L'Indonésie ne connaît pas la crise

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PIB en hausse, dette faible... l'économie indonésienne est source de fascination occidentale. Copyright Reuters
PIB en hausse, dette faible... l'économie indonésienne est source de fascination occidentale. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Avec une croissance en hausse de 6,4% au deuxième trimestre 2012, le grand archipel asiatique affiche une santé économique insolente. Le boom des investissements, portés par un taux d'intérêt bas, compense le déclin de ses exportations vers l'Europe.

«L'économie indonésienne est solide et c'est encourageant», déclarait Christine Lagarde, patronne du Fonds monétaire international, en marge d'une visite officielle à Jakarta à la mi-juillet. Le lendemain, la chancelière allemande Angela Merkel invitait à son tour la zone euro à prendre exemple sur l'Indonésie. Et pour cause, la première économie de l'Asie du sud-est a vu son Produit intérieur brut (PIB) s'élever de 6,4% sur un an au deuxième trimestre 2012, selon les chiffres publiés lundi par le Bureau central des statistiques de Jakarta. Soit un peu plus que le consensus calculé par Bloomberg, qui tablait sur une hausse de 6,1%. Ces résultats sont d'autant plus encourageants que l'Indonésie possède la croissance la plus rapide des pays du G-20, juste derrière la Chine qui a enregistré une hausse du PIB de 7,6% durant la même période. Autant dire que l'archipel reste encore l'un des rares Etats à ne pas subir le phénomène mondial de ralentissement économique. La chute de ses exportations, -16,4% en juin, est atténuée par la solidité de son économie domestique.

Investissements massifs

En plus de sa croissance stable, l'Indonésie peut se targuer d'afficher une dette publique à seulement 24% de son PIB alors qu'elle atteignait un ratio de plus de 82% dix ans auparavant. Quant au déficit budgétaire, il n'est que de 2% du PIB. A titre de comparaison, en France, il a grimpé à 5,2% en 2011 alors même que la zone euro tente désespérément d'imposer un seuil de 3% aux Etats-membres.

L'arrivée de Susilo Bambang Yudhoyono à la présidence de l'Indonésie fin 2004 a grandement contribué à ces exploits économiques, notamment grâce aux réformes encourageant l'investissement. Ainsi, au deuxième trimestre 2012, les dépenses des entreprises ont bondi de 24% sur un an, soit un total de 76,9 milliards de milliards de roupies indonésiennes (6,63 milliards d'euros). Une hausse vertigineuse qui s'explique par des taux d'intérêts bas et un accès au crédit facilité. Début août, la Banque centrale indonésienne a d'ailleurs maintenu son taux de référence à 5,75% (soit un taux réel de 1,2 %) et a indiqué envisager de le revoir à la baisse dans un futur proche.

Consommation en hausse

La forte consommation des ménages, réputée «à l'occidentale», permet également au pays d'afficher une croissance solide. Elle s'est accrue de 5% sur un an au deuxième trimestre 2012. Le moteur de cette consommation, ce sont les nouvelles classes moyennes, qui représenteront près de 150 millions de personnes en 2014. De plus, le chômage reste très faible, à 6,6 % de la population en juin 2012. Conséquence de cette fièvre acheteuse des Indonésiens : le Trésor a revu ses prévisions d'inflation pour cette année à la hausse, de 3,5 à 5,5%. En juin, la hausse des prix sur un an était déjà de 4,56%. Pas de quoi freiner pour l'instant la bonne santé de l'archipel.

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