La FAO craint une crise alimentaire mondiale

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La FAO a demandé aux États-Unis de suspendre sa législation sur les quotas de bioéthanol produit à partir de maïs afin de prévenir un risque de crise alimentaire mondiale.

José Graziano da Silva, directeur général de la FAO craint une nouvelle crise alimentaire mondiale. Il a demandé aux États-Unis de suspendre leur législation qui impose des quotas de bioéthanol dans les carburants dans une tribune publiée vendredi dans le Financial Times. Le carburant produit à base de maïs ou de colza, est accusé depuis des années de faire monter les prix des denrées alimentaires. Mais c'est la première fois que l'organisme onusien chargé des questions d'agriculture et d'alimentation prend aussi fermement position. Pour le moment, le directeur général de la FAO qualifie la situation de "précaire", mais il craint une véritable situation de crise alimentaire pour la fin de l'année si rien n'est fait.

Un répit pour les marchés

Pour José Graziano da Silva, une suspension "immédiate" de cette législation "apporterait un répit sur les marchés et permettrait que plus de récoltes soient utilisées pour l'alimentation animale et humaine." Les observateurs craignent en outre une nouvelle révision à la baisse des estimations de production agricole, particulièrement de maïs, lors de la publication vendredi du rapport du Département américain de l'Agriculture (USDA) sur l'offre et la demande mondiales. Le prix du maïs a déjà fait un bond de 50% depuis juin du fait de la sécheresse aux États-Unis et ont presque atteint leur record historique hier.

Sécheresse historique aux États-Unis

Selon un document publié mercredi par l'Agence américaine océanique et atmosphérique, les Etats-Unis ont connu le mois de juillet le plus chaud jamais enregistré dans le pays depuis le début des relevés météorologiques en 1895, avec une sécheresse s'étendant sur 63% du territoire continental. Si bien que selon le dernier relevé sur l'état des cultures aux Etats-Unis publié lundi soir par l'USDA la moitié de la future récolte serait déjà perdue.

La France et la Chine mettent en cause cette législation

Un groupe de 20 pays, dont la France, l'Inde et la Chine, on déjà exprimé leur réserve au sujet de cette législation. Elle a en effet pour objectif d'allouer 40% de la production américaine de maïs à la production de bioéthanol.

Une mesure insuffisante

Mais les experts craignent que la simple suspension de cette législation ne suffise pas à enrayer la montée des prix. Les raffineurs ont en effet besoin, quoiqu'il arrive, de quantités d'éthanol très importantes s'ils veulent respecter les normes environnementales fixées par Washington pour leurs carburants.
 

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a écrit le 14/08/2012 à 9:52 :
Ces messieurs laissent volontairement la planète se réchauffer pour pouvoir exploiter les gigantesques ressources des pôles d'ici 15 ans.
Ils ont négligé l'impact sur le climat et la montée des eaux...
a écrit le 13/08/2012 à 17:07 :
Nous aimerions bien connaître le point de vue de la FAO sur l'énorme gâchis dans la filière agro-alimentaire et ses raisons. Merci.
a écrit le 12/08/2012 à 9:34 :
La tendance du climat devient de plus en plus claire. Mais comme en histoire, celle-ci ne pourra être mise en évidence qu'a posteriori. Devons-nous prendre le risque d'attendre jusque là, ou le principe de précaution, malgré son coût, devrait-il être appliqué? C'est un nouveau pari de Pascal, à l'inverse duquel nous aurions ici beaucoup à perdre si nous nous trompions. Auquel cas c'est le scénario de Soleil Vert qui passerait de la fiction à la réalité.
Sur le sujet "énergie contre nourriture" pouvons-nous moralement privilégier le confort par rapport à la subsistance? Dans la balance, d'un côté des caprices économiques, de l'autre, des vies.
a écrit le 10/08/2012 à 16:06 :
Que M José Graziano da Silva, directeur général de la FAO réduise son train de vie princier cela donnera à manger à des millions de sahéliens.

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