pour quiconque suit le feuilleton à rebondissements qu?est la crise de la zone euro, le pire semble toujours à venir. Et l?été 2012, après l'été 2011, ne devrait pas démentir cette logique. A cette époque, les leaders étaient préoccupés par la mise en place d?un deuxième plan d?aide à la Grèce, qui intégrait en particulier une contribution « volontaire » des investisseurs privés à accepter de perdre une partie de la valeur de leurs titres de la dette grecque. Sans compter la critique à l'endroit des spéculateurs, coupables de vouloir s?enrichir sur le défaut d?un pays à travers ces instruments d?assurance que sont les CDS.

Surtout, ce plan d?aide à la république hellénique avait aussi comme principale justificatin d'ériger un mur pour éviter une contagion de la crise aux autres pays du sud. Nicola Sarkozy se voulait le protecteur de la zone euro grâce à la solidité du moteur franco-allemand. La France avait son triple A, qui attestait de son rang d?économie saine. Les banques espagnoles venaient de passer, certes de justesse, le "stress test" pour leur entrée en Bourse, dont Bankia, fusion de différentes caisses régionales, devenue il y a quelques semaines l?exemple même d?une gestion erratique et de pertes abyssales. Ce n?est qu?au mois d?août que la dégringolade boursière des banques françaises, qui ont vu des milliards d'euros de capitalisation s?envoler en fumée, a montré que la sortie de la crise n?était pas pour tout de suite.

Des peuples lassés de l'austérité

En cette fin de mois de juillet 2012, le constat est saisissant. La contagion à l?Espagne a bien eu lieu, la Grèce est plus proche que jamais de la sortie de l?euro ? elle est même encouragée ouvertement par le ministre allemand de l?Economie à le faire -, la France a perdu son triple A, ce qui ne l?empêche pas d?emprunter à des taux historiquement bas, le système bancaire européen est dans une situation de faiblesse et de méfiance chronique, et même un faucon comme les Pays-Bas fait profil bas et doit procéder à des plans de rigueur.

Les marchés financiers ? obligataire, changes et actions ? sont de plus en plus déprimés par cette incapacité européenne à trouver une solution concrète à la crise. Et les politiques ne prennent même plus la peine de fustiger les spéculateurs comme responsables de la situation présente. Les peuples lassés de l?austérité se rebellent et manifestent de plus en plus leur scepticisme à l?égard du projet européen. Les projets de croissance qu?avait porté un fringant François Hollande ? 120 milliards d?euros ont été mis sur la table ? ont épuisé leurs effets d?annonce, et l?Elysée reste d'un silence assourdissant sur ce qui se passe en ce moment dans la zone euro. Il est vrai qu'il y a fort à faire avec les plans de licenciements qui se multiplient et inquiètent davantage l'opinion publique.

Même si l'été 2012 s'avère bien parti pour être plus meurtrier que 2011, les leaders européens se veulent rassurants.  "Je ne crois pas qu'il serait approprié d'organiser un sommet en urgence ou une réunion au niveau européen", a indiqué lundi Mario Monti, le président du Conseil italien. La zone euro est au final atteint du syndrome du malheureux tombé d?un gratte-ciel et qui à chaque étage se dit : « Jusqu?ici tout va bien ».  Bonnes vacances !

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a écrit le 26/07/2012 à 9:40 :
Monti l'a dit; pas d'affolement mais dans le même discours il précisait qu'après les contribuables trop sollicités les prélèvements à venir concerneraient les rentes. La crise ne serait pas finie.
a écrit le 23/07/2012 à 22:27 :
En été les fonctionnaires sont en vacances, les salariés aimeraient aussi avoir le même régime de travail, les mêmes salaires, la même sécurité, les mêmes cotisations et 2 mois de vacances. Les classes moyennes en ont raz le bol de payer pour tout. Alors avec l'Europe qui part en vrille...
Réponse de le 26/07/2012 à 10:27 :
Les salariers du privé c'est bien connu n'ont aucune vacances... Et les deux gendarmes tuées dans le Var, des profiteurs aussi ?
a écrit le 23/07/2012 à 22:10 :
La crise a bon dos, notre problème c'est le mépris du travail et la dette depuis 30 ans et le chômage qui l'accompagne, le crime au bras du vice.
a écrit le 23/07/2012 à 21:22 :
C'est vrai que M. Hollande fait preuve d'un silence terrible. On a l'impression que tout se joue entre Berlin, Rome et Madrid et Bruxelles. Je crains qu'il ne s'agisse pas que d'une impression....
Réponse de le 23/07/2012 à 21:43 :
Pour ce qu'il a à dire d'intelligent... Et c'est moins grotesque que les gesticulations de monsieur Bruni pour être sur la photo avec la grosse ...
Réponse de le 26/07/2012 à 11:56 :
"avec la grosse", quelle finesse d'analyse !!!
a écrit le 23/07/2012 à 20:51 :
les Français vont connaitre ce que vivent les grecs, les Irlandais, les portugais et les Espagnols....un atterissage violent de leur nivveau de vie qui est artificiellement maintenu depuis des décénies par le CREDIT...endettement public ou privé : c est fini, les créanciers présentent la note, et elle est salée, très très salée.
Réponse de le 23/07/2012 à 23:21 :
Enfin un commentaire lucide... Il s'agit en effet d'une crise du crédit avant d'être celle de la dette publique ou privée
Réponse de le 23/07/2012 à 23:29 :
Euh chaque créditeur a un débiteur, c'est à dire quelqu'un qui a une dette envers lui, non ?
Réponse de le 24/07/2012 à 8:42 :
Le créditeur s'est débrouillé pour:
- avoir des réserves monétaires infinies, car planche à billet électronique
- avoir des gouvernements et politiques en général ignares de la chose, ou corrompus
- fonctionner en intérets fractionnaires ( basé en plus sur du pur papier depuis 1971) système mathématiquement exponentiel
C'est forcé de pèter!
Réponse de le 26/07/2012 à 16:12 :
Une crise du crédit ? Quelle rigolade. Une crise l'Euro, tout simplement. Une monnaie bancale mais un totem à défendre absolument et un tabou. Aucune monnaie n'a survécu sans se situer dans une zone monétaire optimale. Ca n'est jamais arrivé, jamais. Or, la zone Euro n'a aucune des conditions cumulatives d'une zone monétaire optimale, et ne fonctionnera donc jamais correctement car il fait diverger les économies déjà différentes à la base.

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