Le plan de Mitt Romney pour dynamiser la croissance américaine

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L'ancien gouverneur du Massachusetts entend mettre à profit son expérience dans le privé pour réduire le chômage. Dépenses publiques, fiscalité, réglementation, politique énergétique, commerce extérieur: retrouvez les détails de son plan d'action.

Assuré de remporter les primaires républicaines, Mitt Romney prépare déjà la présidentielle de novembre. Pour l'emporter, l'ancien gouverneur du Massachusetts compte attaquer le bilan économique de Barack Obama, d'autant plus que les derniers chiffres du marché de l'emploi ne sont guère encourageants. Son principal argument repose sur son passé couronné de succès dans le privé, aussi bien à la tête du fonds d'investissements Bain Capital qu'en tant que responsable de l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de Salt Lake City (2002).

"Avec sa faible expérience dans le secteur privé, le président Obama s'est tourné vers la seule chose qu'il connait réellement: le gouvernement", écrit ainsi Mitt Romney dans son programme économique, dévoilé en septembre 2011. "Son manque de confiance et son antipathie envers le secteur privé ont conduit à la mise en place de politiques contraignantes pour les entreprises à un moment où nous avons besoin qu'elles avancent, investissent et embauchent". Avant d'ajouter: "Avec un président qui comprend l'économie et un gouvernement qui encourage l'investissement et l'emploi (...), nous redresserons l'économie, créeront des emplois et restaurerons notre promesse du futur".

Ce projet, baptisé "Believe in America" ("Croire en l'Amérique"), propose 59 mesures pour dynamiser la croissance américaine et ainsi réduire le chômage. Mitt Romney préconise tout d'abord un allègement de la fiscalité sur les ménages et sur les entreprises, couplé à une réduction drastique des dépenses publiques. Il souhaite alléger les différentes règlementations afin notamment de favoriser l'investissement. Cela doit également se traduire par une politique énergétique ambitieuse. Il milite en outre pour un renforcement des accords de libre-échange, tout en promettant la plus grande fermeté face à la Chine.

1/ La fiscalité

Comme tous les républicains, Mitt Romney veut réduire l'imposition pesant sur les ménages et sur les entreprises. Il entend également simplifier un système devenu extrêmement complexe au fil des années. Pour les ménages, le candidat propose de maintenir les taux marginaux d'imposition sur le revenu, autrement dit d'entériner tous les avantages fiscaux accordés sous la présidence Bush, même ceux bénéficiant aux Américains les plus riches.

Dans le même temps, les impôts sur les dividendes et les intérêts seraient supprimés pour les ménages gagnant moins de 200.000 dollars par an, tout comme les droits de succession. Pour les entreprises, Mitt Romney veut réduire immédiatement l'impôt sur les sociétés, dont le taux (35%) est l'un des plus élevés du monde. Il souhaite le porter à 25%, dans la moyenne des autres pays de l'OCDE. Il souhaite enfin réformer le système d'imposition des multinationales américaines afin de les encourager à rapatrier les profits réalisés à l'étranger. "Au moins 1.000 milliards de dollars son en jeu", explique-t-il.

2/ Les dépenses publiques

Pour compenser l'allègement de la fiscalité et lutter contre l'aggravation de la dette publique américaine, Mitt Romney veut s'attaquer aux dépenses publiques. "Le gouvernement dépense plus de 30.000 dollars par an et par foyer, rappelle-t-il dans son programme. Ce chiffre pourrait monter à 35.000 dollars au cours de la prochaine décennie". Dans un premier temps, son objectif est de limiter les dépenses de l'Etat à 20% du PIB. Pour y parvenir, il propose de réformer les programmes sociaux - le système retraites et les assurances santé des personnes âgées (Medicare) et ménages à faible revenus (Medicaid) -, de réduire de 10% le nombre de fonctionnaires ou encore de couper immédiatement toutes les dépenses (hors défense) de 5%. Le candidat républicain préconise également l'introduction d'une règle d'or budgétaire dans la Constitution américaine.

3/ La règlementation

C'est l'une des promesses phares de Mitt Romney: abroger la réforme de la santé de Barack Obama (Obamacare). Il n'aura cependant peut-être pas besoin de le faire si la Cour suprême décide en juin d'invalider ce texte. Sa volonté de s'attaquer à tous les règlementations mises en place par son prédécesseur concerne également la réforme de la régulation financière (Dodd-Frank), dénoncée par les grands noms de Wall Street. Plus globalement, Mitt Romney veut "éliminer le boulet règlementaire", dont il évalue le coût à 1.750 milliards de dollars par an et qui pénalise investissements et créations d'emplois. Il milite ainsi pour un allègement des contraintes environnementales, jugées "excessives". Il souhaite également imposer à chaque administration une limite dans le coût que font porter leurs mesures sur les entreprises. Enfin, il préconise un plus grand rôle du Congrès dans l'élaboration et dans le contrôle des règles.

4/ L'énergie

L'un des objectifs de l'allègement des contraintes environnementales est de favoriser la production énergétique aux Etats-Unis. Le sujet est devenu l'un des enjeux de campagne alors que les prix de l'essence à la pompe ont fortement progressé ces derniers mois. Mitt Romney veut ainsi favoriser les forages pétroliers, suspendus puis ralentis après la catastrophe dans le Golfe du Mexique, "partout où cela est possible". Cette mesure doit permettre de réduire les prix du carburant, assurer l'indépendance énergétique des Etats-Unis et créé jusqu'à 1,2 millions d'emplois. Il entend également encourager l'extraction du gaz de schiste. Enfin, il approuvera la construction de géant l'oléoduc Keystone XL, aujourd'hui suspendue par l'administration Obama.

5/ Commerce international

Après les tentations protectionnistes, Mitt Romney veut renouer avec les accords de libre-échange, qui doivent permettre de créer des emplois aux Etats-Unis. Au cours du premier mandat de Barack Obama, aucun accord n?a été négocié, rappelle le candidat républicain. Ce dernier souhaite donc entamer au plus vite des discussions avec d'autres partenaires commerciaux, notamment avec le Brésil, l'Inde, la Malaisie ou encore le Viêt-Nam. Mais il attend aller encore au-delà en créant une "Reagan Economic Zone", une zone de libre-échange ouverte à tous ceux qui respectent les règles du commerce internationale. Le deuxième volet de son projet concerne la Chine. "Il est temps de mettre un terme au consentement de l'administration Obama", estime-t-il, se disant prêt à déclencher si nécessaire une guerre commerciale pour que la Chine rentre dans le rang, en laissant notamment sa monnaie s?apprécie et en protégeant la propriété intellectuelle.

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Commentaires
a écrit le 07/09/2012 à 12:58 :
Merci pour cet article de qualité et vive les fautes d'orthographe!

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